Lancée courant 2025 en France, l’application Poppins se développe à Marseille pour démocratiser le réflexe de la location d’objets entre particuliers et commerçants. Rencontre avec sa fondatrice, Lucie Basch.
Un costume de père Noël poussiéreux dort dans le placard à côté de la perceuse utilisée deux fois depuis votre emménagement ? Pourquoi ne pas les louer aux voisins ? C’est le principe de Poppins, application lancée en 2025 par Lucie Basch, conçue comme le sac magique de la célèbre nounou Mary Poppins.
Déployée à Marseille depuis quelques semaines, Poppins souhaite démocratiser la location d’objets entre particuliers et commerçants. On y trouve des objets chers à l’achat et peu utiles dans le quotidien comme un kayak pour 30 euros/jour, un kärcher pour 10 euros/jour ou une shampouineuse pour 14 euros/jour.
« C’est le produit le plus réservé sur l’application », note la serial entrepreneuse, également fondatrice de l’application de lutte contre le gaspillage alimentaire Too Good To Go. Elle a elle-même redécouvert son canapé après une bonne séance de ménage.
Des compléments de revenus pour le propriétaire
Si la location permet au loueur de ne pas s’encombrer et de faire des économies, le propriétaire doit aussi y trouver son compte. « On a calculé qu’en moyenne, un utilisateur qui loue deux objets par semaine sur l’application, pourra se tirer un complément de revenu de 120 euros par mois », affirme Lucie Basch, rencontrée sur le salon BPI Jour E au Palais des Congrès de Marseille le 2 avril.
Chaque propriétaire affiche un prix de base défini pour la journée, qui est ensuite dégressif selon la durée d’emprunt. Par exemple, la location de la shampouineuse est affichée à 21 euros pour deux jours, puis à 49 euros pour une semaine.
Poppins se rémunère ensuite via une commission de 20% déduite chez les particuliers et 15% chez les commerçants. Des taux qui apparaissent importants pour un service de mise en relation, mais qui restent avantageux par rapport au placard qui sommeille.
300 000 utilisateurs en France
« Au lieu de tout posséder et entasser, on a plutôt intérêt à se dire : moi, je veux avoir accès à ce dont j’ai besoin, quand j’en ai besoin. Et donc qu’il y a forcément quelqu’un qui l’a déjà autour de moi, que ce soit un particulier ou un magasin », assure l’entrepreneuse.
Cette dernière entend donc changer les mentalités sur le long terme. Mais aussi devenir un réflexe pour les Français comme l’est devenu Vinted pour la vente de vêtements de seconde main ou Le Bon Coin pour les meubles et la location d’appartements.
Avec 300 000 utilisateurs en moins d’un an, Poppins semble sur une bonne lancée. « Ce qui prouve qu’il y a un vrai besoin, affirme Lucie. Il y avait déjà des groupes WhatsApp entre voisins, mais tu te fais spammer en permanence », sourit la jeune femme de 34 ans. Kiloutou a aussi le mérite d’exister, mais l’entreprise s’adresse plutôt aux professionnels ou propose du matériel de travaux.
Créer du lien avec le réseau-relais Pickme
La disponibilité des propriétaires d’objets reste aussi un sujet : entre les horaires de travail, les week-ends en famille ou entre amis et les contre-temps quotidiens. Poppins met donc en place des partenariats avec des réseaux de voisins qui gardent les colis comme Pickme.
Concrètement, cela permet aux personnes moins mobiles, souvent chez elles, comme les femmes enceintes ou les personnes âgées, de garder des colis contre rémunération. « C’est plutôt cool d’avoir des gens qui passent pour mettre du lien social entre les gens », assure Lucie.
La Parisienne tente aussi d’égrener le concept de la Climate house : une grande maison fondée par 170 entrepreneurs engagés dans la transformation de l’économie. Elle a profité de son escapade marseillaise pour rencontrer les acteurs du Tiers-lab des transitions. Afin d’y déployer, bientôt, une antenne ?
