Il est le nom qui circule dans tous les couloirs depuis des semaines : Nicolas Isnard, maire de Salon-de-Provence, sera-t-il le nouveau président de la Métropole Aix-Marseille-Provence ?
À une semaine de l’élection du futur président de la Métropole Aix-Marseille-Provence, le nom de Nicolas Isnard (LR) s’impose de plus en plus. Le maire de Salon-de-Provence n’a pas encore officiellement annoncé sa candidature, mais il devrait le faire ce lundi soir à Saint-Victoret, lors d’une réunion du Mouvement des maires de Provence.
Depuis l’annonce du retrait de Martine Vassal, qui a confirmé ne pas briguer un nouveau mandat après sa défaite aux municipales à Marseille, les scénarios se sont multipliés. Sur le papier, plusieurs profils pouvaient émerger : Nicolas Isnard, Sophie Joissains, Georges Cristiani… Mais les uns après les autres, les concurrents potentiels se sont effacés, laissant Nicolas Isnard avancer presque seul dans son couloir.
Une candidature qui multiplie les soutiens
Vendredi 27 mars, Sophie Joissains, maire UDI d’Aix-en-Provence, a d’ailleurs clairement laissé entendre qu’elle pourrait le soutenir et qu’elle n’était pas candidate. Elle a expliqué que la vision portée par Nicolas Isnard correspondait à ce qu’elle souhaitait pour l’avenir de la Métropole : « faire en sorte que ce soit une Métropole au service des communes, et en même temps des bassins de vie ».
Le maire de Mimet et président de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, vient d’annoncer aujourd’hui qu’il ne sera pas candidat. Quand d’autres comme le maire d’Allauch, Lionel de Cala, ont dès le lendemain du second tour affirmé que Nicolas Isnard ferait un très bon candidat.
Ce dernier semble ainsi avoir désormais toutes les faveurs à droite. Lui qui dirige une ville importante du territoire et a été réélu largement au premier tour ne cristallise pas les crispations « marseillo-marseillaises » de la gouvernance métropolitaine depuis sa création.
Le maire de Salon apparaît aujourd’hui comme un point d’équilibre entre les forces de gauche et de droite. Il peut parler aux maires qui dénoncent depuis des années une Métropole trop centralisée, sans apparaître comme le porte-voix d’un front anti-Marseille. Et il peut, en même temps, dialoguer avec la ville-centre sans réveiller immédiatement les réflexes de défiance.
Le soutien de Marseille peut faire la différence
Pour le maire de Marseille, Benoît Payan, l’hypothèse Isnard est sur la table depuis de nombreuses semaines. Déjà, lorsque nous l’avions interviewé pendant la campagne en amont du premier tour, il avait évoqué son nom.
Aujourd’hui, elle semble plus que jamais tenir la corde. Les deux maires se sont en effet rencontrés ce lundi 30 mars au Pharo, siège de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Avec 67 élus issus de sa majorité marseillaise dans le futur hémicycle métropolitain, Benoît Payan ne peut pas faire élire seul un président. Mais il a un poids suffisant pour peser dans le résultat final.
Et l’édile marseillais cherche avant tout à trouver un nouvel équilibre après des années de tension avec Martine Vassal, cherchant une relation Ville-Métropole plus apaisée, tout en offrant à Marseille une place plus importante dans les décisions métropolitaines qui concentre des compétences majeures comme les transports, la propreté, le logement et l’urbanisme. Une ligne que semble également tenir Nicolas Isnard.
Une présidence de gauche évacuée ?
À gauche, plusieurs noms ont aussi circulé, comme ceux de Loïc Gachon (Vitrolles) ou Frédéric Vigouroux (Miramas). Mais cette hypothèse semble aujourd’hui moins solide.
Selon le raisonnement avancé par plusieurs élus de droite, si la présidence bascule à gauche, avec une majorité largement structurée autour de Marseille, cela risque de raviver immédiatement les critiques déjà exprimées par de nombreux maires. Beaucoup d’entre eux disent depuis longtemps craindre une Métropole trop dominée par la ville-centre.
Dans ce contexte, Nicolas Isnard apparaît comme une solution plus acceptable politiquement de part et d’autre de l’hémicycle. Il peut incarner une continuité institutionnelle, tout en rassurant les maires, sans pour autant fermer la porte à Marseille. Et surtout, il peut proposer une ligne plus simple : remettre la Métropole au service des communes, tout en essayant de stabiliser ses relations avec la ville-centre.
Reste qu’à ce jour, rien n’est encore joué. En politique, les équilibres peuvent encore évoluer jusqu’au vote. Mais à ce stade, Nicolas Isnard semble être le grand favori de ce scrutin. Et surtout, celui autour duquel un compromis paraît aujourd’hui le plus possible.