Les industriels provençaux cheminent ensemble pour déployer un grand réseau de 5G privé afin de moderniser leurs usines, pour les rendre plus connectées et performantes.

La 5G permet de télécharger un film en seulement quelques secondes, fluidifier les appels vidéo ou bien supprimer les latences des jeux en ligne. Cette technologie, encore peu répandue en France, présente quelques avantages intéressants pour le grand public.

« Mais c’est surtout l’avenir des industriels », affirme Christophe Bejina, directeur des systèmes d’information d’Alcatel Submarine Networks (ASN), un des leaders mondiaux de la fabrication et l’installation de câbles sous-marins, lors de la réunion des acteurs de l’Alliance 5G industrielle, lancée en juillet dernier, à la suite d’une mission du gouvernement confiée à Philippe Herbert.

Cette dernière mettait en avant de nombreux cas d’usage permis par la 5G pour les industries comme les lignes de production reconfigurables, la maintenance prédictive, ou des véhicules industriels autonomes. La transition de l’industrie vers l’industrie dite « 4.0 » est « un levier fondamental de croissance et de compétitivité pour l’industrie française », peut-on lire dans ses conclusions.

Quels avantages de la 5G pour les industriels ?

Six ans plus tard, des entreprises pionnières, comme ASN, tentent d’évangéliser sur les atouts de cette technologie. Le constructeur de câbles sous-marins a notamment pu « déployer des capteurs très rapidement », c’est-à-dire des outils pour mesurer l’activité industrielle en temps réel comme la température, la pression, ou encore les vibrations des machines.

La 5G permet aussi aux salariés d’être mobiles « sans aucune perte même avec un très grand volume et un très gros débit de données », assure le directeur informatique. Plus besoin d’être campé à son poste pour avoir un accès continu à cette donnée.

Cette technologie sert aussi à assurer leur sécurité grâce à des véhicules autonomes de surveillance et la connexion des employés via des smartphones 5G pouvant être contactés « même dans les moindres recoins ».

La région dispose des ressources pour déployer la 5G

Dans la région, une filière s’est mise en place. « Il n’y a qu’à se baisser pour trouver des opérateurs », assure Christophe Bejina. De grands équipementiers, comme Ericsson ou Nokia installent les antennes, des start-up comme Crosscall distribuent des tablettes et smartphones, et Orange Business et Free Pro déploient le réseau.

En termes de charge, « l’installation d’une antenne n’est pas très coûteuse », met en avant Kevin Polizzi. Le coût ? Environ 15 000 euros pièce. « Mais cela remplace 20 bornes wifi », témoigne Stéphane Soto, directeur général de The Camp et d’Olympic Location.

Pourquoi alors toutes les usines ne sont pas passées à la 5G ? Car les industriels doivent moderniser leurs systèmes d’information et leurs équipements pour l’accueillir. Mais aussi car cette technologie implique plus d’objets connectés, donc augmente les risques de cyberattaques et les fuites de données confidentielles.

Zoom sur Fos-Berre

Unitel Groupe lance un écosystème 5G pour les industriels de Fos-Berre depuis fin 2025. Cette initiative est le fruit d’un partenariat entre le Laboratoire Territorial Fos-Berre, les industriels clés de la zone et des acteurs du numérique, qui constitue la première brique technologique d’un programme de modernisation visant à faire de Fos-Berre l’une des zones industrielles les plus avancées et compétitives d’Europe.

La 5G, socle nécessaire au déploiement de l’IA dans les usines

Avec le développement inéluctable de l’IA dans les usines, implantée dans les nouveaux processus industriels dont les niveaux de qualité et de rapidité exigés sont de plus en plus complexes à gérer par l’humain, les industriels ne peuvent pas échapper à cette cyberprotection renforcée.

« La boucle fermée permise par la 5G permet ainsi d’assurer la sécurité et la souveraineté de données industrielles sensibles », affirme Kévin Polizzi. L’entrepreneur, à la pointe du sujet, vient d’ailleurs d’intégrer l’IA au Campus Cyber Euromed pour aider les entreprises de toutes tailles à mieux se protéger des cyberattaques.

« Je pense qu’à terme tous les industriels devront passer par là. C’est comme dans le grand public, plus personne n’utilise de téléphone fixe. Donc dans l’industrie, plus personne n’utilisera de réseau fixe. Tout le monde utilisera des réseaux de type 5G, connectés où que ce soit, à très haut débit, sans aucune perte de données », affirme l’expert.

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