Jean-Pierre Squillari est parvenu à s’imposer au second tour des municipales à Aubagne, devant le maire sortant Gérard Gazay et la candidate RN Joëlle Mélin. Une victoire qui marque un basculement politique à gauche dans une ville tenue par la droite depuis 2014.
Arrivé en troisième position au premier tour, Jean-Pierre Squillari (DVG) a su transformer l’alliance conclue avec le centriste Giovanni Schipani en dynamique gagnante.
« Ce sont des soirées mémorables, souvenez vous de cette soirée ! », a scandé le candidat de l’union de la gauche avant de crier « Nous avons gagné ». Il a convaincu 36,28% des votants, tandis que le candidat RN, Joëlle Mélin, a récolté 33,71% des voix. Gérard Gazay est au pied du podium, avec 30,01%.
Avant de poursuivre : « Une page d’Aubagne peut se refermer. Comme je l’avais annoncé, on met dehors Gérard Gazay. C’est grâce à la fusion que nous avons faite avec l’équipe de Schipani, grâce à tous les militants qui ont travaillé depuis trois ans, devant les écoles, dans les quartiers ».
Il a également rappelé quelques éléments de son programme, en promettant de « faire un moratoire sur le béton, de protéger les terres agricoles, de redynamiser le centre-ville, et de rouvrir la piscine du Bras d’Or ».
Les résultats du second tour
- Jean-Pierre SQUILLARI (Union de la gauche) : 36,28%
- Joëlle MELIN (RN) : 33,71%
- Gérard GAZAY (Divers droite) : 30,01%
Une alliance décisive entre gauche et centre
C’est dans l’entre-deux tours que s’est jouée une large part de l’élection. Dès le lendemain du premier scrutin, Jean-Pierre Squillari (DVG) et Giovanni Schipani (DVC) ont acté la fusion de leurs listes, formant un bloc inédit à Aubagne.
Avec près de 40% des voix cumulées au premier tour, cette alliance disposait d’un socle électoral solide, renforcé par les reports attendus d’une partie de l’électorat de la France insoumise éliminée dès le premier tour.
Malgré des divergences programmatiques encore peu clarifiées, les deux candidats ont fait le choix d’une union rapide, centrée sur un objectif prioritaire : empêcher une victoire du Rassemblement national et tourner la page du mandat de Gérard Gazay.
Une triangulaire fatale au maire sortant
Face à cette recomposition, Gérard Gazay avait lui aussi tenté de structurer un bloc en fusionnant avec le centriste Mohammed Salem. Mais cette alliance, bien que cohérente sur le plan politique, n’a pas suffi à recréer une dynamique.
Pris en étau entre une gauche élargie et un RN solidement installé, le maire sortant n’est pas parvenu à mobiliser suffisamment pour conserver son fauteuil. La triangulaire a ainsi joué un rôle déterminant, fragmentant les voix et empêchant l’émergence d’un front unifié contre Jean-Pierre Squillari.
Le RN en tête au premier tour, mais isolé
Arrivée en tête au premier tour avec 24,94%, Joëlle Mélin abordait le second tour en position symboliquement favorable. Mais, comme attendu, l’absence de réserve de voix et d’alliances a limité sa progression.
Malgré une mobilisation de son électorat, la candidate du RN ne parvient pas à franchir un seuil décisif, dans un contexte où ses adversaires ont, eux, su agréger des soutiens.
Le retour de la gauche à Aubagne
Avec cette victoire, Jean-Pierre Squillari permet à la gauche de reprendre une ville qu’elle avait perdue en 2014 après des décennies de gestion communiste.
Ce résultat illustre l’efficacité, dans certaines configurations locales, des alliances transversales entre gauche et centre. Il confirme également le rôle déterminant des stratégies d’entre-deux tours dans des scrutins à trois blocs.
À Aubagne, la recomposition politique s’est opérée en quelques jours. Et c’est finalement une coalition construite dans l’urgence qui s’impose au terme d’un scrutin particulièrement indécis.
