Deux entrepreneurs, Mathieu Rozières et Grégoire de Dreuille, lancent le groupe La Fièvre pour fabriquer des séquences de communication à la croisée du réel et du virtuel partout en France.

Mathieu Rozières et Grégoire de Dreuille, entrepreneurs dans le numérique créatif pour l’un et dans l’événementiel pour l’autre, lancent « La Fièvre » à Marseille. Ce n’est pas un groupe pharmaceutique ou de discothèque, mais un spécialiste de la communication « hybride », à la croisée de l’événementiel et du virtuel.

Les deux associés ont réuni leurs 40 salariés rue de Sylvabelle (6e) dans un ancien hôtel particulier avec dorure, peinture Rococo et moulures au plafond. Cet écrin semble être à la hauteur de leur ambition : devenir « un des groupes de communication leader en France » en se positionnant comme un chef d’orchestre.

À titre d’exemple, le groupe a récemment organisé l’avant-première mondiale du film Oppenheimer au Grand Rex et d’Avatar III à la Scène Musicale à Paris, allant de la conception de la scénographie, à la logistique et les goodies, en passant par la gestion des flux de publics, de talents et de la presse.

« Notre travail, c’est de penser un réel qui fonctionne pour les gens présents, mais aussi d’avoir à la fois cette ingénierie technique et cette capacité à imaginer et à diffuser les ‘big pictures’ qui vont faire vivre un truc incroyable aux gens à distance », résume Mathieu Rozières dont le fer de lance est de « susciter l’émotion ».

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Avant-première d’Avatar III © La Fièvre

10 ans d’expérience à Marseille

Après 17 ans de carrière dans la capitale, l’entrepreneur a profité de l’essor de Marseille capitale européenne de la culture en 2013 pour monter sa première entreprise culturelle de réalité virtuelle, Black Euphoria, puis une agence de production de projets culturels et d’innovation dans la culture, Dark Euphoria, dans la foulée.

Cette dernière est aujourd’hui intégrée dans le groupe La Fièvre aux côtés de cinq autres filiales : une agence de communication pour les marques Euphoriques, un studio de captation vidéo en live « IDP 360 » à Saint-Marcel qui dispose d’un écran XR (images en 4K) comme celui de Provence Studios à Martigues.

La Fièvre couve également une agence logistique La Bonne Mère, un studio immersif Voulez-vous, et bientôt une école de formation à l’Intelligence artificielle Frankie Institute, en hommage à Frankenstein, dont l’ouverture est prévue dans les prochains jours.

Promouvoir la French Touch

Fort de cette diversité d’entités, le nouveau groupe affiche un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros en 2025. Ses contrats avec de grands groupes internationaux basés en France, comme Universal, Warner Bros Studios ou Schneider Electric, lui permette de se construire une place de choix sur le marché national de la communication.

Les prix remportés pour la Mostra de Venise et le Festival des Lumières à Lyon, exposés en vrac dans les étagères de leur bureau, participent aussi à cette « French Touch à l’international » dont les deux associés entendent faire la promotion.

Mais les cofondateurs misent surtout sur les groupes français comme Bouygues, TotalEnergies, Airbus, et locaux, tels que l’Olympique de Marseille avec la production de la série documentaire « Fadas », la Caisse d’Épargne Cepac avec l’organisation d’une grande convention, ou CMA CGM avec l’inauguration de son organisme de formation Tangram.

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Le jeu vidéo de Forindustrie © La Fièvre

Inspirer une technologie bas carbone

La Fièvre travaille aussi pour les grands industriels locaux. Le studio Voulez-vous, à l’origine du jeu vidéo Forindustrie, vise ainsi à immerger les scolaires dans leur univers afin de mieux recruter. Développer ce concept tenait à cœur à Mathieu Rozières, né à proximité de l’une des plus grandes usines française (Peugeot Sochaux) dans le Doubs.

Convaincus que « les outils numériques deviennent des lieux à visiter », les cofondateurs assurent eux-mêmes la R&D de ce jeu immersif avec leur propre équipe d’ingénieurs, de développeurs, et 3D artistes, afin de développer la technologie la plus bas carbone possible.

C’est d’ailleurs l’un des combats que Mathieu Rozières expose dans son nouveau livre « Octez Citoyens ! » chez Débats Publics. Ce dernier y propose un cadre intellectuel et poétique pour repenser notre rapport aux technologies et construire un monde numérique plus sobre, inclusif, utile et humain à l’heure de l’IA.

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