Istres, ville de 44 000 habitants, se prépare à élire son maire lors des élections municipales les 15 et 22 mars 2026. Qui sont les candidats déclarés ? Quels sont les enjeux et le contexte politique ?

Istres se prépare à élire son maire lors des élections municipales prévues les 15 et 22 mars prochains. À quelques semaines du scrutin, quatre candidats sont officiellement déclarés : le maire sortant François Bernardini (divers gauche), Robin Prétot (Les Républicains), Stéphane Pailhous (divers gauche) et Damien Broc (Rassemblement national).

6e ville des Bouches-du-Rhône, Istres dispose de quatre sièges au sein de la Métropole d’Aix-Marseille-Provence. Le scrutin municipal aura donc aussi un impact sur les équilibres intercommunaux.

Les dernières élections législatives de juillet 2024 ont renforcé la poussée du Rassemblement national sur le territoire : à Istres, Emmanuel Fouquart a obtenu 54,20 % des voix face à Pierre Dharréville (PCF), crédité de 45,80 %. Dans la 16e circonscription, Emmanuel Taché de la Pagerie a également été élu avec 61,7 % des voix. Des résultats qui nourrissent l’hypothèse d’un possible basculement municipal.

François Bernardini (DVG), un quatrième mandat en question

Élu maire en 2001, puis depuis 2008, François Bernardini, 72 ans, est candidat à sa succession avec la liste « Nous sommes Istres ! », alors qu’il avait indiqué en 2020 qu’il s’agirait de son dernier mandat. Et ce malgré l’affaire de détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d’intérêts, en instruction depuis plus de dix ans, pour laquelle il devra comparaître devant le Parquet national financier en juin 2026.

Réélu dès le premier tour en 2020 avec 54,8 % des voix, il met en avant son bilan : 28 kilomètres de pistes cyclables créés pour un montant annoncé de 10 millions d’euros, la mise en place de la cantine à 1 euro, le développement économique autour du pôle aéronautique.

Parmi les projets structurants figure le futur Théâtre de l’Olivier, complexe artistique de 6 000 m2 dont la livraison est prévue début 2027 pour un coût estimé à 40 millions d’euros. Le maire sortant promet également la création de 10 à 15 postes supplémentaires de policiers municipaux et l’installation de 100 caméras de vidéoprotection. Il défend également la poursuite du projet de golf de Rassuen, aujourd’hui à l’arrêt pour des raisons environnementales.

François Bernardini bénéficie de soutiens issus de tous bords, par le président de la Région Renaud Muselier sénateur communiste Jérémy Bacchi. En 2002, il avait dû démissionner après sa condamnation en appel dans un dossier d’abus de confiance. Il doit également plus de 90 000 euros à la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, comme l’a révélé Le Monde.

Robin Prétot (LR), urbanisme et sécurité

Conseiller municipal d’opposition depuis 2014, et déjà candidat en 2020, Robin Prétot (LR) retente sa chance pour la mairie d’Istres à la tête d’une liste sans étiquette et issue de la société civile. Plus jeune candidat à 36 ans, il s’était déjà présenté en 2020, obtenant 15,63 % des suffrages.

Son programme s’articule autour de quatre priorités. Sur l’urbanisme, il promet de « mettre fin au bétonnage » et propose la création d’un grand parc de 5 hectares à Boisgelin. Face à la désertification médicale, il affiche l’objectif de doubler le nombre de médecins sur la commune.

En matière de sécurité, il prône un renforcement de l’autorité et des moyens municipaux. Il souhaite également relancer le centre-ville et réhabiliter la place Lou Blagaïre à Entressen pour en faire une place piétonne avec marché couvert.

Stéphane Pailhous (DVG), une ligne écologique et participative

À l’instar de la liste du maire sortant, « Istres Verte et Sociale », ne bénéficie pas non plus du soutien du Parti socialiste. Elle est désormais menée par Stéphane Pailhous, qui a remplacé Catherine Mickus, contrainte de se retirer pour raisons de santé. Cadre territorial et chef de projet en développement durable à Gignac-la-Nerthe, ce dernier revendique une expérience de terrain dans le fonctionnement des collectivités.

Sa liste, composée d’habitants engagés, de militants associatifs et de syndicalistes, prône une plus grande participation des habitants dans les prises de décisions, notamment en matière d’urbanisme, de finances ou sur les grands projets de la ville. Elle défend une alternative écologique face au projet de commercial zone commerciale Istropolis de 10 hectares sur la zone du Tubé, voulue depuis 2012 par François Bernardini.

Le candidat a également reçu le soutien du Parti animaliste et est opposé aux corridas. Il défend la création d’une délégation municipale dédiée à la condition animale, ainsi qu’un soutien renforcé aux associations locales de protection animale.

Damien Broc (RN), la sécurité comme priorité

Conseiller régional et ancien responsable du parti d’extrême droite à Orange, Damien Broc a été investi en octobre dernier à Istres, lui valant des critiques de « parachutage »  de la part de ses opposants. Conseiller régional, Damien Broc a été investi par le Rassemblement national à l’automne.

Sa liste « Istres, l’énergie du changement » a récemment été ralliée par l’élu d’opposition Grégory Gabanou, 9e adjoint en charge de la sécurité, placée au cœur du projet : recrutement de 25 policiers municipaux sur la durée du mandat, nouvelles caméras de vidéoprotection, fermeture d’épiceries de nuit…

Celui qui souhaite également faire des économies dans les dépenses publiques a choisi comme première adjointe Julie Roussel, également adjointe aux finances. En cas de victoire, il annonce vouloir réaliser un audit général des finances de la commune.

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