Souvent confondue avec une simple algue, la posidonie est en réalité une plante marine essentielle à la Méditerranée. Au large de Marseille, des observations montrent que les actions engagées ces dernières années pour mieux la protéger commencent à produire des effets positifs.

Véritable « poumon » sous-marin, la posidonie abrite de nombreux poissons et coquillages. Elle freine aussi l’érosion en retenant le sable et en atténuant la force des vagues. Autre atout non négligeable : elle capte du dioxyde de carbone sur de longues durées et contribue ainsi à limiter les effets du réchauffement climatique.

Dans la baie du Prado, des dispositifs de surveillance installés sur deux zones distinctes ont mis en évidence un gain de surface de 1,8 % sur l’une et de 7,1 % sur l’autre. Cette progression traduit une recolonisation progressive de l’herbier.

Cette amélioration s’explique par une meilleure maîtrise des pressions humaines et par les mesures mises en œuvre dans le cadre du programme Re²POS (Résilience et Restauration de l’herbier de posidonie de la baie du Prado), porté par le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Posidonie et soutenu par la Ville de Marseille.

Moins d’impact des mouillages

L’un des principaux dangers pour ces herbiers reste le mouillage des bateaux. Les ancres peuvent arracher les plantes et laisser des cicatrices durables sur les fonds marins.

Pour limiter ces dégâts, des zones équipées de dispositifs spécifiques ont été installées afin d’éviter que les ancres ne raclent le sol. Dans ces secteurs, les plongeurs constatent une nette diminution des dégradations. La plante pousse lentement, mais certaines zones montrent des signes de stabilisation.

Les scientifiques rappellent toutefois que la croissance de la posidonie est très lente : quelques centimètres par an seulement.

Des expérimentations contre l’érosion

Autre levier expérimenté sur certaines plages par la Ville : la gestion raisonnée des banquettes de feuilles mortes. Longtemps retirées pour des raisons esthétiques, ces bancs de posidonies brunes participent en réalité à la protection du trait de côte.

Des techniques consistant à superposer feuilles et sable, inspirées du fonctionnement naturel des plages méditerranéennes, ont été testées afin de renforcer la résistance à l’érosion hivernale. Les premiers bilans font état d’une meilleure tenue du sable lors des épisodes de forte houle, limitant les pertes vers le large.

Un travail de suivi dans la durée

Ces actions s’accompagnent d’un suivi régulier de l’état de santé des herbiers : cartographies, observations en plongée, analyse de la densité des faisceaux et surveillance des zones restaurées.

Des opérations pilotes de réimplantation par semis de graines ont également été engagées sur des secteurs ciblés. Les résultats demeurent expérimentaux, mais certaines parcelles présentent des signes de reprise.

Si les spécialistes soulignent que les effets devront être évalués sur le long terme, les premières observations suggèrent que la combinaison de mesures techniques, de limitation des pressions humaines et de sensibilisation du public peut produire des bénéfices mesurables.

Bouton retour en haut de la page