L’habitat inclusif fait cohabiter des personnes valides avec des seniors en perte d’autonomie ou porteuses de handicap. Ce concept de lien social et de solidarité est en plein boom dans le département.

Des séniors qui vivent avec des voisins plus jeunes. Ou des personnes atteintes de handicap qui partagent une résidence avec des personnes valides, comme le projet en cours sous la Bonne Mère. « Être chez soi sans être seul ». Voilà comment Julia Rondon, chargée de projet au Département des Bouches-du-Rhône, résume le concept de « l’habitat inclusif ».

Il s’agit de favoriser la cohabitation entre citoyens autonomes et d’autres en perte d’autonomie, pour créer un lien naturel et quotidien de solidarité, d’entraide et de vivre-ensemble. « Les études montrent un impact très positif de ces formes d’habitat pour les séniors ou personnes atteintes de handicap. Mais aussi pour les jeunes et valides qui vivent autour. Car ça crée du lien, du sens et de la vie sociale de quartier ».

Associations d’accompagnement de handicaps visuels, auditifs, physiques et mentaux, ou de personnes de plus de 65 ans en perte d’autonomie… Plus de 30 acteurs portent les 80 projets d’habitat inclusifs du territoire.

Ils étaient presque tous réunis ce vendredi 28 novembre à l’hôtel du Département des Bouches-du-Rhône, pour la Journée départementale de l’habitat inclusif. L’occasion de constater que cette nouvelle forme d’habitat est en plein boom sur le territoire.

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80 projets en Provence d’ici 2028

Julia Rondon tente de définir précisément l’habitat inclusif. « C’est d’abord un logement ordinaire, on est chez soi, pas dans un établissement spécialisé. Mais il y a une notion de partage de la vie sociale avec les autres, de collectif. Et c’est inséré dans son quartier, à proximité des cafés, des commerces, pas au fond d’une zone industrielle ».

L’agente du Département chiffre l’augmentation de ce type de résidences sur le territoire. « On a presque doublé le nombre d’habitats inclusifs en deux ans. En 2023, il y en avait 24, aujourd’hui on en compte 41. Et en 2028, on devrait atteindre les 80 ».

La raison de cette explosion ? D’abord, l’inscription de ce mode d’habitat dans la loi ÉLAN de 2018, qui permet les aides publiques pour les développer. De l’État, mais aussi localement du Département qui a lancé un dispositif d’accompagnement et de financement des projets ces dernières années.

« Nous avons débloqué un million d’euros d’aides en 2023, deux millions d’euros cette année. On atteindra 4,7 millions en 2028 », précise Julia Rondon.

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