Affiches, tracts de campagne, pollution visuelle… L’espace public est envahi, d’autant plus en cette période d’élection municipale. Le collectif Alternatives territoriales organisera ce 14 février, une mobilisation mystère afin d’interpeller les candidats.

Alors que la campagne des municipales bat son plein, le collectif Alternatives Territoriales a décidé de lancer une action pour interpeller les candidats sur la réduction de la publicité dans l’espace public, pour des raisons environnementales et énergétiques.

Cette journée de mobilisation est organisée en étroite coopération avec l’association Résistance à l’Agression Publicitaire (RAP). Pour garantir l’effet de surprise, les associations tiennent à garder le secret sur les modalités d’actions, mais l’opération aura lieu en soirée, dans le centre-ville de Marseille, et leurs revendications devraient être visibles.

Plusieurs autres villes de France ont prévu des actions de sensibilisation le jour de la Saint-Valentin. « Durant cette grande fête de la consommation, nous souhaitons insister sur le fait qu’il est nécessaire d’inverser la tendance. La publicité incite à la consommation alors qu’il faudrait entrer dans une logique de sobriété », explique Nicolas Nace, porte-parole d’Alternatives territoriales. « La publicité prend de plus en plus de place dans l’espace public : chaque personne reçoit désormais entre 400 000 et 800 000 messages publicitaires par an. Elle est également très énergivore : les écrans publicitaires lumineux consomment sept fois plus d’électricité que des dispositifs traditionnels. De plus, ils nécessitent pour leur fabrication l’utilisation de matières premières dont l’extraction se fait souvent au mépris de l’environnement, de la santé des travailleurs et des populations locales. »

La question des publicités numériques jugées trop polluantes pourrait s’inscrire dans le débat politique, comme déjà dans certaines grandes métropoles. La députée des Deux-Sèvres et ancienne ministre de l’Environnement, Delphine Batho, a d’ailleurs déposé une proposition de loi devant l’Assemblée nationale le 5 février pour interdire les écrans publicitaires dans l’espace public. 

« Proscrire les écrans numériques publicitaires »

La législation en vigueur – article L 581-14 du Code de l’environnement – autorise le déploiement des panneaux publicitaires numériques « à l’intérieur de l’emprise des aéroports, des gares ferroviaires et des grands équipements sportifs». Des lieux où le maire n’a pas le pouvoir d’intervenir. En revanche, les collectivités ont les compétences pour réglementer la place de la publicité dans l’espace public. Les maires ont le pouvoir de limiter son expansion grâce au règlement local de publicité (RLP). « Nous demandons à limiter la place de la publicité dans les communes, au-delà de la réglementation nationale. À Marseille, il est nécessaire d’arrêter les contrats de mobiliers urbains publicitaires et de proscrire les écrans numériques publicitaires dans le Règlement Local de Publicité », revendique Louise Blanc, du collectif RAP. « La transition passe par la réduction de la consommation, que promeut sans cesse la publicité », reprend Nicolas Nace.

, Affiches, tracts de campagne, panneaux lumineux… Les assos environnementales montent au créneau, Made in Marseille

La Métropole Aix-Marseille-Provence a lancé, par délibération du conseil de la Métropole du 13 juillet 2017, l’élaboration de ce fameux Règlement Local de Publicité intercommunal (RLPi). Annexé au PLUi, ce document permet de régir le droit d’affichage sur le territoire Marseille Provence. Trois types de dispositifs sont concernés : la publicité, les enseignes et les pré-enseignes.

C’est la troisième journée de mobilisation de la campagne Alternatives territoriales portée par le Réseau Action Climat, Alternatiba et ANV-COP21. La première mobilisation en décembre visait à interpeller les candidats sur une agriculture et une alimentation végétales, biologiques et locales. La seconde, un mois plus tard, soulignait les problématiques des transports et de la pollution de l’air pour réduire la place de la voiture et développer les mobilités alternatives. Ce soir, ils pourraient également éteindre les lumières des enseignes après 23 heures. « On ne rentre pas, il n’y aucune dégradation, ni effraction, assure Louise Blanc, mais parfois il y a des moyens à l’extérieur, comme les compteurs électriques. D’ailleurs, nous assurons aussi un suivi, car nous avons constaté que lors de ces interventions, certaines boutiques ne laissaient plus la lumière des vitrines après 23 heures les jours suivant notre passage ». 

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