La Métropole envisage de dédommager les usagers du service Levélo, privés de vélos en libre-service depuis près d’un mois suite aux dégradations en marge de la mobilisation sociale. Une pétition dénonce la situation et réclame le retour du service et son amélioration.
Où sont passés les vélos en libre-service de la Métropole à Marseille ? Les 200 stations environ que compte la ville sont vides depuis bientôt un mois. Début octobre, l’intercommunalité a commencé à évacuer la flotte de son service Levélo, alors que la mobilisation lycéenne commençait à s’intensifier à Marseille, revendiquant de meilleures conditions d’apprentissage.
En marge du mouvement, de nombreuses dégradations ont eu lieu, notamment sur les deux-roues électriques en libre-service dans la ville. La Métropole déclare que 80 de ses vélos ont brûlé, 250 ont été endommagés, ainsi que quelques stations. « Le préjudice financier est estimé à près de 300 000 euros », chiffre l’intercommunalité.
La mobilisation s’est généralisée bien au-delà du mouvement lycéen, avec des violences urbaines, pillages et dégradations parfois très intenses en marge des manifestations, particulièrement le 17 octobre.
Toujours est-il que, depuis un mois, les usagers et abonnés de ce service en sont privés. Ils ne savent pas quand il pourront à nouveau en bénéficier, et la Métropole ne les éclaire pas : « conformément aux recommandations de la préfecture, nous maintenons le retrait de la circulation des vélos du service Levélo », nous répond l’institution, sans préciser jusqu’à quand.
Un dédommagement des usagers « à l’étude »
De leur côté, les opérateurs privés de vélos en libre-service continuent de déployer leur flotte au quotidien, sauf dans certaines zones du centre-ville les jours de mobilisation. Au contraire, la Métropole a fait le choix de retirer tous ses vélos, des Calanques au Sud jusqu’au 15e arrondissement au Nord.
Si elle ne commente pas plus en détails cette politique, l’institution explique « mettre à profit cette période pour remettre la flotte en état. Parallèlement, la réparation des bornes endommagées a débuté et se poursuivra sur plusieurs semaines ».
« Enfin, des mesures sont actuellement à l’étude pour dédommager les usagers impactés par cette interruption temporaire du service », ajoute-t-elle en direction des usagers mécontents.
Une pétition demande le retour des vélos et l’amélioration du service
Et il y en a. À commencer par les près de 400 signataires d’une pétition en ligne concernant le service LeVélo. « Une autre gestion est possible, affirme le texte. À Paris, par exemple, pour les manifestations du samedi 24 octobre, Vélib’ Métropole a annoncé la fermeture des seules stations des périmètres de sécurité : 110 sur près de 1 500, le temps du week-end. Une mesure ciblée, temporaire et annoncée ».
La pétition demande un retour rapide du service et une meilleure communication avec les usagers en période de crise. Mais les réclamations vont bien au-delà. Elles concernent l’amélioration du service en lui-même. « Depuis deux ans, ce service fonctionne de moins en moins bien. Nous demandons à la Métropole et à son prestataire [CityBike, Ndlr] de le remettre en état de marche ».
Les co-signataires de la pétition* dénoncent par exemple des problèmes de répartition de la flotte. « Dans de nombreux quartiers, les stations sont vides. Et là où elles sont pleines, on ne peut pas rendre son vélo. Beaucoup de vélos sont en panne. Les signalements d’usagers sont très nombreux ».
Ils espèrent notamment une amélioration du système de fixation des vélos par aimants dans les stations, à l’origine selon eux de nombreux problèmes. Enfin, ils enjoignent la Métropole à atteindre l’objectif qu’elle s’est fixée pour 2025 : atteindre 4 600 vélos et 330 stations.
* co-signataires de la pétition :
Heddy Aouad, Initiateur de la démarche citoyenne Marseille Mobilité, est à l’origine de la pétition, co-signée par Christophe Oudelin pour le Collectif MarsMob, Anne Meilhac, Présidente de Piétons à Marseille, Olivier Couqueberg, Président du Comité des Usagers des Transports Marseillais (COMUT), Christine Mead, pour Attac Marseille, Julie Simons, pour Alternatiba Marseille, Elsa Noble, pour les Amis de la Terre Bouches-du-Rhône Provence, Olivier Daniel pour Greenpeace Marseille.
