L’association Festin, à l’origine du restaurant carcéral Les Beaux Mets, investit les anciens locaux du République, place Sadi-Carnot, pour proposer un bouillon et un centre de formation aux métiers de la restauration. Ouverture prévue fin 2027.

Un restaurant, des salles de formation, une cuisine pédagogique, un laboratoire de production… c’est tout un écosystème dédié aux métiers de la restauration et à l’insertion socio-professionnelle que Festin souhaite réunir place Sadi-Carnot (2e).

Les représentants de l’association ont profité d’une soirée en l’honneur de la remise officielle du Prison Achievement Award d’EuroPris 2026, qui récompense son restaurant d’insertion Les Beaux Mets au sein de la prison des Baumettes, pour présenter son futur « quartier général » en plein centre-ville.

Festin, née à Marseille en 1987, va investir les 1070 m² laissés vacants depuis la fermeture du restaurant Le République. Le chef étoilé Sébastien Richard avait dû déposer le bilan de cet établissement solidaire, qui a servi pendant trois ans des repas à un euro aux personnes les plus démunies.

Un bouillon provençal et des cuisines solidaires

« L’idée est de pouvoir centraliser ici une partie de nos activités autour de la cuisine, de la formation, de l’insertion et de l’alimentation durable », explique Armand Hurault, directeur de Festin. Au cœur du projet, « un grand restaurant populaire en insertion » ouvrira au public sur le concept de « bouillon provençal », avec des plats à partir de 10 euros.

L’objectif est d’y employer en cuisine ou en salle des personnes accompagnées par la structure, notamment d’anciens salariés des Beaux Mets. « Cela permettra des continuités de parcours et de pouvoir renforcer notre accompagnement », précise Camille Lafon, directrice du restaurant carcéral qui a déjà permis de former plus d’une centaine d’anciens détenus.

Le site accueillera également les bureaux de l’association et l’Académie Festin, avec des salles de classes et espaces de formation pour les différents dispositifs d’insertion comme Tournesol, destiné aux personnes réfugiées, et Des Étoiles et des Femmes, qui permet aux femmes éloignées de l’emploi d’apprendre auprès de chef.fes de renom.

Une nouvelle cuisine doit être installée, et le bar actuel disparaîtra pour laisser place à un laboratoire de production spécialisé dans la restauration collective. Le traiteur de l’association, La Table de Cana, pourra y préparer des repas destinés à l’aide alimentaire.

festin, Un bouillon provençal avec une cuisine solidaire en projet dans l’ancien resto Le République, Made in Marseille

Dix emplois en insertion dès l’ouverture prévue pour 2027

Pour faire vivre ce lieu, Festin prévoit de mobiliser son réseau marseillais et national de professionnels. Plusieurs chefs et restaurateurs ont déjà manifesté leur intérêt pour intervenir régulièrement et lors de masterclasses.

Le seul restaurant devrait créer au moins dix postes en insertion et accueillir une trentaine de bénéficiaires chaque année. En intégrant les différents pôles de formation, « ce sont 80 personnes par an qui vont être accompagnées vers l’emploi », indique Armand Hurault, alors que le secteur fait face à de fortes difficultés de recrutement.

« On est persuadés qu’on peut faire du beau, du bon et de l’utile. On veut montrer que l’insertion ne se fait pas uniquement dans du bas de gamme ou de la cantine », insiste le directeur, qui voit en cette adresse « une vitrine idéale en centre-ville pour montrer ce que [Festin] sait faire ».

« Les activités du site vont financer la majorité de la mission sociale du lieu », précise-t-il. Les deux tiers du financement des travaux doivent être assurés sur fonds propres. Les premiers coups de pioche sont attendus en décembre, pour une ouverture envisagée au deuxième semestre 2027. Il ne reste désormais plus qu’à trouver un nom à ce nouveau « hub » de l’insertion en plein cœur de Marseille.

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