Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, est finalement venu rencontrer Benoît Payan ce lundi soir à Marseille. Il annonce des forces de l’ordre plus nombreuses et plus mobiles pour la prochaine manifestation, prévue samedi 24 octobre.
Attendu à la mi-journée, Laurent Nuñez est finalement arrivé à Marseille lundi 19 octobre dans la soirée. Son déplacement, d’abord reporté pour une réunion avec le Premier ministre à Paris, était réclamé de pied ferme par Benoît Payan. Depuis les violences de samedi, le maire remettait en cause les moyens déployés et les consignes données aux forces de l’ordre.
Après plus de 45 minutes d’entretien, le ministre de l’Intérieur a pris un engagement pour la prochaine manifestation, prévue samedi 24 octobre. « On déploiera un dispositif policier très important et qui sera de toute façon plus nombreux que ce qu’il était samedi dernier », a-t-il déclaré devant la presse.
Des forces de l’ordre plus mobiles
Au-delà des effectifs, la manière d’intervenir doit évoluer. Laurent Nuñez a annoncé un dispositif reposant davantage sur la mobilité et « l’extrême réactivité », pour faire face à des groupes capables d’agir simultanément dans plusieurs quartiers.
Selon le ministre, les forces de l’ordre ont dû affronter samedi des violences sur « 10 ou 15 points en même temps », avec des groupes pouvant compter 200 personnes. Une situation qu’il a décrite comme « extrêmement difficile à contenir ».
Ces annonces répondent aux critiques de Benoît Payan, qui avait dénoncé un nombre insuffisant de policiers et demandé des explications sur les ordres donnés pendant les pillages. Le maire avait notamment affirmé avoir dû appeler le président de la République alors que l’Hôtel de ville était lui-même pris pour cible.
Le désaccord persiste sur le nombre de pilleurs
La rencontre n’a pas permis de clarifier le chiffre avancé par la préfecture de police, qui a estimé à 30 000 le nombre de pilleurs au plus fort des événements, dont 8 000 « émeutiers ». Benoît Payan avait qualifié ces chiffres de « farfelus ».
Interrogé sur ce point, Laurent Nuñez a souhaité éviter « une querelle de chiffres ». « Le préfet a donné une estimation, il y avait de toute façon quelques milliers de casseurs, c’est énorme », a-t-il déclaré, sans reprendre à son compte le bilan chiffré de la préfecture.
À l’issue de l’entretien, Benoît Payan a néanmoins assuré avoir obtenu des « réponses claires » à ses interrogations. Le maire a expliqué avoir surtout abordé les prochaines échéances, « parce qu’on sait que la situation peut recommencer ».
Plus de 300 commerces sinistrés et pillés
Dans le centre-ville, l’ampleur des dégâts se précise. La Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence a recensé lundi 500 commerces impactés, dont 317 sinistrés et pillés.
Selon les chiffres communiqués par le parquet, les violences ont donné lieu à 101 interpellations, concernant 74 majeurs et 27 mineurs. Les vols avec dégradations en réunion représentent 80% des infractions retenues, et les violences sur personne dépositaire de l’autorité publique 13%.
L’Hôtel de ville a également été visé samedi. Des manifestants ont pénétré dans son hall d’entrée, où un tag anarchiste a été inscrit sur un mur et un buste de Marianne renversé. Lundi, avant sa rencontre avec le ministre, Benoît Payan a reçu une nouvelle Marianne lors d’une cérémonie réunissant de nombreux élus de la métropole.

