Après une vague de pillages sans précédent ce week-end, en marge de la mobilisation du 17 octobre, quelles sont les aides mises en place pour venir en aide aux commerçants touchés ?

Faut-il le rappeler, en marge de la mobilisation sociale du samedi 17 octobre, les commerces du centre-ville de Marseille ont fait l’objet d’une vague de pillages sans précédent. « On dénombre 500 commerces impactés, dont 317 pillés et sinistrés », selon les chiffres de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Aix-Marseille-Provence.

Perte du stock, local ravagé, fermeture indéterminée… Si l’étendue des dégâts reste encore à préciser, ce lundi, les pouvoirs publics ont fait une série d’annonces concernant les aides et le soutien qu’ils apportent aux commerçants.

Dans l’urgence, la mairie de Marseille a mis en place en guichet à l’angle de la Canebière et de la rue Saint-Ferréol, au plus près des boutiques touchées, pour les accompagner et les aider à la sécurisation de leur local.

Mais la CCI, au plus proche des entreprises, leur propose désormais un guichet unique « urgence commerces ». Il vise à les accompagner dans toutes leurs démarches, du dépôt de plainte aux demandes de prêts, d’indemnisation, de soutien psychologique, et dans le processus de reprise d’activité.

La Chambre de Métiers et de l’Artisanat Provence-Alpes-Côte d’Azur active également sa cellule de crise, avec une aide exceptionnelle pouvant aller jusqu’à 1 500 €, sous réserve des critères d’éligibilité et des équipes déployées sur le terrain auprès des artisans impactés, en lien avec la chambre des Bouches-du-Rhône.

Fonds de soutien, exonération fiscale et chômage partiel

De son côté, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a réactivé son fonds « solidarité commerces pillés », créé après les émeutes de 2023. Doté de 5 millions d’euros par le conseil régional, ce fonds prévoit « une aide forfaitaire de 10 000 € par commerce touché », indique son nouveau président, François de Canson (DVD). Le Département des Bouches-du-Rhône va également y contribuer, comme l’a confirmé hier soir sa présidente, Martine Vassal (DVD).

Le gouvernement envisage également de créer un fonds de soutien, comme l’a déclaré le Premier ministre Sébastien Lecornu ce lundi. « Il y a un débat entre exonération sociale et fiscale au fonds de soutien, je crois comprendre du terrain qu’il y a davantage une envie de fonds de soutien pour faire du coût humain ».

Mais la mesure la plus concrète de l’État réside dans le déclenchement du chômage partiel dès ce mardi 20 octobre. Il permet d’indemniser les salariés durant la période d’arrêt du magasin, comme c’était le cas durant la crise sanitaire du Covid-19. « On ne va pas le faire à 70%, on le fait tout de suite à 100 % » indique le Premier ministre.

Les assurances vont-elles suivre l’urgence des commerçants ?

L’autre grande question des commerçants réside dans l’indemnisation de leurs assurances, qui peut devenir un parcours du combattant administratif. À commencer par les déclarations de vol et de sinistres pour lesquels ils ont entre 2 et 5 jours pour les déclarer. La CCI doit les accompagner dans ces démarches.

Du côté du gouvernement, Sébastien Lecornu affirme avoir lancé des discussions avec les compagnies d’assurances dès ce week-end. L’objectif : « accélérer les différentes expertises, éviter d’emmener nos commerçants dans des tracasseries de procédures qui n’en finiraient pas. Être capable évidemment très vite d’ouvrir les guichets, être capable de verser des acomptes sur évidemment les sommes d’accompagnement pour les assurer », espère le Premier ministre.

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