Ce mardi 13 octobre, une dizaine de furets ont été mobilisés au square Mélizan (8e) pour déloger les rats de leurs terriers. Une méthode de dératisation « écologique » menée deux fois par an par la Ville, qui sert aussi à mieux connaître les maladies transmises par les rongeurs.

À l’angle du boulevard Rabatau et de la rue Raymond Teisseire, des filets bleus sont disposés aux sorties des galeries creusées par les rats. Gants épais aux mains, les éleveurs y déposent tour à tour leurs furets.

Avec leur long corps, ils se faufilent dans les passages les plus étroits. Sous terre, ces petits carnivores traquent les rongeurs pour les pousser vers la surface où les attendent les éleveurs.

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Une technique héritée des Romains

Utilisée depuis l’Antiquité, cette méthode de prédation écologique emploie l’odorat des furets qui les aide à repérer les rats et les déloger. Le but n’est pas de laisser les prédateurs tuer les rongeurs, mais de les rabattre vers les issues repérées en amont.

Les rats qui sortent sont alors pris dans les filets, puis placés dans des caisses métalliques individuelles. Un autre intervenant se tient en retrait, un grand filet à la main, prêt à rattraper ceux qui échapperaient au dispositif.

Les furets femelles, plus fines, ou mâles, plus massifs, sont positionnés devant les trous, en fonction de la configuration des terriers. « L’intervention peut durer de quelques minutes à deux heures », prévient Zoé Robin, fauconnière chez Furetage Martel.

Ce mardi, huit rats ont été capturés en 1h30. « Le nombre dépend de la disponibilité alimentaire », explique Kylian Martel, gérant de Fauconnerie Furetage Martel. Pour l’entreprise basée à Valence dans la Drôme, il s’agit du deuxième passage de l’année au square Mélizan. Après une première opération à la mi-février, « la population ne semble pas avoir augmenté depuis », conclut l’éleveur.

rats, Vidéo | Des furets utilisés pour lutter contre la prolifération des rats et leurs maladies à Marseille, Made in Marseille

Une méthode naturelle complémentaire aux produits chimiques

Ce petit espace d’environ 900 m2 connaît déjà bien les furets. Après une expérimentation en 2022, la Ville y a mené un premier passage en conditions réelles en 2024, pour un coût de 10 000 euros.

Aujourd’hui, 300 000 euros sont consacrés à la dératisation. Les services dédiés ont également été renforcés avec neuf agents mobilisés sur près de 1 200 interventions de dératisation en un an. L’intervention des furets s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre les nuisibles, qui combine plusieurs méthodes préventives et curatives.

Deux opérations sont organisées chaque année. Une technique qui aurait permis de capturer 80 rats depuis 2024, selon Anthony Gonçalves, adjoint municipal à la santé. Elle ne remplace pas les autres moyens de lutte, mais les complète dans les parcs et jardins, où elle permet d’éviter le recours aux biocides.

Les estimations relayées par la municipalité évoquent la présence d’environ 1,5 million de rats à Marseille, soit près d’un rat et demi par habitant. « Le rat est une question de santé publique », rappelle l’élu.

Des rats étudiés pour mieux connaître les maladies

Une fois capturés, les rongeurs sont confiés à l’IHU Méditerranée Infection pour être étudiés dans le cadre de travaux scientifiques. Parmi les maladies surveillées figure la leptospirose, une infection bactérienne transmissible à l’humain par contact avec l’urine des rats.

« Un rat sur deux est porteur de cette maladie », avance Bernard Davoust, vétérinaire à l’IHU. Elle peut commencer par des symptômes similaires à ceux d’une grippe, avant d’entraîner des complications graves au niveau du foie et des reins. Une dizaine de Marseillais présenteraient chaque année des symptômes. Depuis 2022, la leptospirose est inscrite comme maladie à déclaration obligatoire en France.

Les chercheurs analysent les reins des rongeurs capturés, où la bactérie peut être présente. Les rats font ensuite l’objet d’une euthanasie, dans le cadre du protocole de recherche.

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