La Métropole et la RTM ont dévoilé une nouvelle grille tarifaire. Les prix augmentent pour une partie des voyageurs, tandis que des abonnements à 20 euros par an sont prévus pour les jeunes boursiers, les retraités non imposables et les bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés. Soumise au vote jeudi, la réforme doit commencer à s’appliquer le 1er novembre.
Prendre le bus, le métro ou le tramway coûtera bientôt plus cher à Marseille. Le billet unitaire doit passer de 1,80 à 2 euros, selon la nouvelle grille présentée ce mardi 13 octobre par la Métropole Aix-Marseille-Provence et la Régie des transports métropolitains (RTM). L’abonnement mensuel sans tarif réduit augmentera également 14%, passant de 49,50 à 56,50 euros, et l’annuel de 480 à 548 euros.
Cette hausse s’inscrit dans une refonte plus large des tarifs à l’échelle du territoire. Dans un contexte de difficultés budgétaires, la Métropole entend dégager de nouvelles recettes pour financer le développement de l’offre et l’augmentation des coûts d’exploitation. Son président, Nicolas Isnard (LR), défend « une évolution courageuse, car équitable, solidaire et responsable, qui sera votée jeudi, je l’espère », lors du prochain conseil métropolitain, le 15 octobre.
L’objectif est aussi d’harmoniser les prix entre les réseaux. Selon Nicolas Isnard, la Métropole comptait 400 tarifs à sa création. La nouvelle grille doit permettre d’en proposer deux fois moins. « Les usagers de la Métropole seront traités équitablement et mis à la même enseigne », soutient-il.
Des prix différents selon les réseaux
La grille distingue trois niveaux géographiques. Marseille, Allauch, Plan-de-Cuques et Septèmes-les-Vallons composent le premier, avec un ticket unique à 2 euros.
Dans le deuxième, qui regroupe Aix, Aubagne, l’est de l’étang de Berre, Vitrolles et Marignane, le billet unique est fixé à 1,40 euro. L’abonnement tout public sera de 32 euros par mois ou 310 euros par an, sous réserve du calendrier particulier prévu pour Aubagne.
Enfin, pour Salon, l’ouest de l’étang de Berre, La Ciotat, Cassis, Carnoux, Roquefort et la Côte Bleue, le ticket coûtera 1,20 euro. Les abonnements seront proposés à 27 euros par mois ou 261 euros par an.
Un abonnement à 20 euros pour les publics modestes
En parallèle des hausses, la Métropole élargit sa tarification sociale. Nicolas Isnard affirme que « 100 000 usagers d’aujourd’hui paieront moins cher demain », en citant notamment les jeunes, les travailleurs modestes et les personnes en situation de handicap.
À partir du 1er novembre 2026, les jeunes boursiers de 11 à 25 ans et les jeunes bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire pourront accéder à un abonnement de libre circulation à 20 euros par an.
Pour un collégien boursier scolarisé à Marseille, le coût annuel passera ainsi de 110 à 20 euros. Un étudiant boursier habitant Aubagne et suivant ses cours à Aix, qui débourse aujourd’hui entre 210 et 360 euros selon son abonnement, bénéficiera également de ce tarif.
Pour Samia Ghali, cette mesure doit permettre de lever un frein à la poursuite des études : « Aucun jeune ne doit renoncer à ses études car il n’a pas les moyens de se payer les transports ». La présidente de la RTM défend une réforme qui en appellera d’autres : « C’est une première, il y aura d’autres étapes ».
Les personnes de 65 ans et plus non imposables ou bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire auront aussi accès à l’abonnement à 20 euros. Pour les autres seniors, la gratuité laissera place à un tarif correspondant à la moitié de celui du tout public : à Marseille, il faudra compter 28,30 euros par mois ou 274 euros par an.
Les bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) pourront, eux aussi, souscrire l’abonnement à 20 euros par an. Celui-ci permettra de voyager sur l’ensemble des réseaux, hors transport à la demande pour les personnes à mobilité réduite et Mobimétropole.
La gratuité sera en revanche maintenue pour les enfants de moins de 11 ans. Selon Samia Ghali, une carte leur sera délivrée sur présentation d’une pièce d’identité.
Des baisses aussi pour les étudiants non boursiers
Les étudiants non boursiers bénéficieront également de certaines réductions. Leur abonnement annuel sur le réseau marseillais passera de 220 à 200 euros. La formule permettant de circuler sur tous les réseaux de la métropole diminuera de 360 à 300 euros par an.
Pour les 11–17 ans, hors tarification solidaire, l’abonnement annuel valable sur toute la métropole restera à 220 euros. Celui donnant accès aux réseaux métropolitains hors RTM passera en revanche de 60 à 80 euros.
Des réductions selon les revenus à partir de septembre 2027
Un deuxième volet de la réforme entrera en vigueur le 1er septembre 2027. Pour les 26–64 ans, des réductions seront calculées à partir du quotient familial établi par la CAF ou la MSA : 80% pour un quotient inférieur à 500 euros, 50% entre 501 et 650 euros et 20 % entre 651 et 810 euros. La grille prévoit également l’application du quotient familial aux salariés de 18 à 25 ans.
La Métropole cite l’exemple d’une mère seule avec trois enfants, payée au Smic et travaillant à Marseille. Selon la situation présentée, son abonnement annuel passerait de 480 euros aujourd’hui à 274 euros après une réduction de 50% sur le nouveau tarif de 548 euros.
Un calendrier à part pour Aubagne
Les premières mesures sont annoncées pour le 1er novembre, mais la fin de la gratuité dans le pays d’Aubagne et de l’Étoile ne pourra pas s’appliquer immédiatement. Gratuit depuis plus de quinze ans, le réseau doit être équipé pour permettre la mise en place d’une billetterie payante.
Le maire d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari (DVG), poursuit par ailleurs son combat politique pour maintenir cette gratuité. Aucune date de bascule n’est précisée dans les documents présentés.
Au total, la Métropole attend de cette réforme une recette annuelle supplémentaire nette de 21,63 millions d’euros à terme. Elle prévoit 1,9 million d’euros dès 2026, puis 19,7 millions en 2027, avant d’atteindre le montant complet en 2028.
Nicolas Isnard défend ces recettes supplémentaires, « nécessaires pour développer notre offre de transports ». Samia Ghali assume, elle aussi, le changement engagé : « Pour dérouiller quelque chose de rouillé, il fallait du courage ».
Cette nouvelle tarification est également un moyen supplémentaire de lutter contre la fraude notamment auprès des jeunes.« À 20 euros par an, qui ne fera pas sa carte, à quelques exceptions près ? Ce sont des tarifs accessibles. Les 30 000 jeunes qui ont fait leur carte cet été en témoignent », estime Nicolas Isnard.
