Après plusieurs mois de travaux, le sémaphore de Callelongue a été inauguré ce jeudi 8 octobre. Restauré par le Parc national des Calanques, avec le soutien de plusieurs partenaires, ce bâtiment historique va désormais accueillir le public et des groupes scolaires.
Depuis le petit port niché au fond de la calanque de Callelongue, il faut gravir un ancien sentier muletier pour l’atteindre. Perché à 109 mètres d’altitude, le sémaphore a retrouvé son rôle de sentinelle des lieux.
Construit en 1863 pour remplacer la vigie de Marseilleveyre, en service depuis le 16e siècle, il surveillait le littoral et communiquait avec les navires comme les autres sémaphores alentours. Abandonné puis dégradé au fil des années, il est confié au Parc national des Calanques par l’Etat en 2016. Le 16 mars dernier, il a entamé sa dernière phase de restauration.

Un chantier en deux temps
De la mi-janvier à la mi-février, le vieux chemin emprunté autrefois par les mules s’est d’abord transformé en véritable sentier de randonnée. « La voie roncée était progressivement devenue glissante », explique Martin Gascuel, en charge des opérations d’aménagement au Parc national des Calanques.
« Outre l’érosion provoquée par les passages sauvages, le tracé datant du 19e siècle avait lui-même disparu par endroits », poursuit-il. Sa restructuration a représenté environ 100 000 euros. Le balisage reconstitué mène tout droit à l’édifice, qui a lui fait l’objet d’une remise en état, entre mars et juin.
À l’intérieur, « il a fallu installer des portes, des fenêtres et des volets, mais aussi rénover les façades », détaille Martin Gascuel. Exposé aux embruns, au mistral et aux intempéries, il « était abandonné, dégradé et ne pouvait accueillir du public ». Le bâtiment a depuis retrouvé son aspect d’origine.
Cette seconde phase aurait coûté 350 000 euros, financée par CMA CGM, mécène privé du parc national depuis 2020, à hauteur de 150 000 euros. Le Fonds d’intervention maritime, le Fonds vert et le Département des Bouches-du-Rhône les ont complétés.
Un ancien poste de surveillance devenu lieu de sensibilisation
Malgré sa peau neuve, les murs conservent des traces de son histoire. Dans la salle circulaire, des vestiges de l’ancien escalier témoignent encore du passé. Un espace annexe et pédagogique permet de découvrir l’archipel du Riou, visible depuis ses fenêtres. Un moyen de s’immerger dans ce territoire naturel protégé, dont certaines parties sont interdites d’accès.
L’ancienne cuisine a été réaménagée en point d’eau alimenté par la citerne historique de la tour. Et à l’extérieur, le long de sa terrasse, les paysages, îles et toponymes locaux peuvent être lus sur des panneaux apposés directement au sol.
« L’idée est de faire évoluer le rôle du bâtiment », indique Magali Veyrat, responsable de l’interprétation des patrimoines au Parc national. Autrefois gardien armé du littoral face aux risques d’invasion, le sémaphore devient un « gardien de la biodiversité et de la mémoire des lieux », ajoute Gaëlle Berthaud, directrice du Parc.

Trois visites prévues cet automne
Si l’intérieur ne s’ouvrira que pour des visites associatives et scolaires organisées, l’extérieur et ses abords sont désormais accessibles au public.
Après l’ouverture de la Maison des îles et du littoral sur les îles du Frioul, « la volonté est de prolonger la sensibilisation environnementale sur tout le littoral », développe Didier Réault, président du Parc national des Calanques.
Dans le cadre de l’Automne des Calanques, organisé du 26 septembre au 1er novembre, trois visites, commentées par des écogardes, sont proposées. La prochaine se tiendra le 17 octobre.


