La mobilisation lycéenne est marquée par d’importants incidents ce jeudi 1er octobre à Marseille, où le réseau RTM a été interrompu en fin de matinée. Dans toute la France, les jeunes réclament davantage de moyens pour étudier, tandis que des universités rejoignent le mouvement. Le maire de Marseille appelle au calme.

Après plusieurs jours de blocages, la tension est montée d’un cran à Marseille ce jeudi matin. Selon ICI Provence, une quarantaine d’établissements étaient concernés par la mobilisation dans les Bouches-du-Rhône, notamment à Marseille, Aix-en-Provence et Martigues. Des rassemblements accompagnés, dans plusieurs secteurs, d’incendies et d’affrontements avec les forces de l’ordre.

Les lycéens dénoncent notamment les absences de professeurs non remplacés, le manque de moyens et la dégradation de leurs conditions d’enseignement. Parti la semaine dernière de la région parisienne, le mouvement touchait mercredi 356 établissements à travers le pays, contre 338 la veille, selon le ministère de l’Intérieur.

Des incidents autour de Victor-Hugo et de Saint-Charles

À Marseille, le lycée Victor-Hugo a concentré une partie des tensions. Des membres de la direction ont été éclaboussés d’essence. À l’Estaque, un chef d’établissement est également resté bloqué dans son bureau.

Aux abords de Victor-Hugo, un important dispositif de CRS a été déployé dès le début de matinée pour contrer des feux de poubelles et des affrontements qui se sont déplacés vers le parvis de la gare Saint-Charles. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les rassemblements. Des interpellations ont été signalées, sans bilan consolidé à la mi-journée.

Les violences ont aussi touché les transports. Un bus a été incendié et un conducteur agressé en marge de la mobilisation. En fin de matinée, l’ensemble du réseau RTM, bus, métro et tramway, était annoncé à l’arrêt.

Benoît Payan appelle à l’apaisement

Face à ces événements, le maire de Marseille a condamné les violences tout en reconnaissant les inquiétudes exprimées par les jeunes. « Notre jeunesse est légitimement préoccupée par son avenir et celui du service public. Elle doit pouvoir s’exprimer dans un cadre apaisé », a écrit Benoît Payan sur X.

L’élu dénonce des « violences inacceptables », évoquant les incendies et les agressions subies par les professeurs, les pompiers, les journalistes et les habitants. « J’appelle à l’apaisement de chacun, et à retrouver le chemin d’une expression démocratique des revendications », poursuit-il.

Les universités rejoignent la mobilisation

La contestation dépasse désormais les lycées. Selon l’Union étudiante, une trentaine de campus étaient bloqués ce jeudi matin, notamment à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon, Reims, Poitiers et Nanterre. Les étudiants rejoignent les revendications portant sur le remplacement des enseignants et les moyens consacrés à l’éducation.

L’Union syndicale lycéenne avait appelé à un « acte II » ce jeudi. La Fage, l’Union étudiante et l’Unef soutiennent le mouvement, alors que de nouveaux blocages étaient signalés notamment à Paris et Lille.

Des cours à distance lorsque l’accueil n’est plus possible

À la mi-journée, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a qualifié les violences de la matinée « d’une extrême gravité ». « Aucune revendication ne peut justifier de tels actes », a-t-il déclaré sur X, demandant que leurs auteurs soient poursuivis et sanctionnés.

Le ministre a également annoncé avoir demandé que les enseignements se poursuivent à distance lorsque les dégradations ou les blocages empêchent d’accueillir les élèves en sécurité. Ces décisions doivent être prises au cas par cas par les chefs d’établissement, en lien avec les autorités académiques.

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