À Noailles, la ressourcerie associative La Brigaille collecte, répare et remet en circulation des objets du quotidien depuis trois ans. Entre réemploi, ateliers et vie de quartier, la structure cherche aujourd’hui à racheter son local pour assurer la suite de son activité.
Rue d’Aubagne, les objets s’accumulent sur les étagères de La Brigaille. Vaisselle, vêtements, livres, petits meubles ou bibelots : dans cette ressourcerie associative, rien ne semble destiné à finir à la poubelle.
« On trouvait que ça serait dommage d’arrêter l’histoire là », explique Lola, l’une des co-directrices du lieu. Après la fermeture de l’ancienne ressourcerie « La Recyclerie », les deux salariés ont décidé de reprendre le flambeau pour maintenir une activité de réemploi à Noailles. Depuis, La Brigaille récupère des objets auprès de particuliers et de professionnels, les nettoie, les répare parfois, avant de les remettre en circulation.
Mais la ressourcerie fonctionne aussi comme un espace social dans un quartier populaire où les besoins sont nombreux. Étudiants, familles, habitants du secteur ou simples curieux se croisent dans le local. Certains viennent pour des raisons économiques, d’autres pour des convictions écologiques ou le plaisir de chiner. « C’est assez large, les gens qui côtoient ce lieu », résume-t-elle.
Au-delà du réemploi, La Brigaille fonctionne aussi comme un espace collectif ancré dans la vie du quartier. L’association fait partie de l’Inter-Asso de Noailles et participe notamment à l’organisation de la fête de quartier.
Une campagne pour rester à Noailles
Des ateliers sont également organisés avec d’autres structures locales comme le centre social Destination Famille pendant les vacances scolaires. Cette année, des ateliers de fabrication de masques ont par exemple été proposés autour du carnaval avec des matériaux récupérés dans la ressourcerie.
Une permanence couture et réparation textile doit prochainement voir le jour. « Le textile, c’est un grand enjeu de l’écologie », souligne Lola, qui voit passer chaque semaine d’importantes quantités de vêtements récupérés.
L’association travaille également avec plusieurs filières de recyclage afin de limiter au maximum ce qui finit jeté. Les objets trop abîmés sont démontés, triés puis orientés vers des éco-organismes spécialisés dans le textile, les métaux ou le mobilier.
Mais aujourd’hui, l’avenir de la ressourcerie reste fragile. Le local occupé par l’association voit bientôt son bail achevé et l’équipe tente de réunir des fonds via une campagne de financement participatif pour pouvoir l’acheter. « On aimerait beaucoup rester dans ce local », confie Lola. Sans rachat, la structure pourrait devoir quitter les lieux à la fin du bail.
La Brigaille fonctionne aujourd’hui avec deux salariées et une quinzaine de bénévoles réguliers investis dans la vie du lieu. Un collectif qui permet à la ressourcerie de continuer à faire vivre le réemploi au cœur de Noailles.