La Métropole Aix-Marseille-Provence désigne ses représentants dans les organismes du territoire. La gauche marseillaise entre en nombre dans des outils majeurs du logement ou de l’aménagement de la ville, comme la Soleam ou la Spla-in.
Sociétés publiques, régies, offices de tourisme… Des centaines d’organismes publics ou mixtes sont dépendants ou liés à la Métropole Aix-Marseille-Provence. Cette dernière désigne des représentants pour siéger dans leurs assemblées générales et leurs conseils d’administration, pour peser sur leurs orientations stratégiques.
Lors du dernier mandat, la présidente Martine Vassal (divers droite) avait réservé les sièges métropolitains à sa majorité, et écarté l’équipe municipale marseillaise de gauche de ces organismes. Cette dernière avait peu d’espace d’expression dans ces structures, qui concernent parfois directement leur territoire. Comme l’aménagement de places publiques par la Soleam, la gestion du réseau de transports par la RTM…
Mais le nouveau président de la Métropole, Nicolas Isnard (LR), malgré sa sensibilité de droite, a souhaité changer de philosophie dans la gouvernance de l’établissement de coopération intercommunale. Dans une logique « œcuménique », il a donné une place de choix aux élus du Printemps marseillais. D’abord dans la gouvernance de l’institution, mais aussi dans les organismes qui lui sont liés.
Après des années aux mains de la droite, la Soleam change d’équilibre
Souvent controversée, et sujette à des crises successives, la Société publique locale d’aménagement (Soleam) n’en demeure pas moins un outil majeur de l’aménagement du territoire. À Marseille, on lui doit la plus grande place de la ville, la Plaine, ou la création de la future place Providence à Belsunce. Mais aussi des équipements récents comme l’école de la Capelette, ou le complexe sportif Pape Diouf.
Principal actionnaire (65%), la Métropole Aix-Marseille-Provence a désigné ses 10 représentants au conseil d’administration. Avec un changement net des forces en présence, puisque la moitié est issue de la majorité marseillaise (Pierre Huguet, Anthony Krehmeier, Tina Biard-Sansonetti, Julien Rossi, Sophie Camard).
Dans un nouveau contexte où les sensibilités politiques semblent plus équilibrées dans la gouvernance de la Soleam, il s’agira prochainement d’élire le nouveau président pour remplacer Gérard Gazay. Ce dernier n’a pas été réélu à la mairie d’Aubagne et ne siège plus à la Métropole.
Les 10 membres du CA de la Soleam désignés par la Métropole :
Printemps marseillais : Pierre Huguet, Anthony Krehmeier, Tina Biard-Sansonetti, Julien Rossi, Sophie Camard.
Hors Marseille : Michel Roux, Marc Del Grazia, Bernard Deflesselles, Jean-David Ciot, Jérôme Marciliac.
Habitat dégradé : la majorité marseillaise investit la Spla-in
La société publique locale d’aménagement d’intérêt national (Spla-in) Aix-Marseille-Provence est née à la suite des effondrements de la rue d’Aubagne. C’est un outil majeur pour traiter l’habitat dégradé du territoire, en particulier dans le centre de Marseille.
Son conseil d’administration se compose de six représentants de l’État, un de la Ville de Marseille, mais surtout un contingent de 10 élus métropolitains. Parmi ces derniers, un seul élu du Printemps marseillais figurait jusqu’à présent (Anthony Krehmeier). Il sont désormais six à représenter la Métropole : Anthony Krehmeier, Sophie Camard, Audrey Garino, Yoan Levy, Rebecca Bernardi et Perrine Prigent.
L’élu salonais David Ytier (LR) préside pour l’instant la Spla-in, alors qu’il était jusqu’alors vice-président de la Métropole délégué au Logement. Mais, ce proche de Nicolas Isnard est désormais vice-président aux Finances, alors que Martial Alvarez (maire divers centre de Port-Saint-Louis-du-Rhône) a récupéré le Logement.
Toutefois, David Ytier se dit « prêt à poursuivre la tâche » à la présidence de la société publique, « dans le même esprit de concorde qui a régné jusqu’à présent ». D’autant qu’il estime que la gestion de la Spla-in revêt « de gros sujets financiers métropolitains ». Mais il « reste ouvert » à un changement de présidence si c’est le souhait du conseil d’administration. Ce dernier se tiendra le 1er juin.
Les membres du CA de la Spla-in désignés par la Métropole :
Printemps marseillais : Anthony Krehmeier, Sophie Camard, Audrey Garino, Yoan Levy, Rebecca Bernardi et Perrine Prigent.
Opposition marseillaise : Romain Simmarano (Renaissance).
Représentants métropolitains hors Marseille : David Ytier (Salon, LR), Patrick Markarian, (Saint-Marc-Jaumegarde, sans étiquette), Martial Alvarez (Port-Saint-Louis-du-Rhône, divers centre).
Majorité marseillaise à l’Agam, l’agence d’urbanisme du territoire
L’Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise (Agam) est un outil important dans la prise de décision politique sur des projets structurants. Démographie, mobilité, économie… Elle réalise des études, observatoires, cartes et infographies pour les collectivités partenaires.
Ses principaux actionnaires sont la Ville de Marseille avec huit sièges au conseil d’administration et la Métropole Aix-Marseille-Provence qui dispose de 14 sièges, dont 10 reviennent à des élus du Printemps marseillais. La majorité municipale prend donc largement la main sur cet organisme. En toute logique, Laure-Agnès Caradec qui le présidait jusqu’alors, proche de Martine Vassal, devrait céder son siège à un représentant de la gauche marseillaise.
Les membres du CA de l’Agam désignés par la Métropole :
Printemps marseillais : Nicolas Hue, Julien Rossi, Julien Harounyan, Perrine Prigent, Jean Marc Signes, Yoan Levy, Audrey Garino, Rebecca Bernardi, Pierre Huguet, Pascaline Lecorché.
Gauche hors Marseille : Jérôme Marciliac (La Fare-les-Oliviers, divers gauche), Hélène Di Vita Danchesi (Aubagne, PCF), Jean-David Ciot (Puy-Sainte-Réparade, PS).
Divers droite hors Marseille : Ambrozio DOLFI (divers droite, La Bouilladisse).
Les adjointes marseillaises Audrey Gatian et Audrey Garino à l’EPF Paca
Les élus du Printemps marseillais ont également récupéré des sièges de la Métropole dans d’autres structures liées à l’habitat, l’immobilier et l’urbanisme du territoire. À commencer par l’Établissement public foncier (EPF) Paca, acteur financier majeur dans la politique publique foncière. Les adjointes au maire de Marseille Audrey Garino (Logement) et Audrey Gatian (Urbanisme) entrent ainsi dans son conseil d’administration.
Audrey Garino, récupère également divers sièges métropolitains dans des structures telles que l’Agence départementale d’information sur le logement des Bouches du Rhône (ADIL 13) ou l’Association d’Accès et de Maintien Au Logement (ADAMAL).