Comme chaque année, les professionnels du tourisme régional se sont réunis dans le Var pour le lancement de la saison touristique. L’occasion de dessiner les perspectives de l’année 2026.
Ils étaient près d’une centaine de professionnels, venus des quatre coins de Provence Alpes Côte d’Azur ce vendredi 24 avril sur la plage de Ramatuelle, dans l’établissement le Moorea, autour de François de Canson, président du Comité régional de tourisme (CRT), pour lancer officiellement la haute saison touristique.
Un lieu symbolique puisque c’est ici qu’en 2020, en pleine crise sanitaire, les acteurs régionaux s’étaient réunis pour relancer la dynamique touristique, et annoncer le lancement de la Fête des Terrasses.
Une saison 2026 sous le signe de l’optimisme
Après une année 2025 record, les indicateurs sont au vert pour 2026. La région confirme sa dynamique, portée à la fois par le tourisme domestique et international.
« Depuis dix ans, il y a des marqueurs forts : là où le tourisme représentait 18 milliards, aujourd’hui c’est 22 milliards. Là où l’hébergement marchand pesait 46%, il pèse désormais 59% », souligne François de Canson. Le président du CRT insiste également sur la capacité d’adaptation du secteur : « Chaque fois qu’il y a des difficultés, que ce soit la Covid ou la guerre en Ukraine, on trouve des solutions. Aujourd’hui, les résultats sont là. On a fait +2% sur le mois d’avril et déjà +5% de réservations sur le mois de mai ».
Une tendance confirmée par les professionnels de terrain. Bernard Marty, président de l’Umih 13 et Sud, se montre confiant : « Je pense que la saison sera belle parce que les gens vont plutôt rester à proximité. Ils ne vont pas tellement s’éloigner. Les locaux français vont rester là et fréquenter notre belle région ».
Dans un contexte international incertain, cette proximité devient un atout majeur. « Les gens ne savent plus trois mois avant où ils vont partir. Ils décident parfois quinze jours, dix jours, voire trois jours avant », observe-t-il encore.
☀️ « On va réaliser une belle saison », @FdeCanson, président du @CRT_RegionSud, commente le lancement de la saison touristique en direct depuis Ramatuelle ⤵ pic.twitter.com/be8FSH9fqK
— Made in Marseille (@MadeMarseille) April 24, 2026
Un tourisme durable qui s’impose progressivement
Au-delà des volumes, la transformation du modèle touristique régional se poursuit. L’enjeu : concilier attractivité et transition écologique. « On parle de tourisme durable : il ne faut pas opposer économie et écologie. Il faut encourager les modes de déplacement doux comme le vélo ou le train », explique François de Canson.
Les résultats commencent à être visibles. « Aujourd’hui, 14% des visiteurs viennent en train, contre 4% il y a dix ans », poursuit le président du CRT. Cette évolution s’inscrit dans une stratégie plus globale visant à attirer une clientèle internationale tout en maîtrisant l’impact environnemental. « Grâce aux campagnes que nous avons menées, un touriste sur trois est désormais un touriste étranger », précise-t-il.
Du côté d’Atout France, on souligne la solidité de la destination. « C’est la deuxième région de France pour l’accueil de visiteurs internationaux après Paris. Ici, on a une destination mondiale avec tous les types de tourisme : littoral, montagne, gastronomie », rappelle son président, Christian Mantei.
Malgré les incertitudes géopolitiques, les flux restent stables. « Les Européens sont là, les Américains continuent d’être très actifs. Il y a un peu d’attentisme, mais ceux qui ont décidé de venir en France seront au rendez-vous » souligne-t-il également.
La désaisonnalisation, un pari en voie de réussite
Autre axe stratégique majeur : étaler la fréquentation touristique sur l’ensemble de l’année. Et les résultats semblent probants. « La désaisonnalisation que nous portons depuis des années a porté ses fruits. Nous avons 11% de fréquentation supplémentaire hors été, tout en faisant le même chiffre sur juillet-août », se félicite François de Canson.
Sur le terrain, cette évolution est également perceptible. « Le tourisme, ce n’est pas que les grands hôtels. Ce sont aussi les petits restaurants, les petites plages, les petits établissements. Il en faut pour tous les goûts », insiste Bernard Marty.
Et même si certaines zones urbaines comme Marseille peuvent connaître des dynamiques contrastées, le littoral et les îles proches devraient tirer leur épingle du jeu.
Une saison à confirmer, mais des bases solides
Entre reprise confirmée, mutation des pratiques et montée en gamme de l’offre, la saison 2026 s’annonce sous de bons auspices, à condition que certains facteurs externes, notamment la météo, restent favorables.
« Le plus grand ennemi de notre métier, c’est la météo. Mais si elle est clémente, je suis sûr qu’on va réussir », conclut Bernard Marty. Du côté du CRT, l’état d’esprit reste résolument confiant. « Les gens feront des sacrifices pour partir en vacances. À nous de les accueillir dans les meilleures conditions, avec un bon rapport qualité-prix », affirme François de Canson.
Un optimisme prudent, mais partagé par l’ensemble de la filière, à l’aube d’une saison qui pourrait confirmer la solidité du modèle touristique régional.
