À Belsunce (1er), le théâtre de l’Œuvre s’apprête à fermer pour travaux à partir du 8 mai prochain jusqu’à début 2028. L’équipe du lieu a tenu une conférence de presse ce mardi pour alerter sur un enjeu majeur : le financement de son futur fonctionnement.

Le projet est ambitieux. L’équipe du théâtre de l’Œuvre présentait ce mardi dans ses locaux les travaux d’envergure, estimés entre 3 220 000 et 3 420 000 euros, qui s’y dérouleront de mi-juin 2026 à janvier 2028. Il s’agit de « transformer un lieu de vie », résume Dro Kilndjian, coordinateur et programmateur du théâtre.

Présenté par l’équipe comme un « lieu d’éducation populaire », ce lieu de vie a des journées chargées. Le matin, il accueille des distributions alimentaires. En journée, écoles ou associations investissent les lieux pour proposer des cours de théâtre ou apprendre le français. Le soir, la salle de spectacle s’anime avec plus de 165 représentations par an.

Au-delà de l’agrandissement de ce lieu solidaire et artistique, la rénovation du lieu permettra à terme de « redynamiser le quartier de Belsunce », espère Dro Kilndjian. Mais pour atteindre cet objectif, encore faut-il que le théâtre trouve les financements nécessaires à son fonctionnement après sa réouverture à l’horizon 2028.

Le théâtre de l’Œuvre ferme pour travaux et lance un appel aux financements, Le théâtre de l’Œuvre ferme pour travaux et lance un appel aux financements, Made in Marseille
Une salariée du théâtre avec Guillaume Beccaria du cabinet d’architecte Land et Dro Kilndjian coordinateur et programmateur du théâtre lors de la conférence de presse

Le défi du financement de fonctionnement

Si le financement des travaux de transformation a été trouvé, grâce en grande partie au Fonds européen de développement régional, puis à la Banque des territoires, à la Ville de Marseille et au Centre National de la Musique, reste une question décisive : celle du fonctionnement après la réouverture du lieu.

La direction estime ce besoin à 450 000 euros. Une somme destinée, selon Dro Kilndjian, à « équiper correctement le théâtre et pourvoir à son fonctionnement », et que les fonds propre qu’arrive à dégager chaque année la structure ne permettront pas de couvrir.

Alors c’est vers d’autres personnes publiques que se tourne le théâtre aujourd’hui. « Vous avez noté les grands absents des travaux de transformation », pointe le coordinateur du théâtre qui invite aujourd’hui « l’État, la Région, le Département et la Métropole à se mettre autour de la table ».

Mais au-delà des financements publics, le responsable appelle aussi à une mobilisation des personnes privées. Les fondations et structures sociales et solidaires sont également invités à s’attabler.

Une réhabilitation d’envergure

Le projet architectural, présenté par Guillaume Beccaria de l’agence d’architecte Land, prévoit en attendant une modernisation profonde du lieu. « En dehors des travaux de remises aux normes de sécurité et aux normes PMR de 2015, le bâtiment n’a pas été rénové depuis 1950 », précise Dro Kilndjian.

Si la façade d’origine, datant du 17e siècle, sera conservée, plusieurs transformations majeures sont prévues. Restructuration des deux étages jusqu’ici condamnés en raison de leur vétusté, création d’un studio de répétition, d’une salle de résidence pour les artistes, d’un toit terrasse d’une capacité de 100 personnes, reconfiguration de la salle de spectacle.

Des travaux qui permettront de loger et accueillir des artistes et d’augmenter le nombre de spectacles et concerts. La future salle de spectacle pourra en effet s’adapter à deux formats. Une configuration assise de 180 places, comme aujourd’hui, et une configuration debout pouvant accueillir 300 personnes. Une modularité pensée pour les concerts, influencée par le financement des travaux à hauteur de 500 000 euros du Centre National de la Musique.

Une activité maintenue mais réduite pendant les travaux

L’activité du théâtre ne cessera pas complètement pendant les travaux, rassure l’équipe du théâtre. S’agissant de la programmation artistique, cette dernière, forcément réduite, se tiendra « hors les murs » dans différents lieux culturels marseillais. Les activités sociales du théâtre seront, elles, partiellement relocalisées à la régie du quartier.

En revanche, l’équipe du théâtre sera fortement impactée : sur les sept personnes travaillant à temps plein aujourd’hui, seule deux ou trois postes seront maintenus pendant les travaux. A l’horizon 2028, l’objectif sera d’embaucher 10 à 12 personnes pour faire vivre ce lieu ouvert tous les jours de 9 heures à 2 heures du matin. Mais cela dépendra du financement qu’arrivera à trouver aujourd’hui le théâtre.

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