Installée dans le tiers-lieu l’Épopée, QuelleCrèche lance sa plateforme digitale pour informer les parents sur les solutions de garde. La start-up les accompagne pour trouver un berceau dans le privé.
Trouver une place en crèche peut être comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Les jeunes parents, souvent mal informés et débordés, peinent à s’y retrouver entre l’offre de crèches publiques, associatives ou privées, et les assistantes maternelles.
Mais ils butent aussi contre une dure réalité : la pénurie de places dans les structures. Selon les chiffres du ministère des Solidarités en 2024, « une famille sur deux qui veut une place en crèche n’en a pas », rappelle Souheïl Ben Elfekih, cofondateur de la start-up QuelleCrèche, installée au sein du tiers-lieu inclusif l’Épopée (14e).
Ce dernier a donc lancé une plateforme digitale, développée par la start-up de l’Épopée DEV-ID, afin d’informer les familles sur les aides (CAF, aides au mode de garde…) et sur l’offre disponible autour de chez eux. « Ce nouvel outil digital permet d’envoyer directement son dossier aux différentes crèches souhaitées pour simplifier et accélérer les démarches », assure le cofondateur.
Crèches privées
Cette solution ne concerne que les crèches privées car la demande en crèche publique ou associative s’effectue sur le site Superminot de la Ville de Marseille dès le cinquième mois de grossesse. Les commissions d’attributions des nouveaux-nés se réuniront fin avril pour sélectionner les dossiers.
Orienter vers les crèches privées indépendantes
Concrètement, les parents peuvent remplir un formulaire de pré-inscription sur leur situation financière, maritale et géographique. Ensuite, les crèches reçoivent les dossiers et peuvent recontacter directement les principaux intéressés pour organiser les visites en direct via l’application.
QuelleCrèche oriente ses clients vers des crèches privées indépendantes moins connues par les parents. « Dans le privé, il y a un oligopole des crèches avec quatre grands groupes (People&Baby, Babilou, Les Petits Chaperons Rouges et la Maison Bleue, Ndlr) qui dominent le marché, représentant 40% de l’offre. Nous, nous fléchons nos clients vers les 60% de crèches indépendantes restantes », affirme Souheïl Ben Elfekih.
La start-up ne se rémunère qu’en cas de succès. De leur côté, les parents ont deux choix. D’une part, si l’entreprise participe au coût de la garde, le foyer aura un reste à charge de 600 euros en moyenne. D’autre part, les parents qui sont indépendants ou salariés ne bénéficiant par d’aides, alors ils pourront payer jusqu’au double de cette somme.
Le fort développement des micro-crèches
Le prix d’une crèche publique et d’une crèche privée aidée par la CAF et l’employeur peuvent ainsi représenter sensiblement le même effort financier pour les familles. Sans aide, notamment pour les micro-crèches (jusqu’à 12 minots) qui fleurissent ces dernières années, cela peut coûter jusqu’à 1 850 euros/mois.
Or, « 90% des nouvelles places sont créées par le privé depuis 10 ans avec une forte dominante des micro-crèches », souligne Souheïl. En France, ces 25 dernières années, le privé a créé 133 000 places de crèches contre 60 000 dans le public.
Selon le spécialiste, la machine du public s’enraye à cause des coûts de fonctionnement, de la rareté et du coût élevé du foncier en ville, mais aussi d’un manque de personnel formé. Alors que « les micro-crèches privées ont pu se développer avec des personnels moins qualifiés », pointe l’entrepreneur.
En septembre 2026, le décret du gouvernement pour aligner les normes entre le public et le privé doit entrer en application avec « au moins un diplômé d’Etat obligatoire dans chaque équipe » qui ne pourra s’occuper que de trois enfants seul alors qu’avant un CAP petite enfance suffisait.