Officiellement lancé en décembre dernier par Emmanuel Macron, le chantier de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur est déjà visible par les voyageurs entre Marseille et Nice. Sa phase 1 doit se terminer en 2030, avant d’accueillir les Jeux d’hiver.
Ce 7 avril, la conférence de presse annuelle de la SNCF Gares & Connexions et de la SNCF Réseau était l’occasion de faire un point d’étape sur l’avancée de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA) : le « chantier du siècle » de la Région Sud, officiellement lancé par le président de la République en décembre dernier.
La LNPCA doit permettre de doubler le nombre de trains et d’usagers d’ici 2035 sur des lignes de la région, mais aussi de fluidifier l’accès aux épreuves des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver dans les Alpes françaises début 2030. Les premiers travaux concrets de la phase 1, estimés à 1,2 milliard d’euros, ont ainsi démarré courant 2025.
Les premiers travaux sur la gare Saint-Charles
À commencer par les abords de la gare Marseille Saint-Charles avec la construction du bâtiment de la Cour des Pierres, rue Bénédit, livré en juin. Le parking associé pour les activités tertiaires de la SNCF entrera ensuite en chantier de juillet jusqu’à octobre.
« Sur le site des Abeilles, le plateau ferroviaire est également en train d’être libéré avec des démolitions depuis janvier », affirme Karim Touati, directeur régional de SNCF Réseau. Cette dernière y déposera des voies et caténaires (pour acheminer l’électricité) à partir de juin, puis commencera le terrassement en octobre.
Au sein même de la gare, les locaux SNCF situés au-dessus des voies de G à M vont aussi être réhabilités à partir de septembre. L’objectif, à terme, est de créer une gare souterraine en 2035, connectée à tous les transports, notamment le futur tramway de la Belle-de-Mai qui devrait être opérationnel en 2030.
Création de la gare Nice Aéroport
À 200 kilomètres de Marseille, « les travaux sur la gare Saint-Augustin (actuelle gare de Nice, Ndlr) ont été lancés fin 2025 », rappelle également Karim Touati. L’ex-maire de la ville, Christian Estrosi, et le président de la Région Sud, Renaud Muselier, ont inauguré ce chantier en juin dernier.
La future gare, baptisée Nice Aéroport, vise à devenir la « première gare bioclimatique d’Europe » par sa conception. Elle offrira 1 500 m2 de commerces et de services aux voyageurs et près de 500 places de vélos et 400 places de parking y seront créées.
D’ici 2030, Nice Aéroport devrait ainsi relier le train aux transports en commun pour desservir la Métropole niçoise, mais aussi améliorer l’accès aux deux tramway vers l’aéroport, le premier de France hors de la capitale, renforçant ainsi les connexions locales, nationales et internationales.
Quid de l’avancée des RER Métropolitains ?
Jean-Pierre Serrus, vice-président aux Transports de la Région Sud, affirme que « les infrastructures de la LNPCA vont servir en partie au développement des SERM à Marseille et Nice ».
Lancé par le gouvernement fin 2023, le déploiement des Services express régionaux métropolitains (SERM), qui doit doter dix grandes agglomérations de RER régionaux, en se basant sur le modèle parisien, se fait désirer sur le territoire. L’élu concède qu’un « flou » demeure sur les financements et le calendrier des quatre projets labellisés dans la région en 2024 (Avignon, Aix-Marseille-Provence, Toulon et Nice Côte d’Azur).
Le maire de La Roque-d’Anthéron, réélu en mars dernier, assure que les élections municipales n’ont pas aidé à accélérer ces projets. « Mais je suis optimiste (…) Cela se fera, confie-t-il. Le tout c’est de savoir quand ».
