Selon nos informations, le tribunal des affaires économiques de Marseille a sélectionné l’offre d’Amoniss (Chevignon, Pimkie…) pour reprendre l’enseigne de doudounes ultracolorées JOTT. Le repreneur s’est engagé à reprendre plus d’une centaine d’emplois.
Jott (Just over the top) a enfin trouvé son repreneur. Le tribunal des activités économiques de Marseille a choisi, ce 13 avril, le dossier d’Amoniss pour reprendre l’enseigne marseillaise de doudounes multicolores, détenue par le fonds d’investissement L Catterton.
Ce groupe, dirigé par Salih Halassi, est une société d’investissement basée dans la région lilloise, à Villeneuve-d’Ascq. Elle possède déjà plusieurs marques comme Chevignon, Pimkie (reprise en 2023 à la famille Mulliez) ou Christine Laure.
Son offre de rachat est de trois millions d’euros. Dix millions d’euros seront également investis pour relancer la machine. Le groupe nordiste vise à reprendre 27 points de vente sur 40, et 70% des salariés sur les 240 en fonction dans les boutiques et au siège social marseillais.
Cette proposition avait déjà recueilli la majorité des votes des parties prenantes de ce dossier, dont l’administrateur, le mandataire judiciaire et le président du tribunal, lors de l’audience du 27 mars durant laquelle une dizaine d’offres avaient été étudiées.
Le dossier des salariés écarté
Cependant, les deux CSE de JOTT, l’AGS (Association pour la Gestion du régime de Garantie des créances des Salariés) et la Cepac (partie prenante du projet qui gage les produits phares) avaient voté pour le projet « MARS » porté par trois actuels cadres de l’entreprise, Marine-Prune Chauvin, responsable des opérations, Mathilde Picard, responsable retail, Olivier Esposito, directeur des ventes, et Nicolas Gourdikian, l’un des deux fondateurs de JOTT en 2010.
Leur offre proposait un montant de rachat moindre que son concurrent (900 000 euros) et souhaitait reprendre moins de salariés (70 sur 240) ainsi que moins de boutiques (15) afin de « repartir sur des bases solides ». Les associés prévoyaient toutefois quatre millions d’euros d’investissements supplémentaires après la reprise.
Cette offre moins alléchante sur le papier avait néanmoins remporté le soutien de « 80% des salariés de JOTT », assure Marine-Prune Chauvin. Les collaborateurs avaient même écrit au tribunal des affaires économiques pour faire pencher la balance. En vain.
Une mobilisation du secteur de la mode
Ayant eu écho de cette manoeuvre, le président de la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence (CCIAMP), Jean-Luc Chauvin, et la figure syndicale patronale Jocelyn Meire, s’étaient également mobilisés en dernière minute pour soutenir l’offre « MARS » revendiquant son ancrage marseillais.
Selon Marine-Prune Chauvin, cette offre ne sera pas en capacité de conserver le siège social rue François Arago (5e) à terme, « trop grand et trop coûteux » alors que celui-ci avait été refait à neuf en 2021, lors de la reprise par le fonds L Catterton.
De son côté, Jocelyn Meire reste optimiste vis-à-vis de cette décision. « Mode in Sud abordera cette nouvelle étape avec un esprit d’ouverture, mais aussi avec exigence. La réussite de ce projet passera par sa capacité à s’inscrire durablement dans son territoire d’origine, à préserver l’unité de la marque et à dialoguer avec les acteurs qui en constituent l’environnement naturel », assure le président de Mode in Sud.
