Zenior, plateforme digitale pour trouver un hébergement adapté aux personnes âgées en perte d’autonomie, se déploie à Marseille depuis début 2026 avec déjà une centaine de partenaires.
À Marseille, 10% de la population a plus de 75 ans. C’est à partir de cet âge, bien souvent, que les seniors commencent à ne plus pouvoir (ou vouloir) vivre seuls chez eux, sans accompagnement. Commence alors un vrai parcours du combattant pour les familles qui jonglent entre un sentiment d’urgence et de culpabilité.
Confrontés à la perte d’autonomie de leurs proches, Alix Zeitlin, Rodolphe Gougaud et Antoine Bonin ont fondé la plateforme Zenior en 2024 à Paris, avant de l’implanter à Marseille début février. Cet outil innovant gratuit permet de trouver un hébergement ou une aide à domicile, adaptés aux besoins d’une personne âgée.
Ce sont les partenaires qui financent cette solution, dont une centaine déjà à Marseille, que ce soit les Ehpad, résidences seniors ou habitats partagés, via une commission fixe. « Ils nous reversent tous la même somme pour éviter que l’on privilégie une solution plutôt qu’une autre », assure Alix.
Réduire le temps pour les familles et les soignants
Zenior promet ainsi de répondre à deux problématiques. D’abord celle de l’urgence dans laquelle les familles se retrouvent plongées lorsqu’un proche ne peut plus réintégrer son logement, à la sortie de l’hôpital. « On divise par quatre le temps de recherche, ce qui correspond en moyenne à deux semaines au lieu de deux mois », assure la dirigeante.
Hors contrainte de temps, Zenior propose également un suivi avec des experts sur le terrain pour trouver l’établissement le plus adapté. L’objectif est de préparer au mieux le placement, voire même de l’anticiper, afin de ne pas atterrir systématiquement en Ehpad, souvent le dernier recours onéreux (en moyenne 3 000 euros/mois).
En ce sens, les cofondateurs orientent aussi les familles vers des solutions alternatives. Ces dernières années, les résidences seniors, logements non médicalisés, et les habitats partagés, logements de 8 à 10 seniors avec des parties communes « se développent bien », note Alix. Elles peuvent cependant être aussi coûteuses.
Des bureaux dans un Ehpad
C’est pourquoi, Zenior a développé le premier simulateur d’aides connecté à chaque dispositifs des Départements pour aider les familles à compléter le financement. « On estime qu’une personne sur deux ne demande pas ces aides qui sont pourtant nombreuses », prévient Alix.
La start-up améliore aussi constamment sa solution au contact des principaux intéressés. Les dirigeants ont installé leur bureau parisien dans l’Ehpad des Jardins de Montmartre au pied du Sacré-Coeur et le bureau marseillais dans une résidence senior du sud de la ville.
Novatrice dans la vieillesse, la start-up qui tente de résorber la « crise de confiance » vis-à-vis du secteur depuis le scandale Orpea, a levé 1,5 million d’euros en 2025 pour recruter 12 salariés dont Alexandre, nouvelle recrue à Marseille.
Attaquer l’Europe en 2028
Après la Provence, la jeune pousse entend se déployer en Auvergne-Rhône-Alpes, dans l’ouest et dans le nord de la France avec pour objectif de devenir « le Doctolib du bien vieillir » à l’échelle nationale.
La start-up souhaite ensuite attaquer le marché européen à partir de 2028, à commencer par l’Espagne, l’Italie, la Belgique, les Pays Bas et l’Allemagne, où les solutions alternatives pour mieux vieillir en communauté se développent fortement.