De l’annonce des premières estimations à 20h30 jusqu’aux résultats définitifs au cœur de la nuit, Marseille a vécu une soirée électorale intense, marquée par une victoire nette de la gauche et une poussée inédite du Rassemblement national.
Entre soulagements, scènes de liesse, regrets et déceptions, nos journalistes ont suivi heure par heure les coulisses d’un scrutin municipal qui place Benoît Payan (DVG) en tête, devant Franck Allisio (RN) et Martine Vassal (DVD).
20h30 : Les premières estimations tombent
Dans les permanences comme dans les rédactions, les regards sont suspendus aux écrans. À 20h30, les premières estimations donnent le ton : le maire sortant Benoît Payan est largement en tête, crédité de 54% à 56% des voix. Une avance nette, qui tranche avec l’incertitude du premier tour.
21h30 : Martine Vassal renonce à la Métropole
À mesure que les remontées de terrain s’affinent, l’écart se confirme. Le maire sortant, longtemps critiqué pour ne pas avoir été élu directement en 2020, est en passe de gagner cette fois sur son nom.
De son côté, la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, largement distancée prend la parole depuis son QG de campagne. Elle annonce qu’elle ne se représentera pas à la présidence de la Métropole Aix-Marseille-Provence.
22h : Le RN acte une progression historique
Dans le camp de l’extrême droite, l’ambiance est plus contrastée. Franck Allisio reconnaît la défaite, tout en revendiquant un « score historique » pour le Rassemblement national. Avec plus de 40% des voix, son parti atteint un niveau inédit à Marseille.
Le constat est lucide : la victoire échappe, mais l’ancrage politique se renforce. Le RN est en passe de s’imposer dans deux secteurs de l’Est de la ville et s’installe durablement dans le paysage local.
22h30 : Payan revendique la victoire
Au QG de campagne sur la Canebière, Benoît Payan prend la parole devant les journalistes. Derrière lui, une équipe soudée et visiblement soulagée. « Marseille a montré son plus beau visage face au Rassemblement national » revendique le maire sortant.
La victoire est présentée comme collective, mais elle marque aussi une étape personnelle : pour la première fois, l’élu est directement choisi par les Marseillais.
00h : Un feu d’artifice éclate sur le Vieux-Port
Sur le Vieux-Port, un feu d’artifice éclate devant l’hôtel de ville. Fumigènes, chants de supporters, embrassades : le Printemps marseillais peut enfin savourer sa victoire.
00h : Le rassemblement de la gauche
Au milieu de la foule compacte, Benoît Payan apparaît, entouré de figures clés de son camp. Michèle Rubirola, qui lui avait cédé le fauteuil de maire en 2020, l’enlace longuement. Samia Ghali réélue à la mairie de 15-16 est là aussi, tout comme Amine Kessaci, le jeune militant écologiste engagé contre le narcotrafic, désormais élu conseiller municipal.
01h : Une recomposition politique nette
Les résultats par secteur confirment une recomposition profonde. La gauche remporte six secteurs sur huit, dont le 13-14, longtemps disputé. Le RN s’impose dans les quartiers Est, tandis que la droite perd l’ensemble de ses bastions. La carte de Marseille se redessine.
> La carte interactive des résultats par secteurs ici
02h15 : Les résultats définitifs tombent
La victoire est nette pour Benoît Payan. En voix, la gauche progresse fortement, atteignant plus de 163 000 suffrages. Une dynamique portée par les reports de voix et une participation en hausse, phénomène rare à Marseille.
> Tous les résultats définitifs à Marseille et par secteurs ici
03h : Une majorité absolue pour la gauche au conseil municipal
Au conseil municipal, la majorité est totale pour la gauche : 73 sièges pour le Printemps marseillais, contre 36 pour le RN et seulement 4 pour la droite.
> L’hémicycle interactif et les noms de tous les conseillers municipaux ici
03h30 : Les équilibres métropolitains en question
Alors que la nuit s’étire, les discussions se déplacent déjà vers un autre enjeu : la Métropole Aix-Marseille-Provence. L’hémicycle s’annonce fragmenté, sans majorité claire.
La gauche progresse nettement, mais devra composer. La droite recule fortement, tandis que le RN confirme sa percée. Martine Vassal, affaiblie, a annoncé plus tôt dans la soirée qu’elle ne briguerait pas la présidence. À Marseille, la bataille municipale est terminée. Mais une autre commence, plus discrète, faite de négociations et d’alliances.
