Le Cabinet Naudin et le groupe Socotec ont présenté ce jeudi au Palais de la Bourse à Marseille les défis du diagnostic structurel obligatoire, qui doit venir renforcer la sécurité des immeubles et la prévention des risques.

Depuis les effondrements tragiques de la rue d’Aubagne en 2018, la question de la sécurité du bâti ancien reste centrale à Marseille. Un nouveau dispositif, le diagnostic structurel obligatoire (DSO), pourrait bientôt s’imposer dans certaines zones de la ville afin de mieux prévenir les risques.

Présenté ce jeudi lors d’une masterclass au Palais de la Bourse animée par le Cabinet Naudin et le groupe Socotec, ce diagnostic vise à mieux surveiller l’état des immeubles et anticiper les travaux nécessaires.

Des mesures déjà conséquentes pour les copropriétés

En France, les copropriétés sont déjà soumises à de nombreux diagnostics : amiante, plomb, termites ou encore diagnostic de performance énergétique (DPE) collectif. Leur objectif est d’informer les copropriétaires sur l’état du bâtiment et de les aider à anticiper les travaux nécessaires.

Au total, plusieurs contrôles et audits peuvent être exigés dans une copropriété, auxquels s’ajoutent désormais des outils de planification comme le plan pluriannuel de travaux. Pourtant, selon les professionnels du secteur, ces dispositifs ne permettent pas toujours d’identifier les fragilités structurelles des immeubles, notamment dans les centres-villes anciens.

« Pendant des décennies, certains immeubles n’ont tout simplement pas fait l’objet de l’entretien nécessaire », rappelle Maître Benjamin Naudin, avocat en droit immobilier, lors de la conférence.

Un diagnostic pour analyser la structure des immeubles

Le diagnostic structurel obligatoire vise précisément à combler cette lacune. Il consiste à examiner l’état global de la structure d’un bâtiment : fissures, affaissement des planchers, humidité dans les caves, vieillissement des matériaux ou encore modifications structurelles réalisées au fil du temps.

Pour les ingénieurs du groupe Socotec, ces pathologies sont fréquentes dans le bâti ancien. Elles peuvent résulter de la vétusté des matériaux, d’infiltrations d’eau, de transformations intérieures (comme la suppression de murs porteurs pour créer de grands espaces) ou encore de changements dans l’usage des logements.

L’enjeu est d’identifier ces signes de fragilité suffisamment tôt pour éviter qu’ils ne conduisent à des situations critiques.

Marseille en première ligne

La réglementation permet désormais aux maires de définir des zones dans lesquelles ce diagnostic devient obligatoire. À Marseille, une grande partie du centre-ville pourrait être concernée, où les immeubles anciens sont particulièrement nombreux.

Pour les syndics et les copropriétés, cette nouvelle obligation représente un outil de prévention supplémentaire, mais aussi un défi. Car identifier les problèmes structurels implique souvent d’engager des travaux parfois coûteux.

Dans un parc immobilier où certaines copropriétés sont déjà fragilisées financièrement, la question de l’accompagnement des propriétaires et de la capacité à financer ces travaux sera centrale.

Bouton retour en haut de la page