La campagne électorale pose la question de la suppression des trottinettes électriques en libre-service à Marseille. Dans le même temps, les opérateurs annoncent des records d’utilisation pour défendre l’utilité de ce mode de transport.

À l’approche des élections municipales, les trottinettes électriques en libre-service ont fait irruption dans la campagne à Marseille. Sujet de controverse depuis leur arrivée en 2019 dans la ville, tous les candidats se sont saisis de la question ces dernières semaines. Certains veulent les supprimer (Benoît Payan), d’autres les réguler (Martine Vassal et Sébastien Delogu) ou créer un référendum local (Erwan Davoux et Franck Allisio), comme le résume notre article.

Car, à Marseille, les trottinettes électriques font débat. Beaucoup critiquent leur dangerosité dans la circulation et leur nuisance dans l’espace public, malgré des améliorations ces dernières années. Elles représentent aussi « un désastre environnemental » pour les associations écolos qui en repêchent par centaines dans la mer et le Vieux-Port chaque année. Leurs batteries lithium-ion pourraient polluer « jusqu’à 10 millions de litres d’eau ».

De l’autre côté, les élus de la Ville continuent depuis sept ans d’autoriser les opérateurs à les déployer. Car, dans une ville sous-dotée en transports en commun, les trottinettes représentent « une mobilité décarbonée en alternative à la voiture. Une compensation des transports en commun qui ne sont pas au niveau », nous répondait il y a quelques mois Marie Batoux, l’adjointe mobilité au maire Benoît Payan.

trottinettes, Record d’utilisation des trottinettes à Marseille, malgré une campagne électorale défavorable, Made in Marseille
Des trottinettes repêchées dans le Vieux-Port en 2025.

« 210 000 trajets en un mois, c’est du jamais-vu »

C’est sur cet argument qu’insistent les deux opérateurs privés, Lime et Voi, menacés de départ par Benoît Payan. Ils présentent des chiffres édifiants pour défendre le succès et l’utilité des 3 000 trottinettes électriques qu’ils proposent à Marseille.

En février 2026, « nous avons connu le record historique d’utilisation à Marseille, avec 210 000 trajets en un mois, c’est du jamais-vu », estime le service communication de Voi, qui déploie 1 500 engins dans la ville. « C’est +50% par rapport à février 2025, alors qu’on était déjà en constante augmentation les dernières années ».

Un succès dont Voi tire ses conclusions : « ce moyen de transport est devenu incontournable pour de nombreux marseillais, pour aller au travail, à la fac. Et très complémentaire avec les autres moyens de transports ».

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Son concurrent local, Lime, avance aussi des chiffres impressionnants. « Entre 2024 et 2026, le volume de trajets a été multiplié par 2,5. Soit une augmentation de 150% ». Ce dernier considère que la trottinette électrique « demeure le mode de déplacement privilégié pour circuler sans émission de CO2 à Marseille ».

À voir si ces arguments convaincront la future majorité municipale de Marseille. Et si l’autorisation de déployer leur flotte jusqu’en 2027 sera prolongée ou non.

Les trottinettes, un sujet plus électoral qu’il en a l’air ? 

Si les trottinettes sont plébiscitées à Marseille, comme le prétendent les opérateurs, il semble que ce soit surtout par les jeunes étudiants ou actifs : « 70% des usagers l’utilisent pour leurs trajets domicile-travail/études », selon Lime. Une catégorie d’âge qui vote moins. Alors que les plus âgés, qui se rendent davantage aux urnes, voyagent moins souvent en deux-roues électriques.

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