L’économie des TPE-PME en région ne décroche pas brutalement mais continue de glisser selon le baromètre Image PME publié par le conseil régional de l’Ordre des experts-comptables pour le 4e trimestre 2025. Une éclaircie pourrait toutefois apparaître avec la fin des PGE en 2026.

Sur l’ensemble de l’année 2025, le chiffre d’affaires des TPE-PME régionales recule de 1,3%, après un dernier trimestre plus nettement orienté à la baisse (-2,6% par rapport au 4e trimestre 2024). Une trajectoire proche de celle observée en 2024, mais qui confirme l’installation d’une croissance atone.

« On est sur une décroissance un peu molle, avec des chiffres très proches de l’an dernier », résume Nicolas Férand, président du conseil régional de l’Ordre des experts-comptables.

Une région en retrait au niveau national

Dans le classement national, la région sort du groupe des territoires les plus en difficulté, sans pour autant se rapprocher de la moyenne française (-0,5% en 2025). « On est sortis du podium des derniers, mais on reste en retrait », constate Nicolas Férand.

Les situations restent contrastées selon les départements : les Hautes-Alpes résistent mieux que le reste de la région, tandis que le Vaucluse et les Alpes-Maritimes enregistrent des reculs plus marqués au dernier trimestre.

Construction, immobilier et HCR sous pression

Plusieurs secteurs structurants de l’économie régionale expliquent cette fragilité persistante. La construction affiche une baisse de 3,9% sur l’année, pénalisée par le ralentissement de l’immobilier et un contexte politique jugé peu lisible par les chefs d’entreprise.

« L’instabilité politique a pesé très clairement, en particulier sur l’immobilier », analyse le président de l’Ordre, évoquant un attentisme renforcé par les échéances électorales à venir : les municipales en mars 2026, puis les présidentielles en 2027.

Le secteur CHR (cafés-hôtellerie-restauration) apparaît comme l’un des plus touchés. La restauration traditionnelle recule de près de 10% au 4e trimestre au niveau régional, tandis que les débits de boissons poursuivent leur repli, sur fond d’évolution des habitudes de consommation. « Les Français consomment moins d’alcool, les entreprises vont moins au restaurant, on prend moins son café en terrasse », résume Nicolas Férand.

Marseille : des signaux d’alerte marqués

À l’échelle des grandes villes, le baromètre met en lumière des fragilités spécifiques. À Marseille, le chiffre d’affaires des TPE-PME progresse légèrement sur l’ensemble de 2025 (+1,6 %), mais chute de 4% au 4e trimestre.

Certains secteurs interpellent particulièrement. La boulangerie-pâtisserie enregistre un recul de 8% au 4e trimestre. Ce ralentissement est encore plus fort pour l’hôtellerie et l’hébergement sur la même période de 21%, contre une baisse de 9% sur l’année.

Des chiffres qui contrastent avec le taux de remplissage annoncé de certains équipements événementiels. « C’est ce type d’écart qui appelle à réfléchir », souligne Nicolas Férand, rappelant que le baromètre ne capte pas toute l’activité, notamment celle des micro-entrepreneurs.

Trésorerie : un espoir à court terme

Dans ce paysage morose pour l’économie, un facteur pourrait néanmoins desserrer l’étau financier en 2026 : la fin progressive des premiers remboursements de prêts garantis par l’Etat (PGE).

« Les échéances qui arrivent à terme au printemps vont donner une bouffée d’oxygène à la trésorerie des entreprises », estime le président de l’Ordre. Selon lui, cette respiration pourrait permettre d’assainir les dettes fournisseurs en 2026, avant, espère-t-il, un retour de l’investissement productif en 2027.

Un baromètre aussi politique

À l’approche des élections municipales, l’Ordre régional prévoit de diffuser ces données aux candidats des grandes villes de la région. Objectif affiché : objectiver les débats économiques locaux à partir d’indicateurs issus du terrain.

« J’ai le sentiment que les entreprises se sont adaptées à ce faux rythme mou », conclut Nicolas Férand. Pour 2026, il anticipe une poursuite de cette croissance ralentie, tout en misant sur la résilience du tissu entrepreneurial régional. Un optimisme prudent, à l’image d’une économie qui avance, mais sans élan.

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