Déjà au cœur des débats aux municipales de 2020, le projet de rocade boulevard Urbain Sud, est encore au centre de la campagne en 2026. Le résultat de l’élection décidera de sa poursuite. Alors comment se positionnent les candidats ?
Le boulevard Urbain Sud, c’était déjà le sujet d’accroche entre les candidats de droite et de gauche à Marseille lors des municipales de 2020. La Métropole Aix-Marseille-Provence, présidée par Martine Vassal (divers droite), avait lancé ce prolongement de la rocade L2 (A507) : une quatre voies pour traverser les quartiers Sud jusqu’à la Pointe Rouge.
Pensé pour « désenclaver, requalifier, favoriser toutes les mobilités » et « désengorger la circulation automobile des quartiers Sud et Est », le projet estimé à 300 millions d’euros au total, s’est toutefois heurté à une contestation citoyenne et politique. La gauche et les écologistes jugeant notamment qu’il s’agissait d’une idée « d’un autre siècle », un « aspirateur à voitures », qui au passage impacterait divers espaces verts (jardins de la Mathilde, jardins familiaux Joseph Aiguier, pinède du Roy d’Espagne…).
En bleu, le tronçon réalisé, en rouge, la phase en projet, contestée. En vert, le Boulevard Urbain Vert.
Le premier tronçon, entre l’échangeur Florian et le Cabot a été inauguré l’été 2020. Mais la victoire du Printemps marseillais quelques mois plus tôt a mis un coup d’arrêt à la poursuite du projet sur les deux tranches suivantes. Concernant la dernière, entre le Roy d’Espagne et la Pointe Rouge, la Métropole et la Ville se sont mises d’accord sur une voie verte pour vélos et piétons.
Mais concernant le tronçon central, devant poursuivre le boulevard après le Cabot jusqu’au Roy d’Espagne, la bataille politique, administrative et juridique s’est poursuivie durant tout le mandat. Le résultat des municipales 2026 pourrait bien trancher définitivement cette question. Voici donc la position des candidats sur le sujet.
Martine Vassal lancera le chantier « le lendemain matin de l’élection »
Fervente défenseure du projet qu’elle porte depuis des années, en le considérant comme essentiel au désenclavement des populations du Sud marseillais, la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, se prononce naturellement pour la poursuite du chantier jusqu’au Roy d’Espagne.
Si elle est élue, « je le lance le lendemain matin de l’élection », nous affirme-t-elle lors de sa grande interview. Et ce, qu’il s’agisse du « deuxième tronçon et du troisième : le boulevard urbain vert ».
Franck Allisio et Erwan Davoux veulent aussi prolonger le boulevard
Malgré ses nombreuses critiques contre Martine Vassal, qui en ferait presque l’objet de sa candidature, Erwan Davoux, candidat sans étiquette aux côtés de Nora Preziosi, souhaite également poursuivre le boulevard vers le littoral Sud. « Je suis pour. J’ai habité à la Pointe-Rouge en arrivant à Marseille. J’ai pu constater à quel point c’était agréable hors saison, mais aussi les problèmes (de circulation, Ndlr) pendant l’été ».
La tête de liste du Rassemblement national, Franck Allisio, est aussi favorable à la poursuite de la rocade Sud. Avec une nuance de taille toutefois : « Je le termine à Mazargues », et non au Roy d’Espagne. « Il faut qu’elle arrive sur une voie qui peut absorber le flux et je pense que c’est le boulevard Michelet ». Pour arriver jusque là, il envisage un tracé « en souterrain. Un tunnel pour préserver au-dessus les jardins partagés et la végétation ».
Du Printemps marseillais à la France insoumise, c’est non
Sans surprise, à gauche de l’échiquier politique, les deux candidats se prononcent contre la poursuite du boulevard Urbain Sud. À la tête du Printemps marseillais, qui compte dans ses rangs parmi les plus ardents opposants historiques au boulevard Urbain Sud, Benoît Payan (divers gauche) compte revoir le projet. « Parce que nous refusons de poursuivre cet urbanisme d’un autre siècle, nous concerterons les citoyens au sujet de l’avenir du Boulevard Urbain Sud. Pour définir ensemble des alternatives à ce projet destructeur d’espaces de vie et de nature », précise son programme de campagne.
De son côté, le candidat de la France insoumise, Sébastien Delogu, se positionne fermement contre la poursuite du projet. « Le deuxième tronçon, non. Moi, je suis contre. Je me suis mobilisé auprès de la population, qui est dans une opposition formelle à ce projet. Je me mobiliserai pour en finir avec cela. C’est une catastrophe écologique », nous affirme-t-il dans sa grande interview.
Rendez-vous en mars, alors que le résultat des municipales à Marseille déterminera l’avenir de ce projet.
