Lauréate du plan France 2030 pour sa technologie d’avenir, la start-up Syroco veut accélérer la transition énergétique du transport maritime en visant 10% de la flotte mondiale de gros navires d’ici quatre ans.
C’est une étape supplémentaire pour Syroco. La pépite marseillaise a reçu un soutien de 1,1 million d’euros de l’Ademe, via le plan France 2030, pour accélérer la recherche et le développement de sa plateforme de routage « live next gen » sur le salon Euromaritime, début février.
Son logiciel vise à optimiser les routes maritimes en tenant compte des conditions météo et des caractéristiques techniques des navires comme le mode de propulsion. « Mais elle s’adapte aussi aux pratiques des compagnies et des comportements des marins grâce à l’intelligence artificielle », affirme Yves de Montcheuil, cofondateur.
Avec la somme de France 2030, la société veut recruter des chercheurs et ingénieurs pour « la rendre encore plus puissante ». L’objectif est ainsi de passer de 10% à 15% d’émissions de C02 évitées chez ses clients.
7,5 millions d’euros levés fin 2024
Installée chez 150 clients depuis 2023, la plateforme de Syroco s’adapte à plusieurs types de navires de plus de 100 mètres de long, comme les ferries, bateaux de croisières et porte-conteneurs, qui accostent notamment en Méditerranée, notamment dans le Grand port maritime de Marseille-Fos.
Fin 2024, une levée 7,5 millions d’euros fin 2024 a déjà permis à Syroco de se développer. La start-up a pivoté en laissant de côté son prototype, un speed craft qui devait être capable d’atteindre 150 km/h par la seule force du vent, pour se concentrer sur sa plateforme de routage.
Cette somme importante a permis à Syroco de recruter pour commercialiser son logiciel. Mais aussi d’ouvrir quatre filiales en Europe : en Allemagne, Grèce, Angleterre et Norvège.
Capter 10% du marché en 2030
Syroco emploie donc aujourd’hui 40 personnes, majoritairement à Marseille, rue neuve Sainte-Catherine, derrière le Vieux-Port. Les débuts de 2019, dans l’atelier de l’anse du Pharo semblent loin, avec les quatre associés Yves de Montcheuil, Florent Boutellier, Olivier Taillard et Alex Caizergues, champion du monde de kitesurf.
D’ici 2030, la jeune société espère ainsi toucher 10% de son marché potentiel, « soit 5 000 navires sur 50 000 dans le monde », se projette Yves de Montcheuil. Cet objectif devrait permettre d’accélérer la transition énergétique du transport maritime, responsable de 3% des émissions de carbone dans le monde.