Lancée par la Ligue contre le cancer et la Région Sud, une camionnette aménagée partira à la rencontre des habitants dès le 6 mars, à Gardanne, pour discuter et prévenir du cancer.
En 2025, plus de 30% des Français vivent dans un territoire classé comme désert médical. Ce 3 février, veille de la journée mondiale contre le cancer, la Ligue contre le cancer et la Région Sud, mettent en route une camionnette pour sillonner les petits villages provençaux pour rencontrer la population éloignée des soins, à commencer par la place du marché de Gardanne le 6 mars.
Le véhicule floqué « au Fil de la ligue », violet et rose poudré, est tout aménagé. Les canapés en velours bleus, aux couleurs de la Ligue, veulent renforcer le sentiment de confort des habitants. Chacun doit se sentir à son aise de venir prendre un café, assister à un cours d’autopalpation des seins, discuter avec une psychologue ou un interne en médecine.
Certains patients peuvent aussi être accueillis, en cours de convalescence, pour apprendre à se dessiner les sourcils ou se faire les ongles, souvent très abîmés après des traitements lourds de chimiothérapie, avec une onco-esthéticienne. Cette patricienne les aide à reprendre confiance en eux en soignant leur apparence physique.
Un financement par la générosité des dons
Ce dispositif, porté par la Ligue contre le cancer au niveau national, est majoritairement financé par des dons, à l’image de la Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône, dotée d’un budget de près d’un million d’euros, financé à 80% par des dons et 20% par les collectivités.
La Région Sud abonde donc une partie de ce dispositif itinérant, inscrit dans le 2e plan cancer régional qui mobilise 40 millions d’euros entre 2022 et 2027 pour renforcer la prévention, le dépistage, l’accompagnement des malades, la recherche et l’innovation.
En effet, ce plan répond à un besoin sanitaire urgent. « 12 000 personnes en France décèdent du cancer chaque année. Ça représente 27% des décès dans notre région », rappelle Renaud Muselier, président de la Région Sud.
Un mauvais dépistage en région
Près d’un tiers des décès du territoire sont donc liés au cancer, en faisant la première cause de mortalité en Provence-Alpes-Côte d’Azur selon l’Agence régionale de santé (ARS). Et ce, « malgré nos grandes capacités », déplore Renaud Muselier.
Il se réfère au niveau des hôpitaux, universités, mais aussi de la recherche avec des instituts de pointe comme l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) à Marseille qui innove depuis 100 ans et l’innovation avec des biotech comme ImCheck Therapeutics qui met au point un traitement prometteur en immunothérapie.
Ces mauvais résultats sont principalement dus au « manque de dépistage précoce des tumeurs », estime l’élu régional, ancien médecin. La Région Sud, constituée à 60% de territoires ruraux, est ainsi touchée de plein fouet par les déserts médicaux, et donc par une population moins bien dépistée, et moins bien soignée.
En avril prochain, la Région Sud lancera également une « Mammomobile » pour réaliser des mammographies en direct pour les femmes âgées de plus de 50 ans, éloignées des centres de radiologie. Ce dispositif novateur, déjà mis en place en Occitanie, pourrait inspirer d’autres régions.