Cohabs, spécialiste du coliving belge, débarque à Marseille pour transformer 20 maisons du centre-ville en résidences partagées d’ici fin 2028. Un investissement chiffré à plus de 120 millions d’euros.

Cohabs, spécialiste de l’aménagement de résidences en coliving fondé en Belgique, a jeté son dévolu sur Marseille fin 2024. « On s’est développé dans les capitales, Bruxelles, Paris, Londres, Milan. Mais Marseille avait un vrai potentiel en tant que ville ouverte sur la Méditerranée », assure Théophile Gérard, city manager de Marseille.

En 2025, la start-up a d’abord acheté deux maisons dans le 4e arrondissement : une première à La Blancarde de 15 chambres et une deuxième aux Chartreux de 20 chambres. Début 2026, Cohabs livre sa troisième résidence de 468 m2 avec 26 chambres au Cinq Avenues (5e), à proximité du parc Lonchamp.

Mais l’entreprise ne compte pas s’arrêter en chemin. Fin 2026, elle devrait proposer sept maisons en coliving, dont la prochaine est annoncée au Camas. « C’est une grande maison aux trois fenêtres marseillais avec un jardin », annonce Théophile Gérard qui recrute trois collaborateurs dans les prochains mois pour soutenir la croissance.

Ouverture au Camas, à la Plaine puis Castellane

Dans un an, Cohabs aura donc investit « 43 millions d’euros » dans les rues de Marseille « en rénovant des maisons vides ou squattées ». Car son métier, en plus d’être gestionnaire d’actifs immobiliers, est de sourcer et rénover des bâtiments avec des partenaires et le designer belge Lionel Jadot.

Toutes les résidences ont donc la même pâte : des grands espaces communs aux couleurs chaudes, une salle de sport design, un jardin et une quinzaine de chambres, plus ou moins grandes.

Cohabs cherche donc en permanence des maisons à racheter dans le centre-ville de Marseille, accessibles en métro. Mais cette méthode a un coût important. « Nous avons la capacité d’investir », rappelle Théophile Gauthier. La start-up séduit en effet les investisseurs.

En 2019, elle a levé 15 millions d’euros, puis 58 millions en 2021 et 100 millions en 2022. Puis, jackpot, en 2024 elle signe un tour de table à 130 millions. Au total, Cohabs a levé plus de 300 millions d’euros pour son développement en France, Espagne, Italie et Angleterre, à New-York et Washington.

coliving, Cette start-up belge va ouvrir 20 résidences en coliving dans le centre de Marseille d’ici 2028, Made in Marseille
© Cohabs

Des loyers en moyenne à 780 euros par mois

Un investissement qu’elle rentabilisera sur le long terme avec un service premium et donc des loyers élevés. « En moyenne, les résidents payent 780 euros par mois », précise Théophile Gauthier. Mais cela peut aller jusqu’à 1100 euros par mois aux Chartreux.

L’entreprise justifie ces loyers, plus élevés que le parc locatif privé, car ils proposent des services inclus « premium » comme l’électricité, le ménage hebdomadaire, le Wifi, un jardin, et une salle de sport qui représentent 20% du prix.

Cette offre s’adresse donc à des étudiants, parfois. Mais le plus souvent à des jeunes actifs nomades CSP+ en quête d’expériences et de réseau. À Marseille, la moyenne d’âge est ainsi « plus élevée qu’ailleurs » soit 30-31 ans, alors que dans les autres villes, elle tourne plutôt autour de 27-28 ans.

Le coliving dans le viseur de certaines villes

D’ici 2028, Cohabs ambitionne de proposer à Marseille « 20 résidences ou plus », soit 500 chambres en coliving, représentant un investissement global de plus de 120 millions d’euros sur quatre ans. De quoi répondre à la demande. « Il y a des listes d’attente », affirme le gestionnaire marseillais.

Sa forte croissance n’est pas similaire dans toutes les villes. La Ville de Paris, par exemple, souhaite encadrer la pratique du coliving qui « contourne l’encadrement des loyers », affirment les élus. Une délibération a été adoptée dans la capitale en octobre dernier afin de réguler cette nouvelle pratique immobilière.

Dans le texte, un appel est lancé aux villes touchées par le même phénomène. Lyon et Montreuil ont ainsi sauté le pas. Mais à Marseille, l’encadrement des loyers est encore en suspens. La Ville a souhaité rejoindre l’expérimentation fin 2022 mais attend toujours le décret du ministre du logement pour l’appliquer.

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