AtmoSud, observatoire de la qualité de l’air en région, constate de grandes tendances encourageantes sur la qualité de l’air à Marseille. Mais il reste du chemin pour agir sur la pollution routière et maritime.
AtmoSud est optimiste pour son bilan de 2025. Si l’observatoire de la qualité de l’air ne publiera que début mars ses données consolidées, il constate « une tendance globale d’une baisse très significative des polluants depuis le début des années 2000 ».
Ces polluants dans l’air sont de deux types : les particules fines (PM2,5) rejetées par le chauffage au bois et le dioxyde d’azote (NOx) rejeté par les transports routiers, maritimes ou l’industrie. Entre 2000 et 2025, le dioxyde d’azote atmosphérique a été divisé par deux.
Cependant, la concentration de ces polluants dans l’air reste plus élevée que les normes fixées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « 100% des Marseillais vivent encore au-dessus des standards », souligne Damien Piga, responsable des relations extérieures et de l’innovation chez AtmoSud.
Le transport routier, un axe central
Pour continuer de progresser sur la question, l’Europe a revu les seuils de l’OMS en ajoutant un objectif intermédiaire. Selon ce nouveau standard, plus de 38% des Marseillais respirent un air au-dessus des concentrations de pollution. « Ce sont surtout les habitants proches des grands axes routiers comme la L2 et dans l’hypercentre ville », précise l’expert.
« Les plus fortes concentrations à Marseille correspondaient au périmètre de la ZFE », reprend ce dernier. AtmoSud a ainsi constaté une évolution avec la suppression de la circulation des véhicules Crit’Air 4 et 5 dans la région.
Prenant note de ces bons résultats, la Métropole Aix-Marseille-Provence avait choisi de repousser la suppression des véhicules Crit’Air 3 (les voitures diesel de plus de 14 ans et à essence de plus de 19 ans) dans cette zone en 2024, comme le permettait le gouvernement.
Ce rétropédalage est aussi national car les députés débattent actuellement de la suppression des ZFE. Mais, de son côté, AtmoSud reste persuadé de la pertinence de cette loi puisque 45% de la pollution urbaine correspond aux émissions des transports routiers, et plus particulièrement, des voitures individuelles.
Sans oublier le maritime
Le transport maritime n’est pas non plus à sous-estimer. À Marseille, il représente 37% de la pollution de l’air. AtmoSud surveille, depuis plus de six mois, les émissions des bateaux à quai avec une station installée vers Mourepiane. La part évitée des émissions, grâce à l’électrification des quais, est de 5% du total des émission.
« Les résultats sont encore mineurs puisque seuls les ferries sont raccordés à l’électricité, affirme Damien Piga. Mais cela doit s’amplifier d’ici 2030 ». Pour rappel, le Grand port maritime de Marseille-Fos (GPMM) doit raccorder trois paquebots de croisière en 2026.
L’urgence reste néanmoins de verdir le trafic routier pour atteindre les objectifs. « Les polluants s’accrochent directement au sol ce qui entraîne une pollution beaucoup plus concentrée que les rejets des bateaux », note le spécialiste.
Technologie, pédagogie… Quelles solutions ?
AtmoSud rappelle que « les constructeurs automobiles ont progressé », permettant aux nouveaux véhicules d’être moins polluants grâce aux filtres des pots d’échappement. « Il y a plus de véhicules en circulation et moins de pollution, rappelle Damien Piga. Mais la technologie a des limites ».
Ce dernier rappelle ainsi qu’il faut « poursuivre les efforts » afin d’obtenir plus de « mixité entre les transports » notamment en développant les transports en commun et la place du vélo en ville.
Limiter le chauffage au bois est également un des leviers pour réduire la pollution atmosphérique, car il reste beaucoup d’imbrûlés dans les conduits de cheminée. « Il faut encore faire beaucoup de pédagogie pour déconstruire cette pratique ancestrale », note Damien. AtmoSud a encore de quoi agir.