Stéphane Benhamou, président du Medef Sud, se veut optimiste pour la croissance des entreprises locales en 2026. Mais il alerte l’État sur la situation de la jeunesse et somme les pouvoirs publics d’investir, notamment en relançant les aides à l’apprentissage.

Depuis le 29e étage de la tour La Marseillaise, vue plongeante sur le Grand port maritime de Marseille et la tour CMA CGM, le président du Medef Sud, Stéphane Benhamou, organise un point sur la situation économique régionale. Le patron des patrons est plutôt « optimiste », car « la région s’en sort mieux qu’ailleurs ».

Malgré un contexte national marqué par une instabilité politique durable, et un budget 2026 voté au forceps par Sébastien Lecornu, le chef d’entreprise varois veut croire « que les entrepreneurs vont redresser le pays ».

C’est pourquoi, comme son homologue de l’UPE 13 Philippe Korcia, qui souhaite lancer un pacte de confiance avec les candidats des municipales, Stéphane Benhamou revendique « une co-construction nécessaire » entre les chefs d’entreprises et les futurs maires pour fabriquer l’avenir économique des territoires.

Relancer les aides aux contrats d’apprentissage

Une des priorités du Medef, en France et en région, est de se pencher sur le berceau de la jeunesse « dont la situation s’est fortement dégradée ». Ce dernier rappelle que 1,4 million de jeunes sont des « NEET » c’est-à-dire « Ni en emploi, ni en études, ni en formation » (ndlr, « Not in Education, Employment or Training »).

Le chef d’entreprise, à la tête du groupe PACA Participations, fait donc un lien avec la suppression des aides à l’embauche des apprentis. « On flingue l’accompagnement alors que l’apprentissage est la voie royale d’intégration en entreprise, confie le patron. Cela renvoie le signal négatif que l’ascenseur social est en panne ».

Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), plus de 60 000 emplois salariés du secteur privé ont été détruits entre juin et septembre 2025, dont « environ deux tiers » sont liés à la baisse des contrats d’apprentissage.

Faire de la jeunesse « une grande cause nationale »

Lors du Forum des entrepreneurs de l’UPE 13 à l’Orange Vélodrome le 15 octobre dernier, le président national du Medef, Patrick Martin, avait d’ailleurs lancé un appel pour la jeunesse afin qu’elle redevienne « une grande cause nationale » avec une feuille de route de 13 propositions.

Parmi ces ambitions, on retrouve en effet la pérennisation du financement des contrats en apprentissage. Mais aussi un « choc de l’orientation » avec des immersions régulières en entreprise de la classe de 5e à la terminale et, a contrario, une immersion des professeurs pour comprendre les enjeux des entreprises.

Les patrons demandent aussi de reprioriser les mathématiques, alors que la révolution de l’IA est en marche dans le monde, et que le niveau de calcul est en baisse. « 17% des collégiens ne maîtrisent pas les bases des maths », relève Stéphane Benhamou.

Reconstruire la pyramide de Maslow des jeunes

En revanche, si les jeunes ne peuvent ni se loger ni manger correctement, ils éprouveront des difficultés à étudier et à trouver un emploi stable. Les représentants du Medef en appellent donc aussi aux pouvoirs publics pour les aider. « La jeunesse n’est pas une dépense mais un investissement », souligne le président régional.

Lors de ses vœux début janvier, Éric Berton, président d’Aix Marseille Université (amU), s’est réengagé à aider ses étudiants en produisant du logement accessible sur le foncier disponible et en développant les épiceries solidaires sur tous les campus.

En parallèle, le budget 2026 prévoit aussi l’augmentation de la prime d’activité de 50 euros par mois, soit 600 euros par an dès 2026. Il concernera trois millions de ménages, dont une grande partie de jeunes en emploi.

Mais, paradoxalement, le Medef Sud se positionne contre cette mesure chiffrée à deux milliards d’euros pour les finances publiques. « On laisse filer les déficits et on nourrit une forme d’assistanat », lâche Stéphane Benhamou. « C‘est à l’entreprise d’augmenter les salaires », ajoute-t-il. À condition que l’État baisse les charges patronales.

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