Sébastien Delogu et ses têtes de liste ont dévoilé ce 15 janvier le programme de la France Insoumise pour les élections municipales à Marseille, avec treize priorités et 380 mesures pour le logement, les transports, l’écologie et les services publics.

La France Insoumise veut peser dans les élections municipales partout en France, et mise beaucoup sur Marseille. Crédité de 14% des intentions de vote au premier tour dans le dernier sondage publié par La Marseillaise/Ipsos cette semaine, le député des quartiers Nord Sébastien Delogu veut surfer sur les bons résultats de son parti dans la cité phocéenne aux dernières élections législatives de 2024, et peut compter sur l’électoral populaire des quartiers prioritaires de la ville.

Sébastien Delogu est aujourd’hui le premier des candidats en lice à dévoiler la quasi intégralité de son programme. En face, ses adversaires ont commencé à égrener des premières propositions comme Benoît Payan (DVG) qui veut supprimer les trottinettes en libre-service d’ici deux ans, doubler les effectifs de la police municipale ou rendre gratuite la cantine pour 15 000 enfants. Et Martine Vassal (DVD) qui souhaite doubler les places en crèche, lancer un plan Charlemagne pour les écoles, déployer des caméras de vidéo-surveillance et créer une BAC municipale.

Treize priorités pour Marseille

Treize priorités pour Marseille. C’est autour de cette colonne vertébrale que La France insoumise a présenté son programme municipal, porté par le député de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône et candidat à la mairie centrale, Sébastien Delogu, entouré de têtes de liste et de militants.

Un petit livret distribué fait office de condensé du programme Insoumis, qui compte au total près de 380 mesures. Élaboré à l’issue de 200 auditions menées avec des habitants, militants, chercheurs et associations, le projet intitulé Marseille fière et populaire est structuré en quatre grands chapitres.

Il revendique une rupture avec la politique municipale actuelle, avec l’ambition de « faire de Marseille une ville plus juste, plus solidaire et plus apaisée, à l’avant-garde de la lutte contre le dérèglement climatique », explique Sébastien Delogu en préambule. Avec un premier chapitre axé autour de la démocratie, plaçant notamment la démocratie au coeur de son premier axe.

lfi, Sébastien Delogu (LFI) dévoile les priorités de son programme pour les municipales, Made in Marseille

Suppression de la Métropole Aix-Marseille-Provence

Premier pilier du programme : la démocratie. « Notre objectif, c’est la révolution citoyenne, c’est-à-dire faire rentrer le peuple dans les institutions pour qu’il puisse défendre directement ses intérêts », résume le candidat. LFI défend notamment l’élargissement des droits démocratiques et une gouvernance qui repose davantage sur les comités de quartier et les associations, en particulier sur les questions d’urbanisme, de logement et d’écologie.

Dans cette logique, le mouvement désire aussi reprendre en main certaines compétences de la Métropole Aix-Marseille-Provence comme la voirie, la propreté ou les transports. Le député Insoumis a d’ailleurs déposé en décembre dernier une proposition de loi pour supprimer la Métropole dans sa forme actuelle.

« Nous ne sommes pas pour la suppression de l’intercommunalité, mais pour la fin de la Métropole telle qu’elle existe aujourd’hui dans son statut dérogatoire », précise Maxime Champion, militant, insistant sur le maintien des services et des agents.

Une brigade municipale contre le mal-logement

Le deuxième chapitre s’attaque aux inégalités d’accès aux besoins fondamentaux. « Une partie des habitants vit au quotidien des situations épuisantes, qui sont aussi la source des tensions qui traversent la ville », souligne Paola Hartpence, co-cheffe de file de LFI à Marseille.

Dans « l’une des villes les plus ségréguées de France », le logement apparaît comme un enjeu central. « À Marseille, le logement est devenu une source de profit », dénonce Paola Hartpence, en évoquant la spéculation, les locations touristiques et les marchands de sommeil. Le programme prévoit la production de 30 000 logements supplémentaires, notamment par la rénovation et la réquisition de logements vacants.

Parmi les mesures mises en avant, la création d’une brigade municipale contre le mal-logement, chargée d’intervenir de manière préventive sur le terrain en s’appuyant sur des outils juridiques existants. Une action que la liste souhaite compléter par un renforcement plus large des services publics de proximité.

Sur la sécurité, LFI défend ainsi un modèle de police municipale de proximité, ancrée dans les quartiers et tournée vers la prévention, « au-delà d’une logique d’effectifs », martèle Mohamed Bensaada, tête de liste dans les 13e et 14e arrondissements.

Une université des métiers de la mer

Le volet dédié à la transition écologique, présenté par Sébastien Barles (Vaï), tête de liste du 1er secteur, met en avant la création d’une université des métiers de la mer destinée à former aux filières maritimes et aux énergies marines. « Notre port est une richesse, mais il faut aller davantage vers les énergies marines », souligne l’actuel adjoint au maire à la transition écologique.

Le programme mise sur la re-municipalisation des cantines scolaires et le développement de l’agriculture urbaine. La liste souhaite également rompre avec le croisiérisme, instaurer un moratoire sur les data centers et soutenir une économie relocalisée et circulaire, fondée sur le réemploi et les filières low-tech.

Un plan de lutte contre la précarité énergétique fait aussi partie des priorités, alors que 100 000 personnes vivraient dans des passoires thermiques. LFI défend par ailleurs la formation aux métiers de la transition écologique et la création d’une régie publique de l’eau, avec une tarification progressive et la gratuité des premiers mètres cubes.

Quant aux transports, ils doivent être renforcés avec des lignes de bus et de tramway « multipliées par deux », avec la création notamment du tramway des Collines entre l’Hôpital Nord et La Valentine et celle d’un « vrai RER métropolitain ».

lfi, Sébastien Delogu (LFI) dévoile les priorités de son programme pour les municipales, Made in Marseille
Sébastien Barles

Un observatoire municipal des discriminations

Le dernier chapitre est consacré à la lutte contre les discriminations et au soutien à la jeunesse. « Nous voulons une ville où chaque Marseillais se sent à sa place », affirme la militante Sihem Irouche. La liste propose la création d’un observatoire municipal des discriminations, chargé de mieux mesurer et prévenir les discriminations, et d’accompagner les victimes via une permanence juridique.

LFI défend également l’expérimentation de récépissés lors des contrôles d’identité, la gratuité des transports pour les moins de 26 ans, ainsi que des aides renforcées pour les jeunes et les familles monoparentales, avec un accès facilité aux services municipaux.

Pour financer ces mesures, le mouvement mise sur des financements européens et nationaux, notamment la dotation globale de fonctionnement. L’intégralité des propositions, leur calendrier et leurs modalités de financement sont détaillés sur le site de la campagne. Les têtes de liste se présentant pour chaque secteur devraient être officiellement annoncées dans les jours à venir.

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