Après le succès de la rétrospective de Baya à la Vieille Charité en 2023, le musée Cantini lui consacre une exposition jusqu’au 20 avril. La municipalité souhaite faire de ses musées une référence dans l’étude de l’artiste algérienne, plutôt méconnue du grand public.
« Le monde est en train de s’apercevoir de l’apport massif de Baya dans l’histoire de l’art », estime le maire de Marseille, Benoît Payan, devant une gouache de l’artiste algérienne. Exposée une première fois en 1982 au musée Cantini à Marseille, 28 sculptures et peintures franchissent de nouveau les portes de l’établissement municipal jusqu’au 20 avril.
Les trois gouaches au fond de la salle appartenaient déjà au musée Cantini. Quand, en décembre 2024, la Ville a complété ses collections avec une céramique de Baya, Animal fantastique aux deux femmes (voir image ci-dessous). Mais l’essentiel de ce nouvel accrochage provient d’un dépôt d’une famille qui souhaite rester anonyme.
« Nous avons associé des gouaches des années 1945-47 aux gouaches plus tardives des années 1960 en relief avec les sculptures dont on ne connaît pas la date. Car il reste beaucoup à découvrir sur ses œuvres », explique Louise Madinier, conservatrice du musée. Pour autant, certains motifs comme des végétaux, instruments de musique et oiseaux, reviennent inlassablement dans ses créations.
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Baya, une artiste admirée
Le musée Cantini met aussi en valeur une œuvre importante, consacrée à la mère de l’artiste décédée alors qu’elle avait neuf ans. Dans cette première salle, on peut aussi découvrir, sous une vitrine, une photo de 1982 quand le maire de l’époque, Gaston Defferre, et le président François Mitterrand, ont inauguré l’exposition aux côtés de Baya.
Née en 1931 en Algérie, Fatma Haddad a choisi le pseudonyme Baya dès son plus jeune âge. Repérée dès 16 ans, elle est alors exposée dans la très célèbre galerie Maeght à Paris en 1947. André Breton, père du surréalisme, Jean Dubuffet, ou encore l’écrivain Albert Camus, lui vouent ensuite beaucoup d’admiration.
S’ils tentent de la définir comme appartenant à l’art surréaliste, brut ou naïf, Baya « se laisse très difficilement classer car elle a une trajectoire singulière », décrit la conservatrice. Mais elle a marqué son temps et reste l’une des artistes algériennes les plus importantes de la deuxième moitié du XXe siècle.
Faire des musées de Marseille une référence dans l’étude de l’artiste
C’est pourquoi les musées de Marseille lui avaient consacré une grande rétrospective au centre de la Vieille Charité en 2023. Cette exposition avait d’ailleurs rencontré un franc succès avec plus de 155 000 visiteurs. Si bien que la Ville avait prolongé l’exposition de deux mois.
Avec cette nouvelle exposition, la municipalité souhaite s’inscrire sur le temps long, dans la recherche et la valorisation de l’art de l’artiste. Et ainsi faire des musées de Marseille « le lieu de référence pour la préservation, l’étude et la valorisation de Baya en Europe ».