Hébergement social, restaurant solidaire, animation culturelle… Coco Velten innove dans l’action solidaire à impact depuis 2019 à Belsunce. La structure ne sait pas encore si l’État prolongera le bail qui arrive à échéance, mais envisage toutes les pistes pour poursuivre l’expérience.

Ils sont dans l’attente d’une réponse des services de l’État, via la Préfecture des Bouches-du-Rhône, pour savoir s’ils continueront ou non leurs activités après le 31 décembre 2021. “Ils”, ce sont les résidents, associations, travailleurs sociaux et culturels, qui oeuvrent au quotidien à Coco Velten. Ce projet social innovant aux airs de collocation géante est en expérimentation à Belsunce, en centre-ville de Marseille, depuis 2019. Il se développe autour d’une “résidence hôtelière à vocation sociale” de 80 places, gérée par le groupe Sos Solidarités.

En accueillant également une quarantaine de structures à impact social, sous la houlette de l’association Plateau Urbain, et le restaurant à vocation solidaire la Cantine, le site ouvert depuis début 2019 crée un véritable écosystème d’insertion pour les publics les plus fragiles. Sans-abri, femmes victimes de violences conjugales, jeunes isolés, résidents de bidonvilles… La dynamique du lieu bénéficie directement aux hébergés de la résidence sociale, en transition vers un logement et une situation pérennes.

« Ce sont souvent des personnes très éloignées de l’emploi, rappelle Elsa Buet, de la structure Yes We Camp, spécialisée dans l’animation d’espaces publics inoccupés, qui supervise Coco Velten. Certaines personnes trouvent du travail au restaurant, d’autres s’occupent des espaces communs de la résidence », donne-t-elle en exemple. 141 personnes ont été accueillies depuis 2019, nous précise le groupe Sos Solidarités, dont deux tiers de familles avec enfants. 60 % des personnes qui sont sorties du dispositif ont « accédé à un logement durable, 22 personnes ont retrouvé un emploi et une vingtaine d’enfants ont repris le chemin de l’école ».


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Jouer les prolongations

Des éléments qui poussent les animateurs du lieu à vouloir prolonger l’expérience, même si le « deal » initial prévoyait une occupation temporaire du site de trois ans. « La crise sanitaire a amputé une partie de cette expérimentation », ajoute Marie Riondel, du groupe SOS Solidarités.

Au lancement du projet, il était question que la Ville de Marseille rachète ce bâtiment inoccupé à l’État. Cette option semble aujourd’hui écartée nous indique-t-on du côté des animateurs de Coco Velten, qui anticipent d’ores-et-déjà un départ le 31 décembre. « Personne ne se retrouvera à la rue, rassure Marie Riondel, mais les trois structures (Yes we camp, groupe Sos et Plateau urbain) sont sur la même lignée : prolonger l’expérience ». D’autant qu’à mi parcours, celle-ci a déjà démontré sa pertinence, grâce à des initiatives collectives et créatives.

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Si l’État avait consenti à autoriser cette occupation temporaire exceptionnelle, c’était notamment pour son caractère éphémère. Sur du long terme, une telle opération doit faire l’objet à minima « d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) », reconnaît Elsa Buet, de Yes we camp. D’autres structures doivent en effet pouvoir équitablement prétendre à bénéficier du bâtiment public. « Nous n’avons rien contre cette procédure. Mais elle prend du temps. Nous espérons bénéficier d’une prolongation exceptionnelle d’un an si c’est le cas, afin que le bâtiment ne reste pas inutilisé ».

Vers un rachat citoyen ?

Mais l’État pourrait également opter pour la vente de son bien. Auquel cas, « on pourrait réfléchir à un rachat citoyen, poursuit Elsa Buet. C’est une hypothèse que nous avons déjà évoquée ».

Différentes routes peuvent mener à la poursuite de l’expérience Coco Velten, mais la visibilité reste faible à moins de trois mois de l’échéance. À la publication de cet article, la Préfecture des Bouches-du-Rhône n’avait pas encore répondu à nos sollicitations concernant la décision de l’État, ni la date à laquelle elle sera donnée.

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La Halle de Coco Velten, en décembre 2019. © Yes We Camp.
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