Au large de Marseille, une bouée de mesure océanographique a été testée durant un mois pour mesurer en temps réel des paramètres physiques, chimiques et biologiques permettant, entre autres, de déterminer l’impact de l’homme sur le littoral. Ecologique et économique, la solution a déjà conquis des clients norvégiens et irlandais.

Une bouée de mesure océanographique mesurant près de 6 mètres de haut a été testée durant 1 mois au phare de Planier, au large de Marseille. Appelée DB 24 000 EOL ((Environnement Observable sur le Littoral), elle a été créée par la société aixoise Mobilis, spécialisée dans la conception d’équipements d’aide à la navigation en partenariat avec le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) de Villefranche-sur-Mer.

Cette bouée XXL de 24 m3 relève en continu les paramètres de l’eau afin d’augmenter les connaissances scientifiques sur le sujet et de pouvoir, entre autres, déterminer l’impact de l’homme sur le littoral. « La phase d’essai de la bouée a rencontré un succès inattendu. Nous n’avions même pas fini de dessiner la première que des commandes avaient été passées pour deux autres », nous confie Louis Juniet, directeur adjoint de Mobilis.

La DB 24 000 EOL investira donc bientôt le marché international avec un client en Norvège et un deuxième en Irlande.

, Des Aixois lancent une bouée connectée pour mesurer l’impact de l’homme sur le littoral, Made in Marseille
© Mobilis

Une autonomie énergétique et des mesures allant jusqu’à 100 mètres de profondeur

Ce succès s’explique par la technologie utilisée par la société Mobilis, élaborée avec l’ingénieur de recherche à l’Institut de la Mer de Villefranche (IMEV), Jean-Michel Grisoni. En effet, la bouée de mesure océanographique est équipée de panneaux solaires, d’éoliennes et d’une pile à combustible, la rendant autonome énergétiquement. Grâce à un treuil interne et des capteurs, elle peut mesurer jusqu’à 100 mètres de profondeur des paramètres physiques, chimiques et biologiques comme la conductivité, la température, la pression, la teneur en oxygène, le Ph, la turbidité ou encore la “chlorophylle a” [pigment présent dans les cellules végétales, donnant aux plantes une couleur verte, ndlr].

La bouée réalise 6 mesures par jour qui sont transmises vers la terre grâce à une liaison GSM data. Les données recueillies sont ensuite exploitées pour connaître « le fonctionnement dynamique de l’écosystème et les tendances du milieu côtier, les modifications dues à l’impact des activités humaines et du changement climatique et les décisions à venir sur l’aménagement du littoral », explique Jean-Michel Grisoni dans un article sur le sujet.

Découvrez en image l’installation de la bouée DB 24 000 EOL :

Des matériaux recyclables et un mouillage écologique

Afin de « protéger la faune et la flore des fonds marins, comme les herbiers de Posidonie », la bouée est également équipée d’un système de mouillage écologique empêchant sa chaîne d’endommager le lieu dans lequel il se trouve lors de l’amarrage. Entièrement recyclable, le modèle est conçu à Aix-en-Provence et fabriqué dans l’usine de Mobilis, située à Agen, à partir d’aluminium et de polyéthylène rotomoulé.

La phase d’essai de la bouée DB 24 000 s’est terminée le 26 juillet dernier. Elle a ensuite été récupérée et ramenée au Grand port maritime de Marseille afin de laisser la place à un plus petit modèle, la DB 8 000. Présente depuis 6 ans sur les lieux, elle permet à Mobilis, en collaboration avec le CNRS de Villefranche-sur-Mer, de mesurer la houle ainsi que les données météo de l’île de Planier.

À la rentrée, Mobilis dévoilera d’ailleurs une application mobile proposant ces informations aux plaisanciers. « Elle existe depuis un moment mais nous allons l’ouvrir au plus grand nombre pour pouvoir éprouver des solutions d’accès des données à destination de nos clients français comme étrangers », ajoute Louis Juniet.

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