Un millier de capteurs intelligents ont été installés depuis 2019 sur les avaloirs du réseau d’assainissement du littoral marseillais. Le Seramm (Service d’assainissement Marseille Métropole) va en installer 4 000 supplémentaires d’ici 2022, à des endroits stratégiques de la ville. L’objectif ? Prévenir les risques d’inondations et de déversement des déchets sur les plages et en mer.

Bouteilles en plastique, canettes en aluminium, verre, feuilles… 600 m3 de déchets sont en moyenne récoltés dans les bouches d’égout chaque année. Et certains d’entres eux sont régulièrement retrouvés sur le littoral marseillais. Pour enrayer cette pollution, le Service d’assainissement Marseille Métropole (Seramm), filiale de Suez, continue d’équiper les bouches d’égout du réseau marseillais de 5 000 capteurs d’observation et de surveillance de leur propreté.

« L’avaloir, ou “bouche d’égout”, est le premier exutoire en surface des villes pour recueillir et orienter les eaux de ruissellement vers les canalisations pluviales souterraines et, in fine, vers la mer. Son entretien est un élément-clé de performance du réseau », explique le Seramm dans un communiqué.

La solution utilisée a été conçue par la société marseillaise Greencityzen. Cette dernière a mis au point un capteur à ultrasons ainsi qu’une plateforme digitale de restitution des données. Après l’installation de 50 capteurs à titre expérimental en 2019, le Seramm en avait installé 1 000 supplémentaires en 2020. En 2021, ce seront 2 000 capteurs de plus et encore 2 000 en 2022. Ce projet d’un montant d’environ 1,5 million d’euros sur trois ans est financé par Suez, la Métropole Aix-Marseille-Provence, avec le soutien de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse.

, Des capteurs intelligents installés sur les bouches d’égout pour surveiller la propreté, Made in Marseille
© Yohan Brandt

Prévention des risques d’inondation et de déversement des déchets

Cette expérimentation pilote, utilisant une technologie unique au monde, devrait permettre de prévenir les risques d’inondations, de déversement des déchets sur les plages et en mer, mais aussi d’améliorer le cadre de vie en éliminant les nuisances olfactives. Avec les 5 000 capteurs, il sera aussi possible d’avoir un aperçu en temps réel de l’état du réseau d’assainissement, grâce à une collecte régulière des données.

« Plus de données, plus d’intelligence, plus de digital, c’est se donner les moyens d’atteindre demain des processus d’aide à la décision plus opérationnels et une infrastructure de mieux en mieux gérée avec intelligence et à distance » explique d’ailleurs Manuel Nivet, directeur général du Seramm.

Les avaloirs à équiper de capteurs sont sélectionnés selon des critères précis comme leur exposition en cas d’orages, leur distance du littoral, des cours d’eau marseillais ainsi que des bassins de rétention et la station d’épuration de la ville. La technologie sera installée le long du littoral ainsi qu’à proximité de zones commerciales, touristiques ou encore des sites difficiles d’accès.

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Les capteurs sont installés au-dessus de la fosse de l’avaloir, où ils peuvent évaluer la distance les séparant du fond et, ainsi, le niveau d’encrassement de l’avaloir © Yohan Brandt

Un réseau d’assainissement connecté d’ici 2022

Aujourd’hui, le Service d’assainissement Marseille Métropole réalise 50 000 inspections annuelles des bouches d’égout marseillaises, soit 50 000 déplacements motorisés. En 2022, ce dispositif devrait permettre de diviser ce chiffre par 5, avec 10 000 déplacements.

« A terme, l’exploitation des données permettra de reconnaître les comportements, de modéliser les dynamiques de remplissage et de vidange des avaloirs, des équipements structurels, de détecter les anomalies et d’envisager le curage prédictif », précise le Seramm.

Avec ce projet innovant, il s’emploie à ce que Marseille devienne « la référence nationale et internationale du futur de l’assainissement urbain en zone littorale ». Son objectif est de rendre le territoire exemplaire à l’approche de grands événements internationaux comme le Congrès Mondial de la Nature, en septembre 2021 et l’accueil des épreuves nautiques des Jeux Olympiques 2024. Ce réseau d’assainissement intelligent devrait ensuite être déployé au sein de Suez au niveau national et international sur d’autres grandes métropoles urbaines et littorales.

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Centre de pilotage de l’exploitation installé au Phare depuis 2020, au sein de la station d’épuration Géolide à Marseille © Yohan Brandt
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