Depuis 3 ans, une algue japonaise envahit peu à peu le littoral marseillais. Elle représente un danger pour la biodiversité sous-marine. Pour remédier au problème, la Ville de Marseille va lancer une série d’actions.

Le littoral marseillais et les Calanques sont touchés par la prolifération de l’algue invasive appelée rugulopteryx okamurae. Cette espèce japonaise est visible à la surface de l’eau de certaines plages et de ports marseillais, comme Callelongue ou le Vallon des Auffes. Bien qu’inoffensive pour les baigneurs, sa vitesse de prolifération représente un risque pour la biodiversité.

« On suit sa progression depuis 2019, elle explose cette année. Jusqu’en 2020, elle était cantonnée à Callelongue et Marseilleveyre. Aujourd’hui, il y en a jusqu’à la côte bleue, sur les îles… elle recouvre tous les écosystèmes rocheux, détruit les algues autochtones, c’est problématique pour l’écosystème », met en garde Sandrine Ruitton, chercheuse au Centre d’Océanologie de Marseille.

Parmi les autres effets indésirables de ces algues : elles s’accumulent dans les fonds marins, pouvant aller de 2 à 20 mètres de profondeurs, et se prennent dans les filets des pêcheurs, forcés d’abandonner leurs lieux de pêche. Le mode de reproduction de l’espèce, qui se fait par bouturage [des morceaux de l’algue se détachent pour se reproduire ailleurs, ndlr] la rend également très difficile à éradiquer.

Selon un porte parole du parc national à l’AFP, cette algue de couleur verte « n’est pas toxique ni urticante, mais elle présente un risque sanitaire, car lorsqu’elle s’échoue, elle dégage un gaz, le sulfure d’hydrogène, potentiellement mortel à haute dose ». La métropole Aix-Marseille-Provence, compétente pour le port de Callelongue, assure vouloir « évacuer les algues qui s’amoncellent au fond de l’eau dans quelques endroits encaissés du littoral, en les aspirant », explique le journal Le Point.

« Pour agir sur sa prolifération, il est tout d’abord nécessaire de mieux connaître cette espèce »

Afin de lutter contre cette invasion, la Ville de Marseille prévoit donc d’intensifier les actions de ramassage déjà engagées sur les plages. Elle s’engage également aux côtés d’Aix-Marseille Université pour soutenir les recherches menées sur l’algue rugulopteryx okamurae et mieux connaître les facteurs de sa prolifération.

« A Marseille, nous pouvons compter sur des laboratoires et des chercheurs qualifiés qui travaillent à mieux connaître cette algue. Pour agir sur sa prolifération, il est tout d’abord nécessaire de mieux connaître cette espèce, d’étudier son évolution, et d’évaluer son impact sur la faune et la flore locale », explique Aurélie Biancarelli-Lopes, adjointe au maire en charge de la recherche, de la vie étudiante et de l’enseignement supérieur dans un communiqué.

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