Présents dans 11 cantons sur 29 pour les élections départementales, les candidats de la France insoumise veulent incarner l’alternative à gauche. Au coeur de leur projet : faire respirer la démocratie en replaçant le citoyen au centre des décisions.

Ce sont 11 binômes insoumis qui partent à l’assaut du Département des Bouches-du-Rhône. L’union des gauches ayant échoué pour cette échéance électorale, La France insoumise a décidé de présenter ses candidats dans 11 cantons sur 29 « pour peser pleinement par notre force, par notre combat politique à l’échelon local », explique Bernard Borgialli, candidat sur le premier canton de Marseille.

Une candidature face notamment au binôme Benoît Payan-Sophie Camard, ex-insoumise avec laquelle « les relations sont définitivement rompues ».

Infirmière, travailleur social, cheminot, technicien de laboratoire, médecin, militant syndicaliste, enseignant, gilet jaune… L’objectif était d’avoir des « gens très investis » et non « des associations de logos ». « Des gens du quotidien » qui entendent faire « émerger la gauche populaire, la gauche citoyenne, celle qui se sent méprisée, qui ne se retrouve pas dans les élections, qui ne vient pas voter », poursuit Bernard Borgialli.

« Nous sommes clairement les seuls représentants de la gauche »

Dans une logique de « reconquête populaire de la politique », le parti de Jean-Luc Mélenchon, écarté de l’Union de gauche, écologiste et citoyenne [Ugec qui réunit onze partis, ndlr], se revendique comme étant la véritable alternative à gauche dans cette élection départementale. « On vient de voir qu’au bout d’un an de mise en application des politiques publiques du Printemps marseillais, il y a un vrai désavoeu. Ce n’est pas le contrat que les gens attendaient de la gauche qui essaye d’une certaine manière “d’invisibiliser” la France insoumise ».

Évincée également de la liste de Rassemblement écologiste et social pour les élections régionales. « Nous sommes clairement les seuls représentants de la gauche », ajoute Mohamed Bensaada, candidat sur le 5e canton de Marseille.

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150 mesures élaborées

Pour faire bouger les lignes et ramener les électeurs aux urnes, les candidats portent un programme qui repose sur le triptyque implication citoyenne, bouclier social et sanitaire et bifurcation écologique. 150 mesures ont été élaborées dans ce sens. Résultat d’un travail collectif et d’une consultation citoyenne avec pour socle le « pacte social ».

L’objectif 1 est de remettre le citoyen au centre des décisions ; d’une part en instaurant le Référendum d’initiative citoyenne (RIC), propose Nelly Luksenberg, candidate à Trets, ou encore en luttant contre le cumul des mandats. Sur ce point, les critiques fusent à l’encontre du Printemps marseillais : « Comment impliquer les citoyens quand la gauche trahit ses promesses, un an après l’élection à Marseille ? » s’insurge Katia Yakoubi. La candidate dans le 2e canton de Marseille est remontée contre « les menteurs et cumulards », rappelant au passage la fameuse charte de l’élu [laquelle autorise de postuler à plus de deux mandats, ndlr].

« Ces maires et ces adjoints qui se présentent aujourd’hui n’ont-ils rien d’autre de mieux à faire que de concourir à ces élections départementales alors que Marseille a besoin d’un maire à temps plein ? »

RSA dès 18 ans

Karim Khelfaoui (Marseille 2) développe le volet santé dont le système « nécessite d’être renforcé face aux inégalités ». Parmi les propositions avancées, un retour des Ehpad vers le public ; renforcer la médecine scolaire ; la mise en place d’un réseau de maisons de santé pluridisciplinaires pour mailler le territoire, au sein desquels des professionnels de santé (médecins, infirmiers, kinés) mais aussi travailleurs sociaux offriraient un accompagnement complet aux patients.

Et pour prévenir plutôt que guérir, la mise en oeuvre d’un plan de lutte contre les épidémies. Pour faire du Département un « bouclier social » et lutter contre la précarité étudiante, les insoumis souhaitent un RSA dès 18 ans. Quant à la « bifurcation écologique », axe transversal, elle a vocation à permettre de favoriser l’agriculture paysanne, aider les collectivités dans la gestion publique de l’eau, lutter contre la précarité énergétique et développer les énergies renouvelables, ou encore engager un plan concerté pour l’aménagement de pistes cyclables.

Adversaires, ennemis et gouvernance

Dans cette élection, les principaux adversaires restent « Martine Vassal, la droite et l’extrême droite », auxquelles s’ajoute l’abstention. Avec seulement 11 cantons, même si tous les candidats étaient élus, ils le savent, ils n’auront pas la majorité pour gouverner « mais nous travaillerons avec les gens de bonne volonté, précise Mohamed Bensaada. Nous sommes assez pragmatiques pour composer des majorités qui puissent gérer un exécutif, c’est pourquoi on espère gagner la majorité des cantons pour avoir assez de force pour prétendre imposer un président ou une présidente issue de chez nous. On n’a jamais dit à LFI qu’on ferait les choses seul, ça n’a jamais été le cas ».

Pour eux, qui ne sont ni « dans la recherche d’une hégémonie politique », ni « dans la préemption d’une élection », à l’issue du premier tour, les discussions ne sont pas exclues. « Il y a les adversaires et il y a les ennemis, avec les adversaires, on peut discuter ». Les candidats espèrent la venue de Jean-Luc Mélenchon avant le premier tour du scrutin.

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