La Ville de Marseille a voté hier une baisse de près de 50% de son soutien financier au Club de la Croisière dont l’activité principale consiste à assurer la promotion des croisières. En cause, l’arrêt de l’activité du secteur et d’autres priorités de budget. Une décision qui soulève un vrai débat de fond entre la majorité municipale et les professionnels de la croisière, notamment sur la question de la transition énergétique.

C’est une délibération qui a fait débat dans l’hémicycle municipal ce lundi 21 décembre. Le Club de la Croisière Marseille Provence devait recevoir une subvention d’environ 70 000 euros en 2020, votée par l’ancienne municipalité. Le rapport adopté par les élus prévoit de transformer l’acompte de 30 100 euros, déjà versé, en « solde de la subvention ». L’association ne touchera donc que cela, ainsi que les 20 000 euros d’adhésion de la Ville.

« On maintient donc plus de la moitié de ce que devait verser au total la municipalité [50 000 € contre 90 000 €] », précise Laurent Lhardit, adjoint à l’économie, à l’emploi et au tourisme durable, rapporteur de la délibération. Celle-ci justifie le maintien du soutien financier municipal, revu à la baisse, « considérant la nécessité d’une part de soutenir l’action du Club dans la perspective de reprise mais considérant d’autre part la baisse effective de son activité en 2020 », au regard de la crise sanitaire.

« Vu l’état des finances de la Ville, ils ont d’autres priorités »

Et le nouveau maire de Marseille, Benoît Payan, d’appuyer : « Quand on est allé visiter le Samu social de votre ville, il restait 8 couvertures. Alors verser 100 000 € au Club de la croisière sur une année, ce n’est pas une priorité. Au contraire ».

Il répondait alors à l’interpellation du conseiller du Rassemblement national et capitaine de la Marine marchande, Cédric Dudieuzere. « Pour utiliser un langage un peu plus familier, vous “sucrez une partie de leur subvention”. Dans la forme, vous ne respectez pas les engagements pris par la Ville de Marseille auprès de cette association. Sur le fond, cette décision est tout aussi contestable », dénonçant par la même occasion les « innombrables subventions pour la plupart orientées vers le social et l’assistanat » de la nouvelle majorité municipale. Avant d’ajouter « lorsqu’il s’agit de soutenir les forces vives de notre ville, soutenir les entrepreneurs, ceux qui se battent pour le sort de notre ville et pour créer des emplois, eh bien là manifestement force est de constater que vous n’hésitez pas à tailler dans le lard ».

Pourtant, le président de Club de la croisière, Jean-François Suhas, ne s’effarouche pas de cette délibération « dont on a parlé en amont avec l’adjoint monsieur Lhardit, qui a très bien géré cette affaire. Même si on travaille autant voire plus qu’avant, vu l’état des finances de la ville, ils ont d’autres priorités, et c’est un engagement de la municipalité précédente. Nous ne sommes pas les seuls logés à cette enseigne. Par ailleurs, le principal soutien du Club croisière vient des opérateurs privés ».

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Les « poubelles des mers » contre la « Charte bleue »

Sur l’aspect financier, Jean-François Suhas est donc tout à fait compréhensif. Mais beaucoup moins sur les propos tenus par le maire de Marseille concernant l’activité des croisiéristes dans la Ville : « Comment accepter que des poubelles des mers viennent déverser sur les Marseillaises et les Marseillais des tonnes de NOx [oxyde d’azote] et d’hydrocarbures bon marché, des fonds de cuve… », a déclaré Benoît Payan à l’hémicycle. Précisant que « d’autres métropoles ont pris le parti d’accueillir des bateaux de croisière qui ne polluent pas, soit avec des branchements à quai, soit avec des filtres à particules soit avec des normes de carburant extrêmement élevées ».

« Je suis très surpris de ces propos à caractère presque diffamatoire et mensongers du maire », réagit Jean-François Suhas. D’abord sur la question de la pollution « qui sous-entend que les autorités de contrôle, l’État, la Préfecture maritime… ne font pas leur travail. Je pense que ça traduit surtout une grande méconnaissance du sujet ».

Ensuite, sur la comparaison avec les autres villes et métropoles portuaires. « Encore une fois, il ferait mieux de se renseigner. C’est plutôt l’inverse. Les armateurs font des efforts particuliers à Marseille en comparaison des autres ports. C’est dans ce sens que nous avons signé la Charte Bleue l’année dernière. Le maire n’était pas présent, contrairement à d’autres élus de sa majorité ». Cette charte, créée à l’initiative du Club de la Croisière, promeut le développement du branchement électrique à quai, des navires au GNL, de carburant à 0,1 % de soufre, et la baisse de la vitesse à l’approche du port.


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