Depuis l’annonce du nouveau confinement, les ventes de jouets sexuels ont augmenté pour certaines sociétés spécialisées. Comme le Passage du Désir, dont la cellule digitale est basée dans la cité phocéenne, qui déclare une augmentation de « 322 % des ventes en ligne ». Les Marseillais, eux, semblent conquis par les sextoys.

« Marseille met la pâtée à Paris », sourit Patrick Pruvot, fondateur de la chaîne Passage du désir. Il ne s’agit pas d’un résultat sportif mais des chiffres de ventes en ligne des produits du “love store”. La marque compte une douzaine de boutiques en France, dont une à Marseille, où est basée la cellule digitale de la société. Elle gère les ventes en ligne alors que le siège se trouve dans la capitale.

Comme de nombreux commerces dit “non-essentiels”, le Passage du Désir a été contraint de baisser le rideau, mais l’entreprise ne s’est jamais si bien portée, car les achats sur internet ont littéralement explosé. Et ce avant même que le confinement soit instauré, vendredi 30 octobre. L’annonce d’Emmanuel Macron, deux jours plus tôt, a déclenché une déferlante sur le site. Dès le lendemain, la société enregistrait une augmentation de 185 % de ses commandes en ligne.

« Elles ont encore doublé la semaine suivante », affirme Patrick Pruvot. « Nous atteignons aujourd’hui une augmentation de 322 % des ventes en ligne ». C’est pourquoi l’équipe marseillaise concentre toute l’activité de l’entreprise en ce moment. « Nous vendons plus de produits aujourd’hui malgré la fermeture de toutes nos boutiques ».

, Le nouveau confinement booste les ventes en ligne de jouets sexuels, Made in Marseille

Les Marseillais friands de sex-toys

La chaîne de boutiques ne se présente pas comme un sex-shop, mais comme « un love store ». Il s’agit de « développer le bonheur dans l’intimité qui permet, comme c’est prouvé, un couple plus durable », raconte le fondateur, dont une boutique est installée aux Terrasses du Port à Marseille.

Livres, huiles de massages,  jeux pour couples, bien-être… Des produits qui vont bien au-delà de simples jouets sexuels, alors que ce marché de « cadeaux pour adultes s’est beaucoup démocratisé ces dernières années. Notre activité, c’est de renforcer le bien-être dans le couple, qui passe par la sexualité, mais pas seulement ».

Pour autant, ce sont les jouets sexuels qui rencontrent le plus de succès auprès des Marseillais dans les ventes des dernières semaines. « Les trois produits en tête sur le territoire sont des sex-toys », affirme Patrick Pruvot. En tête : le Womanizer, un vibromasseur clitoridien « sans pénétration ni vibration ». Grâce à sa technologie de propulsion d’air, il aurait « une efficacité sur le plaisir redoutable », selon le professionnel. La marque Womanizer annonçait d’ailleurs en mars, dans le Parisien, « une augmentation des ventes de plus 50 % par rapport à ses prévisions pour 2020 ».

« La masturbation ne rend pas sourd, elle est bonne pour la santé »

Patrick Pruvot estime que les tabous autour de la sexualité tombent chaque année un peu plus, alors que le « bien-être intime se démocratise. La masturbation ne rend pas sourd, elle est bonne pour la santé », lance-t-il avec humour.

Avant d’égrener les bénéfices d’une sexualité active : « la santé sexuelle est un véritable enjeu pour l’OMS [l’organisation mondiale de la santé, ndlr] », assure-t-il. « L’activité sexuelle renforce les défenses immunitaires », ce que rapporte également cet article de Slate. D’autres études mettent en relation la fréquence des orgasmes avec la baisse des cancers de la prostate chez les hommes.

En Suède, l’équivalent de la sécurité sociale rembourse les sex-toys « car elle est gagnante, avec moins d’antidépresseurs vendus », rappelle Patrick Pruvot. « La France, elle, est championne du domaine ». Francine Delerme, docteure membre de la Commission de la Santé à l’origine de cette décision dans le pays nordique précisait en 2018 que « la prescription de sex-toys thérapeutiques se fera essentiellement pour les patients souffrant de déprimes et dépressions, frustrations sexuelles, burn-out et d’autres problèmes psychologiques nécessitant un besoin de détente ».

Le confinement augmente l’activité sexuelle : une idée reçue ?

Si au printemps, de nombreuses rumeurs laissaient envisager un « baby boom post-confinement », les spécialistes semblent présager le contraire. Une étude en particulier vient nuancer largement l’idée d’un épanouissement de la sexualité durant cette période.

Réalisée fin avril par l’Ifop pour la plateforme Charles.co, elle indique que « contrairement à ce que l’on aurait pu penser, le confinement des Français n’a pas favorisé une intensification de leur activité sexuelle dans la mesure où l’on observe une chute significative de celle-ci, aussi bien chez les personnes célibataires, que celles en couple ».

Les conditions de vie imposées par le confinement ont plutôt « créé un niveau d’anxiété, de stress, de trouble du sommeil ou de tension au sein du foyer […] pouvant également avoir un impact négatif sur la libido des Français »., Le nouveau confinement booste les ventes en ligne de jouets sexuels, Made in Marseille

Concernant « l’idée reçue de l’explosion de la vente de sex-toys et la consommation de films pornographiques pendant le confinement » l’étude observe « une réalité plus nuancée ». Seuls 11 % des sondés disent avoir utilisé des jouets sexuels. Les rédacteurs estiment que « la promiscuité constante » avec d’autres personnes durant le confinement « réduit les moments d’intimité pouvant laisser libre court à ces plaisirs solitaires ».

Comment alors expliquer le boom des ventes annoncées par la société Passage du désir ? « Peut-être que le premier confinement a eu un impact plus fort psychologiquement », répond son fondateur. « Une sorte de sidération qui n’a pas eu lieu pour le deuxième, c’est presque rentré dans les mœurs. Les gens prennent un peu plus leur mal en patience, s’organisent, et positivent ».

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