Martine Vassal, actuelle présidente de la Métropole Aix-Marseille Provence a officiellement annoncé sa candidature à sa propre succession, à Pélissanne, entourée entre autres du maire de la commune, des présidents des conseils de territoires du pays d’Aix, salonais, Istres Ouest Provence, et du représentant de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône.

Le cap est donné : « la Métropole des projets » est sur les rails. C’est en tout cas ce qu’entend mettre en place Martine Vassal. C’est à Pélissanne, près de Salon-de-Provence, que la présidente (LR) du Département des Bouches-du-Rhône, a fait le choix d’annoncer officiellement, ce jour, sa candidature à la présidence de la Métropole Aix-Marseille Provence.

L’élection qui doit se tenir demain est l’occasion « de créer une nouvelle gouvernance, un vrai rôle métropolitain, en complément avec le Département et les communes », assure la candidate à sa propre succession.

L’importance des territoires

Élue en septembre 2018 pour succéder à Jean-Claude Gaudin, Martine Vassal dit avoir « essayé » au fil de ses 18 mois d’assouplir ses règles de fonctionnement. « Ça a été très compliqué. Il faut dans ce nouvel exécutif faire une métropole de projets et une métropole stratégique, qui s’occupe bien entendu de tout ce qui est structurant, les transports, la vie économique… », avance-t-elle, en insistant sur la proximité avec les territoires « hétéroclites et multipolaires », qui composent la métropole et « indispensables à la vie quotidienne ».

La co-construction d’une « mégapole » structurante

Pour venir appuyer son propos et démontrer leur unité, dans le cadre de ce nouveau projet, différents présidents des conseils de territoire ont fait le déplacement, à l’instar de Maryse Joissains, maire LR d’Aix-en-Provence.

La présidente du Conseil de territoire du Pays d’Aix a réaffirmé son soutien à Martine Vassal. Les deux femmes, qui se sont rencontrées lundi, sont tombées d’accord pour mettre en place une « mégapole » co-construite autour de projets structurants, et non une « monstropole », telle qu’elle avait été surnommée par la maire d’Aix. « Ce qui est important aujourd’hui c’est la finalité », déclare Maryse Joissains, qui ne compte pas enchaîner les « réuinionites aiguës ».

, Martine Vassal officiellement candidate à sa succession à la présidence de la Métropole, Made in Marseille
De g. à d. François Bernardi, maire d’Istres, Pascal Montecot, maire de Pélissane et représentant le président de l’Union des maires, Maryse Joissains, maire d’Aix-en-Provence, Martine Vassal, candidate à sa succession à la Métropole, Nicolas Isnard, maire de salon-de-Provence, Roland Giberti, maire de Gemenos et président de l’Entente pour l’intérêt des communes de la Métropole.

Visite au Premier ministre

Dès l’élection passée, dont elle ne doute pas de l’issue, elle compte aller voir le Premier ministre, avec les cinq présidents des conseils de territoires « et quelques élus qui ont une expertise » pour discuter du devenir d’Aix-Marseille Provence : « on ne va pas se contenter de belles paroles. La Métropole de Paris explose, c’est bien qu’il y a un problème d’ADN dans toutes les métropoles mises en place ».

Louant les qualités de sa benjamine, elle a toutefois averti que « le vote n’est pas acquis indéfiniment. Je compte sur elle. Nous la porterons vers une métropole qui sera tout à fait différente ». Et prévient. Dans le cas où cette métropole de projets qu’elle appelle de ses vœux peine à exister « le territoire du pays d’Aix cherchera à sortir ».

« Le challenge est important et nous avons obligation de réussite »

Pour Nicolas Isnard, maire (LR) de Salon-de-Provence qui se range derrière la candidate LR, « le challenge est important et nous avons obligation de réussite ». Sa présence ce jour met un point final à toute rumeur autour de sa candidature à la présidence de la Métropole. « Jusqu’à présent, la métropole est considérée par nombre d’entre nous comme une métropole d’obstacles. Nous, on veut qu’elle nous aide à avancer, construire nos projets et nos ambitions pour nos communes ».

Ces revendications – portées par un grand nombre d’édiles – ont été exposées à Martine Vassal, qui « a compris le message », assure le président du conseil de territoire du Pays salonnais. La candidate s’est engagée « à nos côtés pour donner un autre fonctionnement, d’autres perspectives », impulser « un autre chemin pour le territoire et nos communes. À partir du moment où la réponse a été claire, nous faisons confiance à Martine Vassal ». Et il met aussi en garde : « Attention, c’est un gros chantier et il va falloir le réussir ».

Le pari de la proximité et de la concertation

Pour relever le défi, Martine Vassal mise sur la proximité et la concertation. En mars 2019, dans le cadre de l’élaboration d’un programme métropolitain auquel a participé la société civile, il est apparu sans surprise que la Métropole concentre trop de compétences de proximité.

Parallèlement, le projet de fusion Métropole-Département qui a été repoussé, si ce n’est abandonné par le gouvernement, a également permis aux communes de travailler dans le sens d’un projet commun. Une expérience sur laquelle compte Martine Vassal.

Pour l’heure, le retour des compétences aux communes est possible sur la base de conventions de gestion, sur accord du préfet. Une démarche qui a ses limites, mais qui a permis, en attendant une loi de « prouver au président de la République que rendre certaines compétences ça fonctionne. Cela a permis de démontrer que tout faire remonter n’était pas bon », notamment en raison des spécificités du territoire.

L’élue prend pour exemple la gestion de la crise du Covid-19 par le gouvernement. « Il a voulu traiter par le haut de manière jacobine, et c’est là que les collectivités sont arrivées en prenant les choses en main, et nous avons anticipé. C’est exactement pareil. Il faut que les choses se fassent de manière concertée et dans la proximité, pour bâtir ce nouveau schéma métropolitain ».

Un point sur lequel insiste d’ailleurs François Bernardini, maire d’Istres. Il plaide pour « redonner la structuration avec un accompagnement des communes », dit-il « heureux d’entendre que la stratégie se fait au travers d’une gouvernance élargie », en s’appuyant sur les conseils de territoire. « La métropole ne peut réussir que si elle s’appuie sur les piliers que sont les territoires. Je suis ravi de voir que l’esprit de collaboration, de conjugaison, voire de complicité est en marche ».

Aller voir l’Etat aux côtés de Michèle Rubirola

Des propos qui sonnent juste pour Roland Giberti, maire de Gémenos et président de l’Entente pour l’intérêt des communes de la métropole. Un groupe composé de 30 conseillers métropolitains dont 24 maires qui apportent leur soutien à Martine Vassal. Tout comme le président de l’Union des maires de Provence, Georges Cristiani (SE), représenté par le maire de Pélissanne, Pascal Montecot.

Parmi toutes les communes, Marseille est au centre, avec désormais une maire de gauche à sa tête, Michèle Rubirola. Si elle devait être élue demain à la présidence de la Métropole, Martine Vassal n’entend pas changer de ligne de conduite, fidèle à ce qu’elle a mis en place au Département. « Les maires des 119 communes ne sont pas tous de ma sensibilité politique. J’ai toujours travaillé de manière équitable et j’ai toujours eu la reconnaissance du scrutin démocratique », explique-t-elle, soulignant les difficultés de la cité phocéenne. « Les besoins financiers de la ville de Marseille sont importants pour la remettre à flot. J’irai volontiers avec elle [Michèle Rubirola, ndlr] voir l’État ».

Demain, Martine Vassal affrontera au moins deux autres candidats officiellement déclarés : Jean-Pierre Serrus (LREM) et maire de la Roque-d’Anthéron et Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues.


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