Dans ce premier tour des élections municipales, marqué par une forte abstention liée à l’épidémie de coronavirus et des irrégularités dénoncées par les candidats, Michèle Rubirola du Printemps Marseillais crée la surprise. Elle arrive en tête avec 23,44%, talonnée par la candidate LR, Martine Vassal avec 22,32% et Stéphane Ravier (RN) avec 19,45%.

C’était le scrutin de tous les possibles ! Pas de vague bleue, bleu marine, verte, ni même printanière. Mais une élection sous haute tension, en raison des nombreuses irrégularités signalées, et du contexte sanitaire tout à fait particulier lié au coronavirus. Et le grand retour du duel gauche-droite !

Michèle Rubirola du Printemps Marseillais a déjoué tous les sondages. La candidate à la Mairie de Marseille fait une percée dans le paysage électoral marseillais et arrive en tête de ce premier tour du scrutin, avec 23,44% des voix sur l’ensemble de la ville. Elle devance les listes de Martine Vassal, candidate LR (22,32%), et du Rassemblement national (19,45%).

Dans tous les secteurs, à droite plus qu’à gauche, les listes ont souffert des divisions. Lors de ce premier tour, Les Républicains sont clairement en difficulté dans cinq des huit secteurs de Marseille, tandis que le Printemps Marseillais domine sur trois et tire son épingle du jeu dans trois autres. Le Rassemblement National, lui, décroche, avec de moins bons scores qu’en 2014.

De son côté LREM paie le contexte national et son manque d’ancrage local (7,88%), quant aux Verts de Debout Marseille leur stratégie d’indépendance sonne comme un cuisant échec (8,10%). Si l’on fait abstraction de probables ralliements d’une liste à une autre, entre les deux tours, l’éparpillement des voix entre plusieurs formations politiques et le nombre de listes capables de se maintenir multiplient les triangulaires, voire les quadrangulaires.

Pour conserver une chance de succéder à Jean-Claude Gaudin, Martine Vassal espérait rallier à sa cause Bruno Gilles, ex-LR qui, lui, a clairement appelé à voter contre les listes de Martine Vassal et de Stéphane Ravier, reprenant le “ni-système, ni extrême”, cher à Renaud Muselier, président de la Région Sud. De son côté, la candidate a préféré appeler les électeurs à se rassembler largement derrière les listes qu’elle conduit.

Dans ce contexte, après 25 ans de règne de Jean-Claude Gaudin, la gauche a une chance historique de renouer avec la victoire, à condition de s’unir. Si des accords entre Sébastien Barles et Michèle Rubirola paraissent naturels, l’interrogation demeure quant à la décision de Samia Ghali. Si pour l’heure, la candidate se sauve dans le 8e secteur, elle émarge à 6,4% à l’échelle de la ville.

Vers quel(s) candidat(es) iront les voix de La République en marche (7,8%), dont la plupart des listes ne sont pas en capacité de se maintenir au second tour ? Les heures qui arrivent vont être cruciales pour les candidats… Les leçons du scrutin !

1er secteur (1er et 7e arr). Sophie Camard (PM) met en échec Sabine Bernasconi (LR)

Dans ce fief de droite tenu par Dominique Tian depuis 1995, Sabine Bernasconi qui lui a succédé en 2014 brigue un deuxième mandat. La candidate (LR), qui formait un binôme avec l’entrepreneur Alain Gargani, n’a réussi à séduire que 3 745 Marseillais (21,22%), loin du score de Dominique Tian en 2014 (38,59%), alors que sa rivale Sophie Camard a convaincu 6 887 électeurs. Avec 39,03%, la candidate (LFI), le Printemps Marseillais prend largement la tête du scrutin.

Dans ce secteur situé dans l’hyper-centre, Jean-Luc Mélenchon, dont elle est la députée suppléante, avait pris la tête au premier tour de la présidentielle avec 41,33%, près de 20 points devant Emmanuel Macron. En 2014, la gauche de Patrick Mennucci (PS) était à 26,96% (6331 voix).

Sabine Bernasconi a fait les frais de la division à droite. Un score qui reste impacté par la présence de René Baccino (5,72%), candidat de l’ex-LR Bruno Gilles, mais qui ne lui aurait toutefois pas permis d’arriver en tête.

Avec le score de Clémence Parodi (10,85%), le Rassemblement national, en troisième position, régresse de presque 5 points, par rapport à 2014 (15,01% de Dominique Demeester), mais reste dans le match. Présent dans la triangulaire du second tour dans ce secteur, le RN y a peu d’ancrage [15,15% au premier tour de la présidentielle, seul secteur d’ailleurs où Marine Le Pen n’est pas arrivée en tête, ndlr]. Les voix du candidat (71) Laurent Comas, ex-candidat du FN en 2014, qui menait ici la liste « Marseille d’abord une force nationale » n’auraient rien changé (0,40%).

Sébastien Barles (Debout Marseille) qui a décidé de faire cavalier seul à l’automne dernier, surfant sur la vague verte des Européennes (24,07% des voix dans ce secteur), fait jeu égal avec le RN, avec 10,80%.

De leur côté, les Marcheurs misaient sur Arnaud Devigne ex-directeur général d’Indeed, qui peine à s’imposer avec un petit 8,61%%. Quant à l’avocat Gaëtan Poitevin, candidat de Samia Ghali qui n’a pas ménagé ses efforts dans une campagne de terrain, atteint péniblement 3,38%.

Dans ce secteur se sont 11 conseillers municipaux qui rejoindront l’hémicycle marseillais.

2e secteur (2-3) Benoît Payan (PM) s’impose devant la maire sortante Lisette Narducci (PRG)

Dans ce secteur, la maire sortante, depuis 2001, Lisette Narducci (Parti radical de gauche) brigue un quatrième mandat en menant la liste de Bruno Gilles (SE). Au regard des résultats, la candidate n’a pas bénéficié de la prime au sortant avec 16,71% des suffrages, et arrive en seconde position derrière Benoît Payan du Printemps Marseillais. Challenger dans ce secteur, l’élu socialiste, l’un des farouches opposants à Jean-Claude Gaudin dans l’hémicycle municipal, totalise 25,99%. Un score qui atteste que ce secteur garde un ancrage à gauche, où Jean-Luc Mélenchon avait enregistré 37,59% des voix en 2017, son meilleur score sur la ville.

Malgré son binôme avec Stéphane Soto, Solange Biaggi est sur la troisième marche du podium avec 16,46% des suffrages. La candidate LR qui était arrivée en tête en 2014 (24,18%) n’a pas réussi à conquérir l’électorat populaire de ces deux arrondissements. Seulement 21 voix séparent Lisette Narducci et Solange Biaggi.

Comme en 2014, le RN est présent au second tour, puisque Jeanne Marti totalise 13,49% des voix. Même si à la présidentielle Marine Le Pen s’était classée 3e et avait devancé tous ses adversaires aux Européennes avec 22,88%, le secteur résiste à la poussée du vote RN.

C’est une triangulaire qui départagera les candidats de ces trois listes dans ce secteur. Le résultat obtenu par Debout Marseille, mené par la conseillère municipale et métropolitaine Nouriati Djambaé, (7,05%) démontre la faible assise des écologistes dans ce secteur, où les problématiques environnementales, notamment liées aux pollutions sont pourtant très présentes.

Elle est devancée par l’avocat Alain Lhôte, de la liste Marseille avant tout (9,99%) et de Said Soilihi, de Berland 2020 (8,26%).

Le report des voix de Debout Marseille (659) et d’Alain Lhôte (935) permettrait à Benoît Payan de conserver son avance, même si comme en 2014, Lisette Narducci et Solange Biaggi trouvent un terrain d’entente [en 2014, Lisette Narducci, (23,80%) ralliant la liste de Jean-Claude Gaudin, dans l’entre-deux tours, Solange Biaggi lui cédant sa place, ndlr]. Aujourd’hui, cette époque semble révolue pour le second tour. Quid des 772 voix de Said Soilihi ?

Ici, huit sièges de conseillers municipaux sont à pourvoir.

3e secteur (4-5) Michèle Rubirola (PM) détrône Bruno Gilles (SE) sur ses terres

Bruno Gilles détrôné ! Dans ce secteur qu’il a dirigé pendant 22 ans, le sénateur ex-LR et candidat sans étiquette à la mairie de Marseille totalise 22,11 % des voix (41,76 % en 2014 avec l’étiquette LR). Malgré son solide ancrage local, ses réseaux, une campagne de proximité débutée très tôt, il est battu dans son fief par Michèle Rubirola, du Printemps Marseillais. La candidate à la Marie de Marseille pointe à 37,38%, confirmant la dynamique impulsée par le mouvement. 3112 voix séparent les deux premiers.

Dans ce secteur où les quartiers sont sociologiquement à gauche, Jean-Luc Mélenchon était d’ailleurs arrivé en tête de la présidentielle avec 27,64%, loin devant François Fillon (9,69%).

Le sénateur Bruno Gilles se place devant Jean-François Luc (13,61%) loin des 18,1% en 2014 pour Jean-Pierre Bauman.

En dessous de la barre des 10%, la liste de Martine Vassal, menée par Jean-Philippe Agresti, totalise 9,69% (1975 voix). Le doyen de la faculté de droit d’Aix-Marseille et proche de LREM a subi la division de la droite.

Chez les marcheurs incarnés par Mathieu Grapeloup, l’influenceur obtient 5,41%. Quant à la liste de Sébastien Barles, conduite ici par l’avocat Fabien Pérez, elle fait mieux que LREM, mais pas assez pour se maintenir au second tour (8,17%).

Dans ce secteur, c’est également une triangulaire qui se prépare. D’ores et déjà, Bruno Gilles a appelé “en conscience à un large arc progressiste pour battre les listes de Martine Vassal et de Stéphane Ravier. Je l’ai toujours dit durant ma campagne et je le répète ce soir : ni système, ni extrême“.

Pourra-t-il compter sur un ralliement de LREM ? Rien n’est moins sûr dans ce secteur où Mathieu Grapeloup n’a jamais caché sa “macron-compatibilité” plutôt avec le Printemps Marseillais, ses voix (1102) ne permettant pas d’assurer la victoire au sénateur des Bouches-du-Rhône. Même scénario si ce dernier devait sceller un accord avec les Verts…

4e secteur (6-8) Martine Vassal (LR) menacée dans ce bastion historique de la droite

Pour ce premier tour, les 6e et 8e arrondissements restent le bastion de la droite. En 2014, Jean-Claude Gaudin avait été élu dès le premier tour avec 50,07% (21 527 voix). Martine Vassal, candidate LR s‘impose dans ce secteur avec 27,17%. Elle est talonnée par la novice Olivia Fortin, en lice pour le Printemps Marseillais, toutes deux séparées par 806 voix seulement. Avec 24,41%, la co-fondatrice du collectif Mad Mars, a réussi à capter l’électorat de gauche et de la France Insoumise dans un secteur où François Fillon s’était classé en tête à la présidentielle de 2017 avec 31,71%.

Avec 13,30%, la liste du Rassemblement National, menée par Bernard Marandat, arrive en troisième position. Elle fait moins que celle de Michel Cataneo en 2014 (17%) qui lui a permis de siéger au conseil municipal, mais mieux que la liste soutenue par LREM.

En effet, le candidat de la société civile soutenu par La République en marche Yvon Berland a choisi de défier Martine Vassal sur ses terres. Dans ce secteur le plus macron-compatible, Yvon Berland, secondé par l’ex-LR Caroline Pozmentier, totalise 12,25% des suffrages, alors que les marcheurs y avaient réalisés 28,2% aux Européennes de mai 2019. Sa présence a capté des voix de droite à Martine Vassal dont le score a également été impacté par le résultat du jeune Ludovic Perney. Pour sa première campagne comme tête de liste pour Bruno Gilles, le conseiller régional atteint à 8,79% soit 2 568 voix.

Dans ce secteur où se cristallisent les questions urbanistiques et environnementales et de circulation, comme le Boulevard Urbain Sud, la dépollution de l’usine Legré Mante, le Parc National des Calanques… Christine Juste, candidate de la liste Debout Marseille, émarge à 12,94% des votes. Mieux que Sébastien Barles au niveau de la ville. Absent en 2014, les écologistes résistent ici.

Avec 2,13% des suffrages, Pierre-Henri Blanc, tête de liste de Marseille avant tout, n’est pas en mesure de se maintenir. Dans ce secteur, l’union de la gauche sous la bannière du Printemps Marseillais pourrait faire basculer ce fief ancré à droite où 15 sièges au conseil municipal sont à pourvoir.

5e secteur (9-10) La droite domine et le Printemps Marseillais s’accroche

Dans le 9e secteur acquis à la droite depuis 1995, le maire (LR) Lionel Royer-Perreaut brigue un second mandat. Guy Teissier (LR) vainqueur du scrutin de 2014 avec 51,4% dans une triangulaire face au FN lui a cédé sa place pour occuper le poste de député, loi sur le non-cumul des mandats oblige. Il figure d’ailleurs en 3e position sur la liste LR pour ce scrutin qui s’impose avec 32,40% des suffrages. L’expérience des deux hommes et leur connaissance des deux arrondissements n’ont pas permis à leurs adversaires de suivre.

À ce titre, avec 21,54 % des suffrages, la conseillère régionale RN, Eléonore Bez ne fait pas fructifier les bons scores obtenus en 2014. Lors des dernières élections, Laurent Comas avait obtenu 25,5% des voix au premier tour.

L’ancienne conseillère régionale EELV, Aïcha Sif pour le Printemps Marseillais, arrive en troisième position, avec 15,44%, suivie par Hervé Menchon pour la liste écologiste Debout Marseille de Sébastien Barles avec 10%. Il fait bien mieux que les 3,3 % obtenus en tant que candidat aux législatives de 2017 dans la 6e circonscription.

Bruno Gilles avait confié les rênes à Nathalie Simon, conseillère municipale LR, qui totalise 9,66%. Sophie Goy [branche écologiste de l’UDE de Christophe Madrolle, un temps candidat, ndlr] réalise 7,21% pour LREM. Pour sa première campagne, l’avocate et championne de voile Zoé Poncelet enregistre 3,73% pour « Marseille avant tout ».

C’est donc une quadrangulaire qui se profile, sauf dans le cas où Debout Marseille et le Printemps Marseillais trouveraient un accord, d’autant que 15 conseillers municipaux siègeront au conseil municipal.

Pour mémoire, en 2014, la liste de Jean-Claude Gaudin menée par Guy Teissier – avec Lionel Royer-Perreaut en numéro 3 – avait remporté 45,77 % des voix dès le premier tour. Il gagne de secteur au second avec 51,4 % des suffrages, dans une triangulaire qui l’oppose à la gauche et au FN.

6e secteur (11-12) : La droite en mauvaise posture dans son fief et le RN en embuscade

Le RN progresse dans ce fief de la droite depuis 1995. Le conseiller régional Franck Allisio et l’un des plus proches conseillers de Marine Le Pen est parti à la conquête des terres de la filloniste Valérie Boyer qui a cédé sa mairie à Julien Ravier en 2017, tête de liste dans ce secteur pour Les Républicains.

Contrairement à 2014, où la liste (UMP) conduite par Roland Blum avait largement dominé le scrutin du premier tour avec 35,1% des voix, malgré la candidature dissidente à droite de Robert Assante (13,4%), Julien Ravier est mis en difficulté par Franck Allisio. Ils obtiennent respectivement 28,13% et 23,29%, soit 1204 voix de différence. Dans ce secteur, Marine Le Pen était arrivée en tête avec 29,01% devant le candidat LR (21,94%), et aux Européennes, le RN (30,30%) avait devancé de 10 points Emmanuel Macron, arrivé en deuxième position.

La présence de Robert Assante, tête de liste de Bruno Gilles et ancien maire dans ce secteur (2008-2014), n’a pas arrangé les affaires de Julien Ravier. 2673 électeurs se sont reportés sur cet ancien soutien de Jean-Claude Gaudin, autant de moins pour la liste LR, menacée également par le Printemps Marseillais. Yannick Ohanessian, membre national du bureau PS, accède à la troisième place avec 16,29%, là encore démontrant que même dans ce secteur la dynamique du Printemps Marseillais est en marche. D’ailleurs du côté des marcheurs, Pascal Chamassian (LREM) est en dessous de la barre des 10%.

Malgré son très bon score aux élections législatives en 2017, en tête dès le premier tour (29,4%) devançant de 5 points la sortante Valérie Boyer (24,7%) [cette dernière réussissant à remporter le round final avec 55,1% des voix, ndlr], il atteint 7,49% dans cette élection et se voit devancer par Debout Marseille. L’implantation de longue date de Jean-Marc Signe, président du CIQ des Camoins-les-Bains, ne lui a cependant pas permis de faire mieux que 9%.

Quant à François de Cambiaire pour Marseille avant tout de Samia Ghali, le match est terminé. Le novice en politique a recueilli 3,58% des suffrages.

Dans la configuration d’une quadrangulaire, une mésentente des autres partis pourrait clairement bénéficier à Franck Allisio – à l’instar du scénario qui avait porté Stéphane Ravier à la tête de la mairie du 13-14 en 2014. A contrario, sans réserve de voix, une large alliance à gauche voire plus importante pourrait faire perdre sa mairie à la droite de Julien Ravier.

7e secteur (13-14) : La citadelle imprenable de Stéphane Ravier (RN)

Avec 33,49% des suffrages, le sénateur Stéphane Ravier (RN) arrive largement en tête de ce premier tour (7719 voix). Il fait légèrement mieux qu’en 2014 avec 32,88%.

Loin derrière arrive le général Galtier, avec des 18,22% contre 27,8% pour Richard Miron en 2014. La forte implantation de l’ancien maire de secteur – qui a cédé sa place à sa nièce Sandrine d’Agio pour exercer son mandat de sénateur en 2017 – et le manque de notoriété du « Monsieur sécurité » de Martine Vassal n’ont pas contribué à faire le poids face au candidat de l’extrême-droite, qui a consolidé son électorat depuis les dernières élections municipales. C’est d’ailleurs dans ce secteur que Marine Le Pen avait réalisé son meilleur score sur la ville à l’occasion des Présidentielles en 2017 (29,72%) et aux Européennes en 2019 (35,30%).

Par ailleurs, comme dans d’autres secteurs, à droite, sa candidature a été fragilisée par celle de Josépha Colin, tête de liste de Bruno Gilles, même si elle ne récolte que 8,63% des voix.

David Galtier devance néanmoins Jérémy Bacchi du Printemps Marseillais mais de seulement 609 voix. Le secrétaire départemental du PCF13, qui se présentait comme le recours anti-Ravier, totalise 15,58% des suffrages et paye lui aussi la division… A gauche, mais s’accroche dans ce secteur acquis au RN.

La liste « Unir » menée par Mohamed Bensaada, militant LFI du pacte démocratique, soutenue par EELV (Debout Marseille) et les Insoumis, atteint 5,87% soit 1354 voix % et fait moins bien que Julien Rossi (11,30%) de « Marseille avant tout ».

La candidate soutenue par LREM, Marie-Florence Bulteau-Rambaud (Modem), est quant à elle hors-jeu. Avec 4,88% des voix, la conseillère régionale centriste n’a pas réussi à faire entendre la voix du centre et n’est pas en mesure de se maintenir au second tour.

S’il s’agit d’une simple addition, dans l’optique d’une quadrangulaire, si la gauche réussit à faire une union au second tour associant le Printemps Marseillais, Unir et Marseille avant tout, elle pourrait représenter une alternative sérieuse au Rassemblement nationale d’autant que Stéphane Ravier ne dispose pas de réserve de voix. Il espère rafler la mise en envoyant 13 fidèles siéger dans l’hémicycle municipal. En 2017, Stéphane Ravier avait remporté la mairie à la faveur d’une triangulaire.

Quid des voix de LREM ? Et celles de Bruno Gilles ? Pourraient-ils former ensemble l’arc progressiste évoqué par Yvon Berland ?

8e secteur (15-16):  Samia Ghali reste la “madone” malgré une poussée du RN

Dans ce dernier bastion marseillais de la gauche, la sénatrice Samia Ghali reste la “madone”, avec 25,84% des suffrages. Contrairement à 2014, la candidate à la mairie centrale s’est mise en retrait du Parti socialiste pour mener campagne sous le nom « Marseille avant tout ». Elle devance de 3 points la candidate du Rassemblement national Sophie Grech (22,17%). Conforté par les résultats réalisés en mai dernier (34,12% des suffrages), pour le RN, ce territoire qui jouxte le 7e secteur déjà conquis semblait à portée de main.

Reste que, pour ce scrutin, l’alliance des partis de gauche du Printemps Marseillais permet à Jean-Marc Coppola d’enregistrer 19,16% des voix. L’élu communiste fait bien mieux qu’en 2014, où il avait obtenu 10,8% des suffrages dans le 15-16e avant de fusionner avec la liste de Samia Ghali au second tour. Sa liste unitaire de gauche s’était alors largement imposée au second tour (45 % des voix) face aux listes de droite Arlette Fructus (24%) et d’extrême-droite de Bernard Marandat (21%). Un scénario envisagé pour dimanche prochain ? Les discussions dans les prochaines heures détermineront la stratégie à suivre.

Dans ce secteur, la surprise vient du candidat Moussa Maaskri, tête de liste (LR) de Martine Vassal. Avec 13,70%, il est en mesure de se maintenir contrairement au député Saïd Ahamada (LREM) et ses 7,95%, confirmant que la campagne n’a pas pris. Le porte-parole d’Yvon Berland y avait pourtant délogé Henri Jibrayel, conseiller municipal PS proche de la sénatrice Ghali, en 2017, et même battu au second tour la candidate RN Sophie Grech avec 58 % des voix.

En queue de peloton, on retrouve les écologistes emmenés par Chahidati Soilihi (5,40%), choisi au pied levé, fin février, pour pallier le départ surprise de Lydia Frentzel pour rejoindre le Printemps Marseillais. Jean-Marc Corteggiani, tête de liste de Bruno Gilles (SE) enregistre 4,33%. Ce politique déjà aguerri dans ce secteur puisqu’il y est conseiller d’arrondissement LR depuis 2014, n’est pourtant pas arrivé à convaincre.

Les alliances à gauche permettraient à Samia Ghali d’aborder un second tour avec l’assurance d’une victoire, dans ce secteur avec douze conseillers à la clé.

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