La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a officiellement lancé jeudi 27 février, les premiers appels d’offres pour l’ouverture à la concurrence des TER. L’objectif : apporter un meilleur service et stimuler la SNCF. 

La Région est la première en France à ouvrir 30% de son offre TER à la concurrence, et elle veut aller vite. Jeudi 26 février, elle lançait ainsi officiellement les premiers appels d’offres pour l’ouverture à la concurrence de lignes de trains express régionaux (TER). Les deux marchés concernent les lignes Marseille-Toulon-Nice et les lignes du territoire azuréen (Cannes-Grasse, Les Arcs Draguignan-Vintimille, Cannes-Nice-Monaco-Vintimille et Nice-Tende) (voir encadré)

En 2015, un bras-de-fer s’était engagé avec la SNCF pour obtenir plus de transparence sur les coûts et une amélioration nette de la qualité de service. Si depuis la situation s’est clarifiée, l’ouverture à la concurrence du service TER, s’est inscrite comme une priorité de la politique ferroviaire de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

« Nous avions fait le constat d’une situation désastreuse des transports voyageurs en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Cette concurrence sera profitable à tous : aux usagers qui bénéficieront d’un service de meilleure qualité, et à la Région qui pourra exiger une facture détaillée et une baisse des coûts, a déclaré, hier, Renaud Muselier, président de la région Sud. Au-delà, l’amélioration de la qualité de service, cela permettra de faire du train une alternative crédible à la voiture individuelle sur les relations entre les principales métropoles de la région et autour de Nice, au bénéfice des transports du quotidien. C’est une des conditions pour parvenir à la neutralité carbone en 2050 que nous avons inscrite dans notre Plan Climat régional, “une COP d’avance” ».

Selon l’Autorité de la Qualité de Service dans les Transports (AQST), 13,4% des TER de la région arrivaient en retard en 2018, la classement avant-dernière au classement des régios françaises derrière la région Occitanie avec 13,7%. Sur la même période, les annulations de trains se sont multipliées (avec 4,2% en 2018, contre 3,3% en 2017), faisant de la région Paca la dernière du classement national. Ces retards et des annulations coûteraient très cher, toujours selon l’AQST : “les retards de plus de 5 minutes susciteraient une perte collective de l’équivalent de 1,5 milliard d’euros par an“.

Premières mises en service prévues à l’été 2025

A ce jour, les services TER entre Marseille et Nice sont réalisés avec des anciens matériels CORAIL. La mise en concurrence de cette ligne devra notamment permettre de renouveler les rames vieillissantes pour les mettre au standard actuel en termes de confort et d’équipements. Sont également très attendus dans ces propositions, une offre de nouveaux services à bord (wifi, petite restauration…) et une offre de service améliorée en fréquence et en amplitude horaire.

Pour rappel, en 2017, la Région lançait un appel à manifestation d’intérêt sur l’ouverture à la concurrence, auxquels 10 entreprises nationales et européennes avaient répondu. Parmi lesquelles : la RATP Dev, Thello, Ariva et Transdev. La SNCF ne compte pas perdre ses contrats et entend également répondre à l’appel d’offres lancé par la Région.

Les entreprises ont jusqu’au 31 mars pour déposer un dossier de candidature. La Région désignera les lauréats à l’été 2021.

La mise en service de cette ligne est prévue à l’été 2025.

  • Le lot Inter-métropoles Marseille – Toulon – Nice représente 10 % de l’offre TER régionale. Le contrat de concession, d’une durée de 10 ans, est estimé à 870 millions d’euros. Il portera principalement sur l’exploitation de la ligne ; sur la construction d’un centre de maintenance sur le site de Nice Ville et sur la fourniture de matériels roulants neufs. Ce lot sera attribué à l’été 2021 pour un début d’exploitation à l’été 2025.  Sur cette ligne, chaque jour, ce sont 17 trains qui transportent environ 7 500 usagers, soit près d’un quart des déplacements TER en région Sud.
  • Le lot Azur concerne les lignes Les Arcs-Draguignan – Nice – Vintimille / Grasse – Cannes / Nice – Breil – Tende et représente 23% de l’offre TER régionale. Le contrat de concession, d’une durée de 10 ans, est estimé à 1,5 milliard d’euros. Il portera principalement sur l’exploitation des lignes pré-citées ; sur la construction d’un centre de maintenance sur le site de Nice Saint Roch et sur l’exploitation du centre de maintenance de Cannes – La Bocca. Ce lot sera attribué à l’été 2021 pour un début d’exploitation en décembre 2024. Ces lignes représentent 50 000 usagers quotidiens, dont de nombreux touristes.
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