La Ville de Marseille a adopté en conseil municipal une « charte pour le renouveau de la rue de La République », qui peine à décoller commercialement. L’objectif ? En faire une artère branchée. Une démarche qui résonne comme un aveu d’échec pour l’opposition socialiste et apparentée.

Longue de 1,5 kilomètre entre le Vieux-Port et la Joliette, la rue de République et ses façades haussmanniennes reste l’une des plus belles artères de Marseille, et paradoxalement, celle qui peine à prendre vie.

Et pourtant… dès 2004, cette voie commerciale et résidentielle a fait l’objet d’une opération de réhabilitation urbaine avec un élargissement des trottoirs, l’implantation du tramway, la plantation d’arbres ou encore installation d’un nouveau mobilier urbain… 5200 logements et 120 000 m2 de surfaces commerciales ont également été réhabilités.

Un turn-over dénoncé par l’opposition socialiste et apparentée

Dans le cadre du plan triennal « Ambition centre-ville »*, 50 opérations ont été programmées, dans différents secteurs de la ville, et entre autres permis l’installation rue de la République de magasins de divers types, à l’image de Sophie Ferjani (décoration), des enseignes comme Starbucks ou Bagelstein, très récemment Gigi, (ouverture le 21 septembre 2019), ou encore les espaces de coworking Babel Community ou Newton Offices ; quand d’autres locomotives ont baissé le rideau, à l’instar du Mango Outlet (actuellement la Maison de l’habitat), H & M, ou prochainement Séphora.

Un turn-over dénoncé par l’opposition municipale. « La rue de la République n’a jamais vraiment pu démarrer et devenir un élément d’attractivité tant au niveau commercial, qu’au niveau du logement, notamment dans sa deuxième partie », note Eugène Caselli (PS), sceptique quant à la nouvelle charte pour le « renouveau de la rue de la République », « une de plus, chargée d’impulsée le renouveau, le titre contient en lui-même l’aveu de 15 ans d’échec ».

Mise en place d’un comité de pilotage

Cette charte a pour objectif de mettre en place un comité de pilotage réunissant différents acteurs. « Créer une synergie », explique Solange Biaggi, adjointe au maire, déléguée au commerce, entre les collectivités, l’Etat, Euroméditerranée, la Chambre de commerce et d’industrie Marseille Provence (CCIMP), l’association des commerçants de la rue de la République et le principal propriétaire foncier Primonial Reim. « Il s’engage à faciliter les démarches, aider les commerçants à obtenir les autorisations nécessaires », indique Solange Biaggi, qui souhaite que cette artère devienne « branchée ».

Si l’autre promoteur, Atémi Méditerranée, ne figure pas dans la charte aux côtés des autres partenaires, l’élue assure travailler en étroite collaboration. La charte prévoit un travail sur différents axes : l’aménagement de l’espace public, l’accessibilité et le stationnement, la sécurité, le tourisme, les services à la population, l’habitat et la communication.

Dans l’ombre des Terrasses du Port

Une charte que l’opposition socialiste et apparentée « jugera sur pièce », dénonçant un manque d’anticipation de la municipalité : « Il aurait fallu admettre que les loyers étaient discriminants, impulser une dynamique commerciale, avant d’ouvrir les Terrasses du Port », critique Jean-Marc Coppola (PCF). « Il faut le dire, il n’y avait pas de place pour deux zones de chalandise non loin l’une de l’autre. Conclusion : la création des Terrasses du Port, même avec sa réussite commerciale, est un aspirateur qui a asséché les commerces du centre-ville ».

Un constat partagé par Lisette Narducci, maire des 2e et 3e arrondissements de Marseille, [qui a quitté la majorité municipale qu’elle avait rejointe entre les deux tours de l’élection de 2014 ndlr ]. L’élue regrette que sa mairie de secteur ne soit pas associée à cette nouvelle démarche initiée par la Ville.

Adoptée à la majorité, la charte pourra être élargie à d’autres signataires publics ou privés.


*Le plan “Ambition centre-ville” est mené par la Ville avec la Métropole Aix-Marseille-Provence, le Département des Bouches-du-Rhône et la Chambre de commerce et d’industrie Marseille Provence (CCIMP).


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