La présidente (LR) du Département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole Aix-Marseille-Provence, Martine Vassal, a officialisé sa candidature à la mairie de Marseille pour mars 2020, à l’occasion d’une conférence de presse. Une annonce en forme de déclaration d’amour pour la cité phocéenne, mais un désir de rupture avec Jean-Claude Gaudin.

Ce n’était pas un jour comme les autres pour Martine Vassal. De son propre aveu. Ni dans sa vie de femme. Encore moins dans sa vie de femme politique. Pour sa grande annonce, elle a choisi un lieu qui surplombe Marseille : le Musée « Regards de Provence ». Comme un clin d’œil à la vision qu’elle souhaite pour la deuxième ville de France. Comme un désir de prendre de la hauteur. « C’est vrai que Marseille, je l’ai toujours eu au fond du cœur, je la ressens dans les tripes et comme beaucoup, je voue une véritable passion pour Marseille », a-t-elle déclaré, en préambule, devant une assemblée de journalistes.

Martine Vassal a lâché la tablette numérique qui l’accompagne habituellement lors de ses discours, pour « livrer son cœur ».

Attirée par Marseille « comme un aimant », elle a dit sa détermination à faire de « sa » ville « un étalon en environnement, en attractivité, en bien vivre ensemble… de la petite enfance au bel âge ».

Consciente que « ce ne sera pas facile », elle a énuméré les armes qu’il lui faudra pour permettre à Marseille de tenir son rôle de capitale euro-méditerranéenne : volonté, détermination, courage, combativité, enthousiasme et bienveillance… tout en reprenant le leitmotiv qui est le sien depuis qu’elle a pris la tête du Département en 2015 : « je fais ce que je dis, et je dis ce que je fais ». A cette culture du résultat, vient s’ajouter « une autre motivation » : celle d’« aimer profondément les gens parce qu’il faut tout leur sacrifier. Il ne faut pas hésiter, il faut se lancer à fond, il ne faut pas se retenir. » Alors elle a décidé de « se lancer. J’ai envie de servir ma ville, j’ai envie de servir Marseille », avant de déclarer avec émotion : « oui, je suis candidate pour l’élection de maire de Marseille pour mars 2020 ».

La reconstruction de la Timone

En officialisant sa candidature, Martine Vassal a présenté six premiers projets de sa campagne, basés sur les quatre axes dévoilés lors de son meeting du 4 juillet dernier : travailler, partager, respirer et protéger. Ils sont issus de la concertation et du travail menés au sein de Marseille Métropole Audacieuse, un laboratoire d’idées citoyennes.

Ainsi, elle compte étendre le parc Borély pour en faire une oasis bleue et verte, en respectant les espaces et en ramenant sous la surface le trafic automobile du littoral, [projet proposé à une époque par Patrick Mennucci, relancé par Jean-Claude Gaudin, en janvier 2018, dans l’hémicycle municipal. Les études pour ce projet ont été votées en juin, ndlr], renforcer la police municipale; agir pour l’emploi avec la création de pôles d’excellence et le développement de la filière des énergies renouvelables (innovation de la construction, métiers de la mer et de l’économie verte), lancer un plan Charlemagne en faveur des écoles, à l’instar de celui des collèges.

Martine Vassal avait d’ailleurs indiqué qu’il pouvait exister un plan alternative pour éviter le PPP des écoles, il y a quelques mois. Elle souhaite ainsi repenser le nombre de bâtiments et leur implantation, assurer leur « parfait entretien et fonctionnement, renforcer les dispositifs de sécurité, de vidéo-protection ou encore réintroduire les produits locaux et de saison dans les cantines et initier les enfants à la nature à travers les activités périscolaires et en aménageants des potagers et jardins pédagogiques ».

Elle souhaite également une réappropriation du littoral : « il faut que l’Etat nous laisse exploiter le J1 et J4. Créer un véritable parc balnéaire autour du Quai de la Lave à l’Estaque, un port de plaisance entre le J1 et le J4, à l’occasion des JO 2024 et en aménageant des bassins flottants d’apprentissages de la natation en mer ».

Le projet phare reste, pour l’heure, la reconstruction de la Timone qui fêtera ses 50 ans en 2019. « Quand je vois le plan de la ministre à 600 millions d’euros, le coût de la construction de l’hôpital Georges-Pompidou à Paris (274 millions d’euros), on peut faire un effort dans la deuxième ville de France ». Le plan de modernisation de l’Ap-HM, dit Copermo, est évalué à 300 millions d’euros. « Au lieu de dépenser ces 300 millions dans des structures non adaptées, ne serait-il pas préférable de construire un hôpital neuf ».

Vers une guerre fratricide Vassal-Gilles ?

Cette officialisation fait ainsi de la présidente de la Métropole Aix-Marseille Provence, la deuxième candidate LR à Marseille. Une déclaration qui intervient d’ailleurs, un an jour pour jour, après celle de « son ami » Bruno Gilles, qui a annoncé sa candidature un fameux 13 septembre 2018. Hasard du calendrier ? Pas pour Martine Vassal, qui mise sur ce « jour de chance », clarifiant sa position vis-à-vis de celui avec lequel elle a « beaucoup ferraillé […] Les raisons de Bruno sont les siennes, j’ai les miennes. Il a fait le choix à une époque de faire une carrière nationale, laissant la mairie de secteur. Je le respecte, je n’ai pas fait ce choix. Chacun est libre, on est en démocratie ».

De son côté, le sénateur qui a pris « acte de la décision », estime qu’il n’est pas « possible de concilier la gestion deux immenses entités avec la volonté individuelle de partir à la conquête d’une nouvelle collectivité ».

Si les Marseillais décident de lui « faire confiance », Martine Vassal s’engage à laisser le Département. Le passage par la case Marseille est, par ailleurs, indispensable pour conserver la tête de la Métropole, qu’elle briguera après les municipales. Martine Vassal pourrait ensuite céder sa place à la Ville au numéro deux de sa liste : Un marcheur ? Une personnalité de la société civile ? Ou Bruno Gilles ? S’ils arrivent à trouver un « accord », comme le souhaite Jean-Claude Gaudin.

En effet, dans la foulée de l’officialisation de sa candidature, le maire de Marseille a adoubé Martine Vassal. « Elle porte pour Marseille une vision et une ambition qui la désignent clairement pour conduire au succès une liste républicaine de vaste rassemblement ». Il offre par la même occasion une porte de sortie à Bruno Gilles, qu’il aimerait voir mener la campagne des sénatoriales de septembre 2020.

Renaud Muselier, président de la région Sud prône lui « une union sans le système pour éviter les extrêmes », et un nouveau mode de gouvernance. (lire par ailleurs)

Dans un communiqué de presse, Bruno Gilles qui tiendra un meeting le 27 septembre, assure être « plus déterminé que jamais ». Le président de la fédération LR des Bouches-du-Rhône rejette d’ailleurs l’idée de conduire la liste LR au Sénat en échange d’un « accord », avec sa désormais rivale. « Ma volonté de rassembler demeure entière et je forme le voeu que nous puissions trouver l’équilibre nécessaire au Marseille de demain que je souhaite incarner ».

Si les deux prétendants à la Mairie de Marseille iront « jusqu’au bout » avec ou sans l’investiture du parti, Martine Vassal est résolue à éviter une « guerre des droites. »

« Du sang neuf »

Reste que le soutien de Jean-Claude Gaudin pourrait l’handicaper, alors qu’elle tente de prendre ses distances avec un bilan « qui n’est pas le mien », a-t-elle plaidé. « Je respecte beaucoup Jean-Claude Gaudin. Je n’ai pas été un acteur, mais une participante dans le cadre des fonctions et délégations qui m’ont été confiées. Ce n’est pas la totalité de la politique municipale. Je n’ai pas à rougir de ce que j’ai fait ».

Si la candidate, qui revendique son appartenance à la droite, n’est pas encore à « distribuer des postes », elle a assuré qu’il y aurait « un gros renouvellement car on a besoin de sang neuf. Marseille ne s’est pas construite avec un seul parti politique ».

Toujours dans sa logique de rassembler le plus largement possible, elle souhaite fédérer dès le premier tour. « Marseille mérite mieux qu’un parti politique ».

Un commentaire

  1. Madame Vassal à la tête de nos EHPAD, ne nous nullement convaincu (deux agents pour assister 30 maLades dépendantes ), heureusement qu’il y a déjà une bataille d’égo au sein de la liste LR pour Marseille.

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