L’Etat devrait prochainement effectuer un audit de l’habitat indigne à Marseille, a annoncé Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, interrogé à l’Assemblée Nationale, suite à son passage à Noailles dans le centre-ville, où se sont déroulés les effondrements des immeubles rue d’Aubagne lundi 5 novembre.

Ce diagnostic se fera “immeuble par immeuble” et devrait être réalisé “immédiatement”. Il doit permettre d’établir “un programme ambitieux de préservation des conditions de sécurité”, et d’enclencher des rénovations avec la ville de Marseille.

Etat d’urgence sanitaire à Marseille et en France

Et l’urgence est bien là, car toujours selon le ministre de l’Intérieur, 44 400 logements auraient été identifiés comme fragiles, menaçant environ 100 000 habitants. D’autant que rue d’Aubagne, 10 autres immeubles seraient, selon les secours, fragilisés par l’effondrement des n°63, 65 et 67. Les pompiers ont “établi un périmètre de sécurité qui implique dix bâtiments”, relaye Marsactu. Les bâtiments n°61 et 69, et peut-être le 71 sont inspectés pour vérifier qu’il n’y a pas de risque d’effondrement dans les prochaines heures.

La problématique de l’habitat indigne ne concerne malheureusement pas que Marseille. En France, le gouvernement recense 450 000 logements classés “indigne”. A Paris, près de 7,2 % des logements privés sont estimés comme potentiellement indignes, ce qui représente plus de 66 000 logements, et l’Île-de-France comporterait près de 180 000 logements concernés.

La situation à Marseille

A Marseille, la ville a mis en place dans l’urgence des mesures pour reloger les habitants concernés par le périmètre rue d’Aubagne “105 personnes évacuées par mesure de sécurité ont été relogées dans 60 chambres d’hôtels du centre-ville. Parmi elles figurent des familles qui habitaient dans les immeubles écroulés. Des plateaux-repas ont été acheminés auprès de ces personnes. Ces mesures seront appliquées durant tout le temps nécessaire. – L’association régionale des organismes HLM de Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse coordonne et centralise les demandes de logement. Celles-ci seront transmises dans les plus brefs délais aux différents bailleurs sociaux marseillais ainsi que tous les autres organismes qui ont spontanément proposé leur aide.”

Selon la mairie “L’immeuble situé au 63 de la rue d’Aubagne, avait été acquis par la Ville de Marseille après 10 ans de procédure et était propriété du bailleur Marseille Habitat. Après un arrêté de péril pris en 2008, il avait été muré et sécurisé afin d’en empêcher l’accès. L’immeuble, en copropriété, du 65 rue d’Aubagne, avait fait l’objet, le 18 octobre dernier, d’une expertise des services compétents qui avait donné lieu à la réalisation de travaux de confortement permettant la réintégration des occupants sur recommandation de l’expert mandaté par la justice. Le propriétaire du 67, rue d’Aubagne, avait engagé une procédure judiciaire à l’encontre de la copropriété du 65 concernant l’instabilité du mur mitoyen. Marseille Habitat s’était de plus associé à cette démarche.

Hier sur Franceinfo, Christian Nicol, ancien inspecteur général de l’administration qui a établi en 2015 le rapport Nicol sur l’habitat à Marseille, rapportait “Marseille était la ville d’Europe qui probablement comportait le plus d’habitat indigne, c’est-à-dire le plus de logements insalubres ou menaçant de tomber en ruines. La ville n’était pas complètement inactive mais les actions qu’elle engageait avaient des résultats faibles. D’une part, les effectifs des agents dans les services qui travaillaient sur ces questions-là n’étaient pas à la hauteur du problème. Du côté de l’État pour l’insalubrité, ce n’était pas mieux : il y avait un seul agent qui s’occupait des problèmes d’insalubrité dans toute la région.

Consultez ici le Rapport Nicol – Marseille 27 mai 2015

La Loi Elan, des mesures contre l’habitat indigne

La loi Elan qui vient d’être adoptée par les députés contient plusieurs mesures pour lutter contre les marchands de sommeil et l’habitat indigne. En savoir plus ici

Qu’est qu’un habitat dit indigne ? Selon la loi “les locaux ou les installations utilisés aux fins d’habitation et impropres par nature à cet usage, ainsi que les logements dont l’état, ou celui du bâtiment dans lequel ils sont situés, expose les occupants à des risques manifestes pouvant porter atteinte à leur sécurité physique ou à leur santé”. Et leurs propriétaires s’exposent à des sanctions.

L’un des grands changements se situe dans la gestion du problème. En effet, ce ne sera plus au Préfet, représentant de l’Etat, mais aux métropoles de diriger les politiques de lutte contre l’habitat indigne et insalubre. La tache s’annonce immense.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page

Restez informé !

Inscrivez-vous et recevez nos newsletters !

Vous pourrez vous désinscrire à tout moment !